Haïkus, etc. Py – déc. 14

°

ouvrir la porte :
se laisser pénétrer
par l’odeur du pain
cuit

°

chaque jour
que tourne le monde,
merci

°

un sapin clignote –
Père Noël, pendu,
oublié à ton balcon,
voici revenu
le temps de tes exploits !

°

rencontrai ce soir
un curculionidé *
dans le dictionnaire

* = de la famille des charançons.

°

mettre l’eau à l’oreille
mettre la puce à la bouche

°

ils semblent bien dodus
ces deux canards
sur la Seine gonflée
– fin de l’an

°

parapentes –
sur l’évier
des rognures d’ongles

°

les doigts de la pluie
sur les peaux du soir
(12 décembre)

°

par les vallées
et les sous-bois
son respir pioche la nuit

°

jusqu’au bout de l’orteil
le sentiment du printemps

°

dans un après-midi blanc
de décembre,
des cris noirs

°

jeune(s)
déjà recroquevillé(s)
sous les écouteurs
dans les écrans

°

Dans le haïku
je cherche le blanc,
je cherche l’espace

°

les jumelles, parfois,
ont le même rire
exactement
au même moment

°

portes en s’ouvrance

°

une perle, son haïku –
huîtres du réveillon

après les huîtres du réveillon,
une coquille
dans son haïku

°

sur le pain
je trace
l’idéogramme (chinois)
de miel
puis le mange

°

L’eulalie ondulante,
la souple eulalie
(: miscanthe, suzuki, herbe d’argent)

°

Le haïku est un poème blanc

(: un poème de si peu de mots…)

poème blanc :
poème dont les mots s’effacent,
laissant (la) place à l’espace…
à la brume…

poème blanchi…

Blanchir le haïku.

°

Tel qui avoua avoir
bien du mal avec « le naturel »
a naturellement
bien du mal
avec le haïku
(auquel il se voua
cependant) !

°

(Dans le haïku,)
il ne s’agit pas de remplir le vide,
il s’agit de le creuser…

°

Noël à l’EHPAD :
sieste en demi-cercle
autour de la télé

sieste en demi-cercle
autour de l’aquarium

°

bla bla bla bla bla :
c’est le début
d’un faux haïku.

Pour écrire un faux
-haïku : bla bla bla bla bla
bla bla bla bla bla !

°

Noël
près de mère
assoupie en son fauteuil –
lecture

laissé dormir mère –
le soir
tombait
sur le livre

dans son rêve elle prononce :
« On n’a qu’à faire comme ça !
… Au revoir ! »
et poursuit sa course
en fauteuil

assis
face à mère endormie dans son fauteuil –
le Noël de ses 94 ans

°

« l’essentiel du monde »,
« élimine les scories » =
pas de bla bla bla !

: Haïku de bègue !?

loin des bruits
et de la fureur
des mots répétés automates

le vide / le blanc !

un haïku de blanc !

haïku bouché de mots
comme de cheveux un lavabo

°

d’une écriture simple
limpide
et sans fioritures
(comme d’Emmanuel Bove – ?)

°

liane souple
à mon côté
nos épousailles

°

lumières d’après Noël
la pluie commence à rayer
la vitre du train

– cet Orléans-Paris
tant parcouru étudiant

vendredi soir 26 décembre
et peu de monde qui monte
vers la capitale

– la pluie a maintenant rayé
la vitre jusqu’en bas

°

la fran(ca)cophonie ?

°

montée vers la station de ski –
la neige s’enroule
autour d’un tronc d’arbre

°

Pourquoi le haïku est-il un poème blanc ?
: parce qu’en son centre se trouve le « kireji »
(le « mot »-de-coupe)
qui creuse * l’espace
entre les mots

* crée, permet, promeut

°

Ostensignes…

°

les dameuses
remontent les pistes :
leurs projos
dans le noir du matin

(4 h).

sous les sprays
des canons à neige
la dameuse descend la piste

puis la remonte

ballet des deux dameuses
à lisse-pistes

à flancs du mont
les faisceaux des dameuses
sous le nuage des canons à neige

au bas de la piste
la dameuse
à rebrousse-neige

je bois un verre d’eau
dehors la déneigeuse

dameuses, déneigeuse
au travail –
effaçant ses lignes
de sur le livre

les dameuses ont cessé –
la gomme continue
dans le noir du matin

souffler sur les roulures de gomme

éliminer
élimer
limer
mer

(+ le mot est « petit »,
+ il est vaste ?)

les dameuses
sont rentrées se coucher –
il n’y a plus que le bruit du frigidaire
qui tourne
vers le matin

disparaître
quand les autres
vont apparaître…

en piste sur les pentes
les dameuses –
n’égalisant pas les étoiles

éclairant
le nuage de neige artificielle,
la dameuse
repasse

les dameuses m’amusent

ciel bleui :
les étoiles
damées

la piste rose d’un avion
au tout matin –
les remonte-pente
à l’arrêt

au jeune matin bleu
des petits nuages roses
s’approchent de la montagne blanche

°

pierre,
on te dit sorcière,
et dans la rivière
pleure par amour

°

la dameuse
fume son nuage de neige –
dernier matin de l’année

ce matin la dameuse
soigne le bas de la piste

°

dp

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