Archive for janvier 2012

Rendez-vous au 62ème kukaï de Paris

17 janvier 2012

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Bonsoir !

ce samedi prochain 21 janvier aura lieu, au Bistrot d’Eustache, Paris 75001, à 16h30 notre 62ème kukaï. Soizic Michelot viendra vers 18 h nous parler de sa prochaine expo au centre Tenri !

Vous êtes tou(te)s invité(e)s à nous y rejoindre, si le coeur vous en dit !

Bien à vous,
Daniel

°

Les 1012 haïkaï de Bashô – 181-185)

16 janvier 2012

°

presque pleine lune
ce soir à trente-neuf ans
un enfant

(automne 1683)

NB : la quatorzième nuit est la dernière nuit avant la pleine lune. Les Analectes de Confucius contiennent ce compte-rendu : « À quarante ans, je possède assez de discrétion pour ne pas perdre ma voie. » Bashô avait un an de moins, et était donc encore un enfant ! Il y a un rapport entre la lune qui n’est pas tout à fait pleine et Bashô qui n’a pas encore atteint quarante ans.

°
(Montagne du Chat :)

Le chat de la montagne
a-t-il léché toute la neige
sauf dans les crevasses ?

(hiver 1683)

NB : On considère que la Montagne du Chat est un pic à l’ouest du Mont Bandai.

°
(Forêt Noire)

Forêt Noire
quoique vous puissiez dire
un matin de neige

(hiver 1683)

NB : Le Japon a plusieurs lieux appelés Forêt Noire, mais le plus célèbre se trouve près de Sakata, dans la Préfecture de Yamagata.

°
(Le jeune frère d’Ishikawa Hokukon, Santenshi, est venu ici pour briser l’ennui avec du riz et du persil, probablement poussé sur les berges du Quing ni Fang. Je reconnais maintenant la valeur de l’élégance de ce goût simple.)

c’est pour moi que
la grue laisse du riz et du persil
à manger

(hiver 1683)

NB : On dirait que Bashô compare le frère de son ami à une grue. Qing ni Fang était une rivière de Chine mentionnée par le poète chinois Tu Fu.

°
(Vivant de nouveau au cottage du bananier qui a été reconstruit…)

entendant les grêlons
comme si ce corps était
un vieux chêne

(hiver 1683)

NB : La maison de Bashô fut détruite par un feu de quartier, le 28 décembre 1682. Bashô vécut chez plusieurs disciples jusqu’à ce qu’il retourne dans sa nouvelle demeure en septembre 1683. Les feuilles du chêne brunissent et sèchent en automne, mais ne tombent pas avant la fin du printemps, quand de nouvelles feuilles les font tomber. La grêle frappant les feuilles a le son râpeux d’une vieille peau sèche.

°

(à suivre, 186-1012)

Haïku, etc. de Py – janv. 2012 – 1/2

15 janvier 2012

°

pommes du trente-et-un
pépins du premier ?
: Nouvel an

°

entre les pages du carnet
confetti du Nouvel An

confetti
dans le carnet
au passage à l’an

°

Voir – et entendre
Arêches de nuit
pour la dernière fois :
premier janvier

°

Premier de l’an
la neige glisse du toit

°

le bruit du torrent
du fond de l’année

°

cerisiers en fleurs
sous la neige
de nuit -:
chemisier
de réveillon

°

fruits mûrs
au dernier de l’an
mûrs au premier

°

1er janvier
Enlever les chaînes
Sa
voie

°

premier janvier
déjà une plainte
contre Sarko

°

premier janvier
une paillette
sur son après-ski

°

premier janvier
ne rien envier
à personne

°

des paillettes
tout à l’entour des chalets
– premier janvier

même sur la route
les paillettes
– premier janvier

°

Tao :
le Grand tout – ou
et le Grand Rien (?)

°

par le par
king

°

se penchant sur son K-di
un penchant pour son K-do

°

larmes de crocodile :
(à) pleurs-de-faux (?)

