haiku, etc. – Py – juillet 12 – 1/2

°
Kyôku (à la vache) :

La vache sort
« Moi ! Moi ! »
du brouillard

(d’après Issa :

The cow comes
Moo ! Moo !
out of the mist

tr. R.H. Blyth

La vache sort
Meuh ! Meuh !
du brouillard)

°

Un encormoran :

un cormoran qui ne se lasse pas de pêcher /
à qui l’on ne permet pas de repos à la pêche…

L’encormorencore,
pêcheur infatigable.

imaginez,
un des cormorans
dans un décor marrant

un corps mourant,
le cormorendant l’âme

un cormorancre :
un cormoran
qui reste / plonge au fond ?

le cormorantre dans l’eau
et en ressort pas gai *

* bagué… / pagaie

°

pendant qu’on déboutonnait
le corsage de cette belle femme,
pas de chance, l’oncle était mort.

°

un tout petit insecte
remonte la page 7
du quintette de Prokofieff

°

un gargarage :
où l’on s’y prend à deux fois
pour bien ranger sa voiture

°

pis, ce son m’émeut : meuh !

°

canal dentaire –
un oiseau chante

°

l’hémistiche / l’hémi–s’touche

°

deux papillons blancs,
des coquelicots :
course au supermarché

°

« guère épais »

°

un miroir passe
dans un couloir de métro
et je
passe suis passé
devant dedans
vite vide
disparu

°

entends les gouttes
qui s’écrasent à terre
formant rythme-mélodie
(de bruit de pluie)

– et par-dessus
la voix soliste
d’un téléphoneur
(en) (arabe)

la pluie incesse –
la pendule (sous l’auvent de la gare)
roule ses chiffres –
une femme enceinte
descend du train
en premier

rain
steady rain
je reste en gare

the trains
come and go

j’attends que la pluie passe
comme un train
j’attends
que le train de la pluie
passe

d’un coup de reins
d’un coup d’airain ?

rain
steady rain

(et) je ne rentre pas chez moi
retenu par les gouttes
qui tombent à côté
rideau

°

In-faire

Une demi-heure
et la pluie ne (veut ?) cesse®
une demi-heure
que je ne veux bouger
sans parapluie
sous la pluie
et je lis Wei Wu Wei
et je philosophe
soliloquement
alors que passent des êtres
sur le quai d’en face
et parlent
et rient
et que je ne fais rien que
stupidement
m’écouter écrire
m’écouter penser
et jouir sur mon banc
onaniquement
unanimement
de ma seule magnifique
présence égo
ïste
tiste

°

la feuille colore le trottoir
en ne faisant rien (d’autre
qu’être feuille…)

la feuille
colore le trottoir
sans rien faire

°

au coin de la rue
disparaît un parapluie
avec une femme en dessous
(et) ses mollets fermement galbés
et le bruit de ses talons, hauts
(/ ô !)

°

le taux d’humidité
de leur baiser
est de 80 %

°

6 abeilles
autour d’une fleur de magnolier
début juillet à Orly

°

sur le mur de la salle de bains
un moustique me dit : « chut !
ne le dis pas à la maîtresse ! »

au mur
un moustique :
« chut !,
ne le dis pas à la maîtresse ! »

°

l’odeur du pain
s’élève
dans la narine
de la nuit

°

je suis le mot « beau »
et le mot « pas beau »
au sein du mot « couteau »

°

quel temps fuit-il ?

°

les liserons
recueillent
les sons du soir

la télévision
en voile de mariée…

°

une mouche
sur la partition
Joseph Bodin de Boismortier

°

(Ko-an :) « leur but : voir directement en supprimant la pensée »
in Wei Wu Wei, p.156 de La Voie négative

le haïku (?)

°

(depuis cette époque)
de l’encre a coulé sous les fronts

°

L’heure le regardait

°

Le bleu du travail
Le travail donne des bleus
Le blues du travail(leur)
Le travail du bleu

°

tant tant le pourpier s’étend
vers la mer
et danse

°

L’éclair
déchire
les feuilles du bananier

°

d’ÉCRIRE de soi
à RIRE de soi !

ÉC / RIRE

j’éc – ris

éjacrire

°

scintillements d’oiseaux
où glycines et rosiers se rejoignent
: maison à vendre

°

champ d’épouvantails
le babil des oiseaux

deux épouvantails
face à face
– parlent-ils
oiseau ?

°

dans les phares :

°

vent dans les feuilles –
il gratte une anche

°

Prendre de la distance avec soi-même dans le haïku. Ex. : dire « il » (sujet) à la place de « je »…
(selon la « grande » tradition chinoise, japonaise… ; léchant en cela « la bave des Anciens » !)

Le je se fond dans le décor / monde environnant
(dans la mesure du possible…)

°

ces coquelicots
sur le côté
ont échappé
à la moisson

le vent secoue
ces cosses sèches –
papillons blancs

champ de blé –
à la place des coquelicots :
papillons blancs

°

(cf « ancien » (Loulou) :
« La vieille chatte / saute du lit / Bruits du parquet »
in « La chatte de Daniel », haïbun de Salim Bellen, p. 16-17 de Le Singe renifle en décembre, déc. 2006 )

la chatte saute du lit
le bruit
des coussins

°

bleuets
coquelicots
blés
– 14 juillet

°

« Kyôku (/anti-haïku) à l’amour vache » :

a)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh meuh Ah,
que ce meuh m’émeut !

b)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh meuh meuh Ah, ce
que ce meuh m’émeut !

c)

meuh meuh meuh meuh meuh
meuh meuh meuh Ah, que ce meuh
qui se meu®t m’émeut !

°

13 juillet
le bruit du feu d’artifice
le bruit de la pluie

°

dimanche 15 juillet
papa et fiston
astiquent
l’intérieur de la voiture

°

mid-July
the still going-to-work
morning crowd(s)

°

la roue
d’une bicyclette
tourne
jusqu’en silence

(d’après Catherine Redfern, in Blithe Spirit 22 n° 2 p.5 :
« bike wheel
still spinning
a moment’s silence »)

°

si bien lavées
les vitres du bar
un pigeon s’y cogne
pour sortir

(gare d’Austerlitz, 16/7/12)

°

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Une Réponse to “haiku, etc. – Py – juillet 12 – 1/2”

  1. dduteil Says:

    D’un mot, comme diraient nos politiques : meuh !

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