La Déclaration de Matsuyama 4/12

IV) LES PROBLÈMES DE TEIKEI (LA FORME FIXE) ET DES KIGOS (MOTS DE SAISONS)

16) Une question courante qui revient toujours dans les discussions sur le haïku international est de savoir comment traiter de la forme fixe des 5/7/5 « syllabes » et des kigos dans les autres langues et cultures.

17) D’abord, le rythme 5/7/5 est propre à la langue japonaise, et même si d’autres langues devaient utiliser ce rythme, il est évident que ça ne garantirait pas de produire le même effet. Avec le teikei, il ne s’agit pas de compter des syllabes ou d’obtenir des accents, mais de la manière dont la tension pourrait renforcer l’expression poétique quand l’écrivain le souhaite. Dans le cas de la poésie japonaise, la meilleure méthode uilisée pour augmenter la tension poétique a été le recours à la forme en 5/7/5 syllabes.

18) De plus, les techniques et la rhétorique employées dans cette forme fixe sont également, et de mùanière innée, japonaises. Il y a beaucoup de sortes de haïkus. Il y a par exemple des haïkus qui expriment une réalité instantanément perçue, et des haïkus qui utilisent des kireji (mots de coupe employés pour donner un effet surréaliste) pour construire un autre monde en tant qu’art formateur. Des exemples des premiers sont ceux de Takahama Kyoshi :

kirihitoha hi atarinagara ochinikeri
une feuille de paulownia dans le soleil tombant

higashiyama shizukani hane no ochini keri
un volant en plume tombant doucement – colline d’Higashiyama

nagareyuku daikon no ha no hayasa kana
une feuille de radis chinois dérivant si vite

et de Yamaguchi Seishi :

natsukusa ya kinkansha no sharin kite tomaru
herbes d’été les roues de la locomotive s’immobilisent

pisutoru ga puuru no kataki mo ni hibiki
un coup de pistolet rebondit sur la surface dure de la mare

et des exemples des derniers, de Hashi Kanseki :

kaidan ga nakute namako no higure kana
pas d’escaliers… une limace de mer au crépuscule

, de Nagata Kooi :

shounen ya rokujuunen go no haru no gotoshi
un jeune garçon… comme le printemps à soixante ans d’ici

Ils peuvent être difficiles à comprendre pour des non-Japonais, parce que le kireji n’existe pas dans d’autres langues. Ainsi, forcer la forme fixe du haïku japonais et les techniques qui l’accompagnent est un non-sens dans d’autres langues.

(À suivre : 19)… la question des kigos (mots de saisons)…)

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