‘Une mare cachée’ : une anthologie moderne de haïku – 10/24

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samidare no amadare bakari Ukimidô

Awano Seiho (1899-1992) Leader de Katsugari, et membre associé du groupe de haïku Hototogisu (« Coucou »)

sous la pluie d’été
seul le bruit des gouttes
autour de l’Ukimidô

: Ukimidô = un sanctuaire dédié à Bashô, au bord du lac Biwa.

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Sado e muku Ryôkan zazô tsuyugumori

Imoto Nôichi (1913-1998)

la statue assise de Ryôkan
regarde vers l’île de Sado –
nuage de la saison des pluies

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koibotaru futatsu no seoto autokoro

Shiihashi Seisui (1920-) (m)

lucioles amoureuses
où les bruits de deux rivières
se rejoignent

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hôrei no yami to narikeri hotarukago

Katô Minako (f) (1925 -) Leader du groupe de haïku Ôjiki (nommé d’après les sons d’une cloche de temple)

les nuances de l’obscurité
s’enrichissent et s’approfondissent –
lucioles en cage

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tôi hi no kumo yobu tame no natsubôshi

Ômaki Hiroshi (m) (1931 -) Membre associé du groupe Oki (« Au large »), il mène le groupe Minato (« Port »)

nuages il y a si longtemps,
et pour s’en souvenir –
un chapeau d’été

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taki ochite gunjôsekai todorokeri

Mizuhara Shûôshi (1892-1981) (m). Shûôshi apprit beaucoup de Buson…

cascade chutante…
résonne comme tonnerre
dans un monde de mer verte

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takisubo no mizu onozukara hitosuji ni

Yamada Reichôshi (1903-1996) Mena le groupe Nanpû (« Vent du sud »).

l’eau dans le bassin
d’une cascade coule droit
dans sa propre ligne

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kingyo hashi tokisute oshimu momi no iro

Arima Kazuko (f) (1910-)

magnifique poisson rouge –
couleur d’un « momi »
difficile à jeter

: « momi » = un très fin ourlet de soie rouge sur un kimono féminin.

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natsutsubaki sanki ugokeba âme to naru

Shimatani Seirô (1949-) (m) Membre du groupe de haïku Fûdo (« Climat »), également leader du groupe Ichii (« Feuille rouge »).

camélia d’été –
l’air change au sommet des montagnes
pour devenir pluie

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sekei no mizu kumi ni deru hoshi no naka

Okada Nichio (1932-) (m) Leader du groupe de haïku Yamabi (« Feu de montagne »), il est considéré comme le premier des poètes de haïkus de montagne.

Pour tirer de l’eau
dans une vallée enneigée,
sortir au milieu des étoiles

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unkai ni kurosankaku no Fuji no kage

Tsukakoshi Toshô (1922-) Mène le groupe de haïku Mori (« Forêt »)

le triangle noir
de l’ombre du Fuji
dans une mer de nuages

: Le poète apprit le haïku sous la férule de Yamaguchi Seishi, leader du groupe Tenrô (« Sirius »). Ce haïku rappelle de fait un verset de Seishi à propos d’une autre montagne :

setsurei no daisankaku o kama to yobu

le grand triangle
du pic neigeux de la montagne
s’appelle La Faucille

: Yamaguchi Seishi.

°

(A suivre : p. 112)

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