La Déclaration de Matsuyama – (suite : 2/12) –

II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE

5) La poésie traditionnelle du Japon est entrée en contact avec la poésie mondiale à travers les traductions d’hymnes et de poésie biblique. Des ouvrages de traductions tels que le « Shintaishisho » (1883) par Toyama Soichi, et al., et « Omokage » par Mori Ogai contribuèrent à établir le genre de poésie populaire en Occident. Bien que Shiki lui-même ait promu la réforme du haïku et du tanka, il exprima également son intérêt pour le Shintaishi (poésie de style nouveau) et organisa des groupes d’études du Shintaishi. Il fut particulièrement intéressé par les caractéristiques de la rime dans la poésie occidentale et compila un « dictionnaire de rimes » afin d’introduire les rimes dans la poésie japonaise. Dès le départ, Shiki se concentra sur le reste du monde et enseigna à ses contemporains japonais l’importance de la rime en poésie.

6) De même que la Shi-ika (poésie) japonaise fut fortement influencée par la poésie occidentale, le haïku a eu une forte influence sur le monde de la poésie en Occident. Le haïku fut d’abord introduit à l’Ouest à la charnière du XXè siècle par Sir Basil Hall Chamberlain et par Paul-Louis Couchoud. Quand des poètes comme Ezra Pound et Paul Éluard montrèrent un profond intérêt, le haïku se fit rapidement remarquer. Paul Claudel, par exemple, ambassadeur de France au Japon, Yves Bonnefoy, Philippe Jaccottet, les Américains Richard Wright et Allen Ginsberg, l’Allemand Rainer Maria Rilke, l’Italien Giuseppe Ungaretti, et le Prix Nobel mexicain Octavio Paz, et d’autres poètes importants incorporèrent tous l’esprit du haïku dans leur poésie.

7) Jules Renard, dans ses Histoires Naturelles, utilisa des ressemblances appropriées dans sa courte phrase à propos du « papillon ». Il écrivit : « Ce billet doux plié en deux cherche une adresse de fleur. » Il décrivit « la couleuvre » en une seule ligne, lui donnant ainsi un parfum de haïku. Octavio Paz écrivit un poème ressemblant au haïku en trois vers : « Chaque fois que l’enfant la lance / la toupie retombe juste / au centre du monde ». Le poème de Rilke qui commence par « Rose, ô pure contradiction » et qu’il souhaitait comme épitaphe, était aussi une espèce de haïku. Les cercles littéraires en France s’intéressaient également fortement au haïku. La Nouvelle Revue Française, éditée par Jean Paulhan, influença toute une génération d’écrivains français. En 1920, peu après sa création, la revue publia un numéro spécial sur le haïku, qui causa maint remous dans le monde poétique français.

III POURQUOI LE HAÏKU SE RÉPANDIT À TRAVERS LE MONDE. LE COEUR DU HAÏKU.

(: À suivre…)

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