Lettre de James W. Hackett – sur le haïku

« Je considère le haïku comme fondamentalement existentiel, plutôt que littéraire. Ou, si vous voulez, comme principalement une expérience, plutôt qu’une forme de poésie. L’affirmation de Bashô que « Le haïku est simplement ce qui arrive ici, maintenant » montre qu’il considérait l’expérience intuitivecomme étant la base du haïku. Et maintenant, son critère est le mien.

Si cette expérience-haïku peut s’exprimer en 17 syllabes (ou même en 5/7/5) sans remplissage ni invention syntaxique, tant mieux. Sinon, il faut rendre l’expérience librement, de la manière qui servira au mieux sa compréhension et son effet. Les maîtres Japonais se sont écartés du 5/7/5, comme le font beaucoup de poètes japonais modernes. Assurément, le poète qui écrit en anglais a droit à la même licence, et plus… J’utilise deux lignes autant que je le souhaite et il ne fait aucun doute que certaines expériences-haiku peuvent être exprimées plus naturellement ainsi. Il semble clair que toute la question des syllabes et des lignes est arbitraire, et qu’elle devrait l’être. Parce que le haïku est en fin de compte plus qu’une forme (ou même une espèce) de poésie : c’est une Voie – de prise de conscience vivante. Le trésor véritable du haïku est sa pierre de touche du présent. Ceci, ajouté à son rendu de la Talité des choses, donne au haïku une mission supra-littéraire, celle du moment. »

James W. Hackett (lettre à R.H. Blyth).

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