Les 1012 haikai de Bashô – 210-215)

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(Nous allâmes de Yamato à Yamashiro, passant par la route d’Ômi à Mino. Après Imasu puis Yamanaka, je vis la vieille tombe de Tokiwa. Je me demandais ce qu’Arakida Moritake, d’Isa, voulait dire par l’expresssion de son poème « le vent d’automne ressemble au Seigneur Yoshitomo ». Ainsi composai-je :)

le coeur de Yoshitomo
ressemblait peut-être
au vent d’automne

(automne 1684)

NB : Yoshitomo (1096-1156) fut un gouverneur légendaire, cruel et assoiffé de sang, qui tua tous ceux qui se dressaient en travers de son pouvoir.

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(Sur la tombe de Tomonaga dans la province de Mino)

enseveli dans la mousse
le lierre distrait
une prière bouddhiste

(automne 1684)

NB : Bashô donne une qualité humaine au lierre, le rendant « distrait ». L’idée intéressante est que, bien qu’il voie le lierre comme étant distrait, la juxtaposition des lignes peut donner l’idée que le lierre est une prière inoubliée. Il y a aussi l’idée que la tombe est ensevelie par trois éléments : la mousse, le lierre, et les prières

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vents d’automne
dans les halliers et les champs
la barrière de Fuwa

ou :

vents d’automne
comme des halliers et des champs
la barrière indestructible

(automne 1684)

NB : Fuwa signifie « indestructible ». La barrière était le poste-frontière du district de Fuwa où l’on identifiait et/ou fouillait les voyageurs.

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pas encore mort
mais dormant à la fin du voyage
le soir d’automne

(automne 1684)

NB : Quand Bashô entreprit ce voyage, il crut qu’il allait y mourir. Là, à la fin de l’automne, il n’est pas mort, mais ne fait que dormir, au but de son voyage.

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(Dans l’automne avancé, souhaitant voir les feuilles colorées des cerisiers, je pénétrai dans la montagne de Yoshino, mais, les pieds douloureux à cause de mes sandales de paille, je m’arrêtai pour me reposer et posai ma canne.)

les feuilles se dispersent
lumière du cerisier
sur un chapeau à lattes de cyprès

(automne 1685)

NB : Les voyageurs portaient des chapeaux plats, semblables à des paniers tissés de fines lamelles de cyprès. Le mot anglais « light » (: « léger » ou « lumière ») permet encore plus d’interprétations pour ce poème. Les arbres sont moins denses sans leurs feuilles. Sans feuilles plus de lumière tombe sur le chapeau de soleil de Bashô. Une autre idée est que Bashô trouve les feuilles qui tombent sur son chapeau si charmantes qu’il ne sent pas leur poids. De plus, les feuilles ont entreposé toute la lumière de l’été, et quand elles tombent, la lumière de l’été tombe aussi.

°

comme il est dur
le bruit des grêlons
sur un chapeau de cyprès !

(hiver 1684)

NB : Parce que les lammelles fines du cyprès étaient plus solides que la paille, les voyageurs préféraient ce genre de chapeaux.

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(à suivre : 216-1012)

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