Bashô ++ : une étude comparative… 3)

°

541)* (= 516)**)
arigata ya yuki o kaorasu minami dani

admirable
la neige donne son parfum
à la vallée du sud

(Été 1689. Ce verset était le verset initial d’un renga lors d’une séance dont l’hôte était le prêtre Ekaku, au temple Nyakuôin. Minami (« temple du sud ») est situé sur les pentes du mont Haguro (« plume noire »). ONH#24)

542)*
arigata ya yuki o kaorasu kaze no oto

admirable
donnant du parfum à la neige
le bruit du vent

(Été 1689. Ce verset est une autre version du précédent.)

543)*
arigata ya yuki o megurasu kaze no oto

admirable
faisant tourner la neige
le bruit du vent

(Été 1689. Ceci est la troisième version du même.)

551)* (= 524)**)
kisagata ya ame ni seishi ga nebu no hana

le mûrier à soie de Kisagata
est une beauté chinoise sous la pluie
une fleur endormie

(Été 1689. Référence à Seishi, Xi Shi, beauté chinoise du Vè siècle, donnée comme concubine au roi Fu Cha. Selon la légende, le roi l’aimait tant qu’il en négligea ses devoirs et perdit son royaume. Jeu de mots avec nebu (« dormir »), qui sonne comme nemu (« soie », « mimosa », ou « arbre parasol », l’Albizzia julibrissin, dont les feuilles se replient, comme s’il dormait, la nuit, ou si on les touche.)

552)*
kisagata no ame ya seishi ga nebu no hana

la pluie de Kisagata
avec la beauté chinoise endormie
un mûrier à soie en fleur

(Été 1689. Ceci est une variante du poème précédent.)

571)* (= 542)**)
muzan ya na kabuto no shita no kirigirisu

quelle pitié !
sous le casque de guerre
un grillon

(Automne 1689. Quand Bashô visita le sanctuaire de Tado, il vit un casque de Saitô Sanemore (1110-83), qui, à 73 ans, voulant paraître assez jeune pour combattre, avait teint ses cheveux blancs en noir. On s’aperçut de sa ruse seulement après sa décapitation. Les puristes prétendent que Bashô vit un vrai grillon sous le casque, au musée. Le kirigirisu du temps de Bashô était le « grillon » ou kôrogi actuel. Le kirigirisu est de nos jours la « sauterelle » ou « katydid ». Ces deux sortes d’insectes produisent le grésillement caractéristique des nuits automnales. Cette version est celle que Bashô présenta au temple. ONH#40.)

572)*
ana muzan ya kabuto no shita no kirigirisu

comme c’est cruel, hélas !
sous le casque de guerrier
un grillon

(Automne 1689. Ceci est la « ligne » originelle précédent de Bashô.C’était une version réduite de ana muzan ya na, citation du Dit des Heike (Heike Monogatari), écrit vers 1240.)

578)*
yu no nagori iku tabi miru ya kiri no moto

ratant les sources chaudes
comme je regarde souvent en arrière
leur brume

(1689 – saisons mixtes. Ce verset ne fut pas inclus dans Oku no Hosomichi. Bashô avait l’occasion d’inclure le verset comme « lien d’amour », selon le déroulement du renga, mais il y préféra la rencontre avec les prostituées, vrai, ou non.)

608)*
(Restant deux nuits au temple Daichiin de Nagashima, dans la province d’Ise.)

uki ware o sabishi gara seyo aki no tera

fatigué
je recherche la solitude
dans un temple en automne

(Automne 1689. Le prêtre de ce temple était l’oncle de Sora.)

617)*
byôbu ni wa yama o egaite fuyu-gomori

un paravent
avec la peinture d’une montagne
retiré en hiver

(Hiver 1689. Bien que ce ne soit pas confirmé, une notice existe dans Shô Ô Zenden qui dit que Bashô composa ce verset dans la maison de Heichû, habitant d’Iga.)

620)*
(Jouant avec des enfants dans les montagnes.)

hatsu yuki ni usagi no kawa no hige tsukure

Première chute de neige
se servant d’une peau de lapin
pour faire une barbe

(Hiver 1689. Référence aux montagnes entourant Ueno, ville natale de Bashô.)

647)*
tsuma koute nezasa kazuku ya …

femme (lui) manquant
mettant des herbes de bambou

(: inachevé)

(1690. saisons mixtes. Écrit sur la même feuille que deux autres poèmes : 637)* (= 612)**) et 645)* (= 624)**), mais il y manque la dernière « ligne ».)

666)*
meigetsu ya chigo tachi narabu dô no en

pleine lune
les acolytes sont alignés
sur la véranda du temple

(Automne 1690. À cette époque Bashô vivait dans une maison juste derrière le temple. Les acolytes étaient les jeunes pages qui servaient les moines.)

667)*
meigetsu ya umi ni mukaeba nana komachi

pleine lune
l’océan accueille
sept Komachi

(Automne 1690. Référence faite à la poétesse de waka et beauté Ono no Komachi, qui vécut aux alentours de 850. Sa vie légendaire forma la base d’une pièce de Nô célèbre, qui décrivait sa transition entre une jeune beauté, une poétesse célèbre et une vieille nonne hideuse vivant cloîtrée.)

(Var. de 637)** : meigetsu ya za ni utsukishiki kao mo nashi :
668)*

(Admirant la lune dans un vieux temple)

tsukimi suru za ni utsukushiki kao mo nashi

Admiration de la lune
Pas de fête sans
un joli visage

(Automne 1690.))

* numéros des haikai dans l’ordre du Basho The Complete Haiku de J. Reichhold.

** n°s des haïkus dans l’ordre de l’ouvrage de Kemmoku et Chipot : Bashô, Seigneur ermite, La Table ronde, 2012.

(à suivre : 669)* …)

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