Haïku, etc. Py, avril 2015

°

le disque (de la lune) est-il rond ?
ou pas tout à fait ?
– et moi ? (et moi et moi ?)

°

perpendiculaire à la rue
Cherche-midi
la rue Quatorze heures…

°
(ancien :)

Un montpelliérain
au téléphone :
« J’suis pas loin, j’suis au Peyrou !° »

° : parc.

°

Je pense
donc je fuis.

Dans les toilettes
je pense
et pisse à côté

Je pense –
donc je pisse
à côté

De l’insistance°
de la pensée
dans le haïku
français.

° de la persistance.

De la pensée
à la nausée
de la pensée.

°

5-7-5,
l’attrait °
de l’uniforme.

° / l’attirance.

5-7-5,
le prestige
de l’uniforme.

°

Qu’est-ce qui importe le plus
dans le haïku :
l’habit
ou le moine ?

°

Ici souvent
Py pissa
pensant au trou
d’Issa

°

Nous souvenons-nous ?
Savonnons-nous ?

°

Deux Japonais *
qui ne peuvent pas se sacquer
dans son article il ** associe
– Ah, rions, Ryu *** !

* : B.N. et R.Y.
** : J.A.
*** : R.Y.

°

(Synesthésie :)

ça sent bon
ça sent la flûte…

°

lundi de Pâques
à peine cachées dans le jardin
les violettes

°

le tout petit EGO
de la ministre ECOlo
: sEGO(lène Royal)

(cf :

l’EGO rEGOnflé
de l’ex
après les départementales

: 30/3/15)

°

Y a des débiles
qui pensent que si vous ne faites pas trois lignes
qui durent 5, 7 et 5 syllabes,
vous n’écrivez pas de haïku !

Pauvre haïku !

°

un canard
élève sa voix
vers le soleil
jeudi d’après Pâques

°

Michael Slager
a tué Walter Scott
à North-Charleston (Caroline)
début avril 2015

°

les oiseaux
sont enchantés de leur voix
– passé Pâques

°

sur le trottoir
le S d’un ver

(dim. matin, 12/4, Orly)

(cf :

cette fois-ci
le s minuscule d’un ver
trottoir humide 2 mai)

°

les cornes des vaches tournent
– aube

°

deux papillons tournent
l’un autour de l’autre –
cercles du bâton de taiji

(Choisy-le-Roi, 12/4)

°

qui sont les premiers
des oiseaux ou des enfants ?
– aube d’avril

°

différentes phases de la lune
sur la table noire :
dessous de tasses

°

avril somptueux –
de superbes couronnes
chez la fleuriste

°

attentats contre Charlie :
après l’emblée nationale,
l’amblée nationale

°

pour la première fois
aujourd’hui ce mot
« épaviste »
– et plusieurs
autres fois
aux feux

°

le cri des corneilles,
le bruit des cloches qui s’éloigne(nt) –
les gestes du Qigong

°

dans le parc
de l’école religieuse
des « nains de jardin » catholiques

°

éveil Qigong –
de temps à autre
un pétale blanc
sur la pelouse

°

des cris de corneilles
entre des arbres blancs

°

premier effluve de lilas mauve
saisi dans la cour paroissiale

(26/4, Lagny-sur-Marne)

°

poupées blanches
fardées de rouge :
deux Japonaises dans la rue de Rome

A quand la rue des Roms ?

°

une tsigale

°

Certains
à qui vous offrez de la confiture,
chipotent sur la forme du pot !

°

la clique de « Ploc! »
le gang de « Gong »

°

descente sur Millau :
violettes tulipes
au point-roind

°

plumettes du canari
fuyant le balai ~

– Viens voir par ici, balai,
moi aussi
je veux être enlevée !

Haïku de balai –
« Dépoussiérer le haïku ».

°

Philibert,
le canari taiseux –
ou : Norbert,
le canari solitaire
et taiseux ?

°

au plus sale :
où l’on secoue la pelle

°

Le 5-7-5
ou l’art de ronronner
en rond ?

°

rondeurs, dès mai :
ses gros seins, son gros ventre
derrière son volant

°

Je sache
que l’essentiel du haïku
ne réside pas dans sa forme
mais dans son contenu
Je sache
qu’il est primordial de connaître
l’essence du haïku,
l’esprit du haïku,
le coeur du haïku,
l’énergie interne du haïku
(le sens du haïku)
Je sache
que s’il n’y avait qu’un critère à respecter
pour écrire du haïku
– ici ou là –
ce serait celui-ci :
appliquer les règles internes
qui régissent
(et réjouissent)
l’âme du haïku.

(29/4/15)

°

Vous qui tenez tellement
à singer le haïku japonais classique,
comment se fait-il
que vous ne l’écriviez jamais
sur une seule ligne
verticalement ?

: des haïsinges –
de faux haïsinges, à ça !

°

écaillé,
le transparent papillon

dépoudré,
le papillon
transparaît

°

l’ibis rouge
qui fait saigner les arbres…

(Vénézuela – Brésil)

°

rupture nationale
de Synthol : et ma courbature
de lèvres alors ?

°

Mes haïkus
ont pour seul impératif formel
le découpage rythmique naturel
dicté par le sens
propre à chacun d’eux

(autrement dit :)
c’est le rythme du haïku
qui dicte sa forme.

(Mon haïku ne supporte
aucune contrainte formelle (externe)
sauf celle du rythme (exact)
qui le compose)

: 8/5)

°

veille de mai
un premier cri
de martinet

°

le plumage blanchi du serin
qui vit maintenant
en bas de sa cage

°

je prends une douche –
le détecteur d’incendie
se met à sonner
dans le couloir

(- Merde, pas le temps
de me laver le cul !)

(Millau, 30/4)

°

pendant ce temps-là
la lune (g)ros(s)issait
à vue d’oeil

°

« Qui qu’oppose ? » :
avec maman, on disait ça !
: mère, 95 ans.

°

un oiseau du midi :
« Allez venez ! Allez venez ! »

°

Deux femmes
en discussion dans la rue :
la plus âgée
appuie souvent ses dires
d’un index
et de l’autre aussi

– une autre qui traverse
parle avec ses seins

une coincée du buste
à son tour traverse
– veille du premier mai

°

l’index
menace :
à l’index !

°

maman (95 ans)
qui tousse :
« ça sent l’sapin ! »

°

dp. (avril 2015)

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