La poésie et la philosophie du cerisier : 1)

Sôgi (1420-1502) :

Ce que nous ne regrettons pas :
les jours de printemps
passés à attendre

Plus nous attendons
plus nos esprits fleurissent
fleurs de printemps !

Anonyme (1630) :

Au printemps
nous regrettons tous
les jours passés à attendre

Sôseki (? – 1533) :

Aucune fleur
n’a jamais réalisé
combien nous attendons !

Teishitsu (1609-1673) :

la pluie de printemps
connaît l’esprit des hommes
qui attendent les fleurs

ou :

la pluie de printemps
partage le coeur de tous
ceux qui attendent les fleurs

Anonyme ? (1671 ?) :

montagnes de l’est
où hommes et fleurs
s’attendent

Kyorai (1651-1704) :

plus longtemps
nous attendons les fleurs,
plus se salit notre habit

Gain (1773) :

Plus l’aube approche
plus il est difficile de dormir
en attendant les fleurs

Ryôta (1707-1787) :

Le monde est cruel –
Négligez-les pendant trois jours,
et les fleurs…

Chora (1729-1781) :

Faites un somme
et les cerisiers
deviennent fleurs !

Sono-jo (1649-1723) :

Quelqu’un vint annoncer
« ils ont fleuri ! » :
la chasse aux cerisiers

Bashô (1644-1694) :

même les Hollandais
sont venus pour les fleurs
sellez mon cheval !

Seibi (1748-1816) :

trois jours :
fleurs et admirateurs
se sont dispersés

Kyôma ( ? – 1773) :

les fleurs de pruniers
tombent et ce sont les pêchers
tombent et ce sont cerisiers

Teitoku (1570-1653) :

Quand rien ne fleurit
au printemps
l’on parle cerisiers

ou :

entre prunier
et cerisier, une fleur
pour nous réjouir

Issa (1753-1827) :

aujourd’hui encore
les fleurs de cerisiers sont
sur toutes nos lèvres

Sôgi (1420-1502) :

N’attendez pas
un monde sans vent,
fleurs de printemps !

Soa (1356) :

fleurs de cerisiers
puis ce sont les humains
qu’il faut attendre !

ou :

les cerisiers fleurissent
puis ce sont les gens
qui les font attendre

ou :

après la floraison des cerisiers
c’est alors que commence
la véritable attente

Gonsui (1646-1719) :

un épisode pluvieux
notre dieu familial bâille
dans l’attente des fleurs

Tekijin (XVIIIè siècle) :

A l’aube nous partons
vers les cerisiers, cette nuit
nul ne ferme l’oeil

Tantan (1673-1761) :

désirant les voir
au matin, je dors
avec les fleurs

Shirô (1742-1813) :

C’est aussi un plaisir
d’entendre qu’elles sont en retard,
les fleurs de cerisiers

…/…

°°°

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