La Déclaration de Matsuyama (12/9/1999) – 1/12 –

« 1) Le haïku fait partie de la littérature mondiale. Le haïku s’ouvre à des peuples différents dans le monde. Cette courte forme poétique de 17 syllabes est maintenant sur le point d’élargir les possibilités d’un riche éventail de formes poétiques dans le monde.

I) MATSUYAMA – LE LIEU

2) La poésie du haïkaï s’est plus épanouie à Matsuyama que dans aucun autre fief pendant la période d’Edo (1603-1868). Depuis des temps très reculés, les gens du domaine de Matsuyama, et principalement Okudaira Okyo, se divertissaient avec le haïkaï. En tant que membre du « cercle intérieur » du shogunat des Tokugawa, la ville bénéficiait de la paix et d’un climat tempéré. Le poète Ohara Kiju, qui, à l’instar d’Okyo, fut actif entre la fin de la période d’Edo et le début de l’ère Meiji, et qui devait devenir le professeur de haïkaï de Masaoka Shiki, créa la Société de Haïkaï « Meieisha », en tant que disciple de Baishitsu. Poursuivant le style poétique de l’école traditionnelle, l’Association s’investit dans des actions telles que le lancement de ce qui devint la troisième plus ancienne publication poétique mensuele : « Masago no Shirabe »; ainsi la poésie du haïkaï fut-elle très populaire jusqu’à l’arrivée de Shiki.

3) Le haïku japonais moderne (poésie de 17 syllabes) naquit à Matsuyama grâce aux efforts de Masaoka Shiki principalement. Né dans une famille de samouraïs du fief de Matsuyama, il fut incapable de concrétiser ses aspirations politiques à cause des circonstances défavorables qui résultèrent de la Restauration Meiji (1868) quand le fief de Tosa prit le contrôle de Matsuyama. Shiki ne pouvait pas abandonner la politique. Dès son plus jeune âge, il avait appris les bases de la kangaku (sinologie) et des kanshi (poésies chinoises traduites en japonais) grace à son grand-père Ohara Kanzan, et à Kawahigashi Seikei, père de Kawahigashi Hekigodo. Après plusieurs essais en politique, en philosophie, en arts et en écriture de fictions, il trouva sa voie dans le haïku. Comme les kanshi, ou lapoésie chinoise, le haïku était une forme de vers fixes et d’un genre familier à la plupart. Se plongeant dans un environnement auquel aucun des érudits contemporains ne se souciait, le haïku, il essaya d’obtenir la bénédiction des Dieux de la littérature en synthétisant les aboutissements passés du haïkaï et en le modernisant par une approche scientifique.

4) En plus de Shiki, Matsuyama se targue d’avoir produit d’autres haïjins de pointe, dont les plus en vue sont Takahama Kyoshi, Kawahigashi Hekigodo, Nakamura Kusatao, Ishida Hakyo, et d’autres qui représentent le monde moderne du haïku. Comme pour s’opposer à cette école orthodoxe, apparurent soudain, de la région de Nanyo de Shikoku, Tomisawa Kakio, Shiba Fukio et Takahashi Shinkishi, poète considéré comme le premier dadaïste au Japon. Il est vraiment étonnant qu’ils aient tous eu un rapport étroit avec Matsuyama et qu’ils aient contribué au développement et à l’enrichissement du haïku moderne. La riche fondation de haïku qu’ils réussirent à créer pour Matsuyama est vraiment étonnante.

(à suivre :
II) L’EXPANSION DU HAÏKU À TRAVERS LE MONDE)

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Une Réponse to “La Déclaration de Matsuyama (12/9/1999) – 1/12 –”

  1. Dabernat Veronique Says:

    merci Daniel!

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