‘Je, François Villon’, de Jean Teulé, roman.

éd. Pocket n° 13135.

p. 270 (à propos du roi René, duc d’Anjou :)

« – Oh, j’ai envie de poéter ! Je sens que ça vient. »

p.274 :

« Le duc d’Anjou est déçu. Jamais il n’entend tintinnabuler vos grelots ni ne vous voit gambader joyeusement dans sa bergerie idyllique en inventant des versiculets. »

pp 276-7 (dialogue entre le duc d’Anjou et François Villon) :

« – Quels sont vos autres thèmes ?
– Presque tous mes vers roulent sur moi, sur ma vie, mes malheurs, mes vices. Je trouve mon inspiration dans les bas lieux, dans les amours de coin de rue !
– Pourquoi ne racontez-vous pas en un quatrain, par exemple, un peu de neige sur une branche ?
– Ce n’est pas le scintillement de la neige sur la branche que je vois l’hiver mais les engelures aux pieds !
(…)
– Je ne suis pas champêtre, pas paysagiste du tout ! Mon seul arbre est la potence. Je ne fais rien de la nature. Pour moi, il n’est de paysage que de la ville, le cimetière est ma campagne, mes couchers de soleil sont les rixes dans la rue! Je sors de la poésie bel esprit !
(…)
je fais la sale besogne d’enlever la suie sur les mots d’amour courtois et les pastorales ! Mes maîtresses ne sortent pas de l’imagination châtrée d’un évêque. Mes maîtresses sont la blanche savetière et la gent saulcissière du coin qui veulent bien, vite fait, derrière un tonneau. Alors que m’importe à moi de savoir si Gontier lutine Hélène ! »

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