Les 1012 haïkaï de Bashô – 238-245)

°
(Maison d' »Une Branche » à Take no Uchi)

monde de senteurs
dans une branche de fleurs de prunier
une poule

(printemps 1685)

NB : Akashi Genzui était un docteur qui écrivait sous le patronyme de Isshi-ken (« Maison d’une branche »). La poule d’hiver possède un chant joyeux et complexe. Le verset utilise l’association parce que sur une branche de fleurs de prunier se trouvent « un monde de senteurs » et une poule.

°
(Je m’en fus à Kyoto pour visiter la villa montagnarde de Mitsui Shûfû à la Pruneraie de Narutaki)

fleurs blanches
hier
on a volé la grue

(printemps 1685)

NB : Mitsui Shûfû (1646-1717) était un poète de l’école Danrin (…) Bashô utilise une légende concernant un ermite chinois, Lin He Jing, qui adorait fleurs et grues, comme base de son poème. Chez son hôte, il y avait beaucoup de pruniers, mais la grue manquait. En disant qu’on avait volé la grue, Bashô suggère que son hôte vivait dans une région infestée de criminels. L’école de poésie de Bashô s’opposait à celle des poètes Danrin.

°

le chêne
ne fait pas attention aux fleurs
une pose

(printemps 1685)

Ce verset fut composé comme verset de salutations pour Mitsui Shûfû. Bashô compare son hôte au Quercus glauca, une variété de chêne qui pousse en montagne, impliquant que c’est un véritable homme qui contraste avec l’ostentation des fleurs.

°
(Rencontrant le Prêtre Ninkô au Temple Saiganji, à Fushimi)

ma robe de soie
des pêches de Fushimi
gouttent ici

(1685)

NB : Le Prêtre Ninkô (1606-86) était connu pour sa vertu. On connaissait Fushimi pour ses pêches sucrées et juteuses et pour son saké.

°
(Franchissant les montagnes sur la route d’Ôtsu)

sur un sentier de montagne
où quelque chose pourrait vous charmer
une violette sauvage

(printemps 1685)

°
(Une vue du Lac)

à Karasaki, le pin
est entouré d’une brume
plus douce que les fleurs

(printemps 1685)

NB : Le pin à Karasaki, au bord du lac Biwa était si célèbre qu’on y faisait déjà référence dans la poésie ancienne. Le lac Biwa, près du mont Nagara, est un endroit réputé pour ses fleurs de cerisiers. Au début du printemps, l’humidité s’élevant du lac qui se réchauffe pouvait atténuer la vue de cet arbre célèbre.

°

azalées arrangées
dans l’ombre une femme
déchire une morue sèche

(printemps 1685)

°
(Poème en voyage)

à cette ferme de colza
le visage qui contemple les fleurs
est celui d’un moineau

(printemps 1685)

°
(à suivre : 246-1012)

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