Archive for avril 2014

UBDLA de Salim Bellen – (31-40)

5 avril 2014

Le Christ-Roi sur le dôme
serre dans sa main
le paratonnerre

De qui la protège-t-on
au carrefour
cette vierge sous verre ?

« Toutes mes condoléances »
il ne manque pas une occasion
ce mendiant devant l’église ! *

* cf : Salim Bellen, dans son recueil de haïbuns Le singe renifle en décembre, co-édition AFAH-Unicité : « Toutes mes condoléances », p.82.

À la porte de l’église
il promet ciel et terre
le vendeur de loterie

Il entra dans l’église
et baisa le pied du Christ
le vendeur de lacets

Le sourire du Bouddha
l’humanité souffrante
ne l’ôte pas

Les enfants des banlieues pauvres
tous leurs espoirs au ciel :
cerfs-volants

Des têtards par-dessus
la fange du bidonville :
cerfs-volants

La-haut sur le câble
cerf-volant entortillé ;
l’enfant perd ses ailes

Privé du lien à l’enfant
le cerf-volant libre
ne sait plus voler

°°°

(à suivre… 41… / 222)

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Haïkus, etc. de Py – mars 2014 – 2/2

5 avril 2014

°°°

coincé sous son balcon
un père Noël
à mi-mars

Formation de taiji quan –
Les jonquilles épanouies
dans la cour

À corps éperdu.

Circulation alternée ?
: autant de plaques paires
que d’impaires

à peine éclos
déjà tombés
pétales blancs à la mi-mars

Fée ce que doigt(s)…

Ah, comme plisse la peau
dans la lame d’air *
du séchoir à mains !

* : « AIRBLADE »

un journal
crispé
sur le trottoir
– accident de voyageur

une plume
au bord d’une feuille –
un bouchon dans le bois

fait rare :
gratter une Ferrari
en longeant le bois

De leur box
les chevaux
– placides –
regardent l’engin
répartir le fourrage

le conducteur des Cars Bleus
dans sa chemise bleue
déguste son sandwich
au volant
dans le parking
du Parc des Sports

une fois le froid
passé sous les fesses,
attendre le train
– veille du printemps

entre les pâquerettes


Disparu(s) corps et maux…

« Sculpte, lime, cisèle »

Le vol d’une hirondelle
dans la pierre…

Elle était immensément belle
Mais je trouvai son orteil gauche
moche
– l’affaire capota

Autour des panneaux électoraux
des piaillements d’oiseaux

Vue sur la cathédrôle

Même à dix heures du soir
ils piaillent
– veille d’élections

veille d’élections

il prononce des « oui »
de temps à autre
– mais ne parle pas au téléphone,
le simplet

énonce des « oui »s, Titi
le simplet

le téléphone portable
de la mendiante…

quand je mourrai
aurai-je toujours autant de mouchoirs
dans ma poche ?

(5/7/? :)
le nez effilé
du TGV qui défie
les

un cylindre (« XTRA »)
traverse le wagon
de droite à gauche
de gauche à droite
– vendredi soir

Singer le 5/7/5 –
Haïkoudre

sans lunettes
le nez presque sur le journal
pour lire

LI EN

« accident grave
de (plus) personne »…

à l’assemblée générale *
nous sommes sept
plus un chat médaillé **

* de l’AFAH
** un beau chat // le chat du café

brut(e) dans les (r)encards
(= violeur ?)

faire le tour du photographe
pour ne pas couper
leur fil

le voyant du portique
me dit :
« éééééééé
ééééé »

le jour tape
dans la canette
blanc-vif

Ah, printemps,
comment définir l’odeur de ce bosquet fleuri ?
: inspirer (plus) profond)

comment mettre en mots
le parfum de cette fleur ?
: inspirer

(cf « Gong-haïku # 17157) – Inspiré par Danyel :)

80 ans
et des brouettes
toujours au jardin

overblog — overblague

Dans son recueil Un bâton dans les Andes – voir ailleurs sur ce blog -, on constate que Salim Bellen n’était pas un absolutiste du 5/7/5 (dans le haïku); même si, comme la plupart des haïkistes occidentaux, il se conformait (le plus) souvent aux usages (consensuels) d’une métrique imitée du Japon… Il n’alla pas non plus jusqu’à bousculer la disposition en tercet(s)…

°°°