The Essence of Modern Haiku – Seishi Yamaguchi

The Essence of Modern Haiku
300 poems by Seishi Yamaguchi, 1993
Ed. Mangajin Inc. (USA)

L’Essence du haïku moderne
(Un choix de 70 des) 300 poèmes de Seishi Yamaguchi

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I) Introduction
d’Alfred H. Marks :

« Le haïku est, avant tout, un poème de la nature, où l’on attend que soit présenté un événement qui se situe dans une des cinq saisons. »

« Tout haïku, ou presque, écrit en japonais, se construit autour d’un mot de saison. »

« Yamaguchi Seishi devint directeur chargé de la classification pour le magazine « hototogisu » en 1927, et il a beaucoup écrit à propos du saijiki. »

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II) « A study on Yamaguchi Seishi » :
by Kodaira Takashi
(pp. XVI-XXV)

« Une étude sur Yamaguchi Seishi » :

1) Sa modernité.

Dans son œuvre célèbre Les débuts du haïku moderne, Azuma Kyôzô écrit : « Le haïku contemporain a débuté avec Yamaguchi Seishi et son œuvre. »

« Seishi cherche des matériaux pour le haïku non seulement dans la nature, mais aussi dans les œuvres des hommes. (…) Il s’est tourné vers des matériaux nouveaux et modernes pour le haïku, élargissant les sujets du haïku aux grands intérêts de la vie urbaine (…) et a pris congé du haïku lyrique du passé. »

« Pour Seishi, l’essence du haïku est la juxtaposition – la juxtaposition d’objets. Quand il compose, il juxtapose un matériau saisonnier à d’autres matériaux. C.D. Lewis, dans Image Poétique, écrit : « Le processus par lequel cette foultitude d’images crée un poème est un processus conflictuel : la deuxième image « contredira la première », et ainsi de suite. » (…)

« On peut voir la combinaison de deux images comme la plus petite unité poétique existante. C’est ce qu’est le haïku.(…) Le haïku est né de la rencontre abrupte de l’image du mot de saison avec une autre image. (…) « Deux éléments, un poème » (niku isshô). (…) Bashô, bien sûr, dit du haïku qu’il pouvait « ne contenir qu’un objet ». (…) « Trouver une corrélation objective… telle que quand les faits extérieurs qui doivent aboutir à une expérience sensorielle sont donnés, l’émotion est immédiatement évoquée. » : T.S. Eliot, dans son essai « Hamlet et ses problèmes ».

« Seishi a travaillé à la juxtaposition de deux objets, et à s’exprimer à travers eux, à travers les choses. (…) Il a dit : « La méthode de ma poésie consiste à composer un sketch d’après nature. » (…) Ce qui signifie qu’en construisant intellectuellement la réalité d’un sketch d’après nature, on transforme le monde de la réalité en monde de l’art. (…) Son intellect crée des chants à partir des juxtapositions dans le haïku. (…) Comme Eliot, Seishi est un maître de la création et de la critique. (…) Mallarmé avance : « Puisque les objets existent déjà, il n’est pas nécessaire de les créer. Tout ce que nous avons à faire est de regrouper les relations qui existent entre eux. » Cela vaut également pour le haïku. (…) Le bon haïku amène l’aspect vital d’un objet en juxtaposition avec l’aspect vital d’un autre objet. (…) Dans le « Hannya Sutra », il y a deux concepts très importants : le vide (kû) et le karma (In’en). Le vide renvoie à la manière dont les choses sont constamment prises par le changement. Les objets qui changent sans cesse, captés par le karma, entrent en relation avec d’autres objets changeants, tout en continuant à changer. Tout en saisissant le moment présent, le haïku doit saisir avec les yeux de l’esprit les relations invisibles qui existent entre des objets perdus dans le temps et l’espace. (…) Quelqu’un dont l’imagination est parfaitement libre dans le temps et dans l’espace peut voir les relations entre les choses. »
« L’orientation des haïkus de Seishi est principalement bouddhiste. (…) Seishi dit, dans Les mots de Bashô : « Mes haïkus sont entièrement dans la tradition de Bashô. » (…)
Kyoshi écrivit ce que Shiki considérait être les trois composantes essentielles du haïku : le sketch d’après nature (shasei), la description objective (kyakkan byôsha), et la juxtaposition (haigô) dans ses « Cours de haïku en six mois ». (…) À propos de la description objective il précisa : « Cela ne signifie pas la description des sentiments évoqués par l’objectivité, mais la description objective d’objets, et à travers eux la stimulation des émotions du lecteur. » ( : Principes du haïku). Par ces mots nous pouvons voir comment les émotions peuvent être exprimées à travers les choses.
Enfin, la juxtaposition doit s’effectuer en combinaison avec la saison. Shiki déclara : « Faites un poème en combinant la saison avec un des innombrables sujets extérieurs à elle » ( : Principes du haïku). Shiki préférait la combinaison d’objets saisonniers avec des objets associés. « À travers la juxtaposition, les antithèses s’harmonisent. » (Haïkus en quête d’un « coup de main »). Shiki préférait donc les haïkus approchés comme des sketches d’après nature, qui contiennent une juxtaposition, et que l’on présente objectivement.
Bashô, dans son essai des Trois carnets de notes et Somme de voyage, dit : « Les changements des Cieux et de la Terre sont les graines de la littérature. » Par « Cieux et Terre » comprenez « la Nature », et par « littérature » comprenez « le haïku ».
« Avant que la lumière que donnent les choses ne meure dans le cœur, il faut l’exprimer. » (Les trois carnets de notes). Nous devons donc observer la nature et consigner ses changements. (…)
« Des couleurs de l’esprit pensant transformées en objets se décide la forme du poème. » (Les trois carnets de notes). Les « couleurs de l’esprit pensant » sont les images reçues de la nature. Elles se « transforment en objets » alors que les impressions de la nature deviennent les mots des choses. Ainsi évolue la forme du poème, et nous pouvons donc comprendre comment, pour Bashô, on arrive à la forme du poème, comme les « impressions de la nature deviennent les mots des choses ». (…)
Kyoshi hérita de deux des trois principes de Shiki : le sketch d’après nature et la représentation objective. (…)
Quand le mot de saison entre en collision avec une autre locution (…), les étincelles fusent. (…)
Yamaguchi Seishi a continué à prospérer en tant que leader du monde du haïku. (Il fut le récipiendaire du Prix du mérite pour la Culture, en 1992. »

: Kodaira Takashi.

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