°

le marbre
de la table
cassé
– début d’an

°

une petite feuille
tourne en rond
– 3 janvier

°

2
mild *
douce

* = doux/ce (: angl.)

°

ZEBU (train) long

(: RER Nogent-sur-Marne – St Germain-en-Laye)

°

(le langage est)
de la pâte à mots

°
(Kyôku pâle :)

dans le haïku,
le haïjin
se porte pâle…

°
(Kyôku à la place du more :)

Écrire un article sur
« La place du more dans le haïku français »…

°

4 janvier doux :
des oiseaux tôt
vers la gare

°

ce matin
Moskva Belorusskaya
8 h 28 Voie 5
: l’échappée belle !

Brest Central. Minsk Passarjirski.
Orsha centrale. Smolensk. Viazma.
Moskva Belorusskaya

°

e – star – got

°

Dépenses pharaoniques :
notre petit président
vit sur un très grand pied *

* cf : René Dosière : L’argent de l’état, un député mène l’enquête. Éd. du Seuil, 2012. (Source : Siné-mensuel n° 5, janvier 2012.)

Dépenses pharaoniques
le président Nic-
la-France

2012 :
d’un président pharao
nesque
à un président pharao
nnête…
?

les voeux
du président
aux Français (?) :

du
pip *
o
(!?)

* cf aussi le scandale du Poly Implant Protheses (!?)

°

L’État
c’est lui (!)

°

L’ascenseur pour les fachos …

°

« une femme rencontrée cinquante » tétées « plus tôt » *

* : « cinquante étés » : Jim Harrisson, in : L’éclipse de lune de Davenport, éd. La petite vermillon, 1998.

°

77 ans
– ou 7 ans ?
: à patinette dans Paris

(7/1/12, rue des Meuniers, 75012)

°

le cône
dont jouit
le fourmi-lion :
demi-sablier
où s’abolit
la fourmi

°

deux-mille-tousse …

°

la fourmi,

°

dans ses cheveux en chignon
une baguette
chinoise

°

dans la salle noire de monde
« Le jour le plus long »
avec papa

°

vendredi treize –

°

paix de la carrée
quai de la rapée

°

dorénavrant

ce matin
ce mot :
dorénavrant

°

trois grandes grues
dans le ciel
les tours
de la bibliothèque

°

au milieu des arbres
les flambeaux
des skieurs du Nouvel An

(Arêches : 31/12/11)

°

L’enfer
forgé
de bonnes intentions…

°

la belle fumée
de la cheminée d’usine
s’élève au soleil
– mi-janvier

 » regarde, l’usine
à fabriquer des nuages ! »
: Jalil, 5 ans.

°

(à suivre, 2/2)

‘Tierra de nadie’ 2) – Salim Bellen

13 janvier 2012

°

Yendo al templo
la neblina delante
el polvo atràs

S. Bellen

Allant au temple
le brouillard devant
la poussière derrière

°

Les 1012 haikai de Bashô – 176-180)

11 janvier 2012

°

Près du liseron
le décortiqueur de riz se rafraîchit
quel bon goût !

(été 1683)

NB : À l’origine, ce poème, manuscrit sur une petite feuille de papier portait ce titre : « humilité de la calebasse ». Le poème, révisé par Bashô, mentionnait la fleur « à visage du soir » au lieu de « visage du midi » et « se repose » au lieu de « se rafraîchit ».

°

°

(Pleurant la mort du père de Sanpû :)

offrant
une igname sur un lotus
parce qu' »ils sont semblables »

(été 1683)

NB : Certains érudits pensent que Bashô fait référence aux feuilles de ces deux plantes. Les feuilles de lotus étaient utilisées comme plats pour des offrandes de nourriture posée sur les tombes pour les morts. On pense que Bashô se référait à l’igname comme à une plante pour nourrir le corps aussi bien que la fleur de lotus, symbole du Pays Pur, pour l’âme du défunt. Le sens peut signifier aussi que Bashô place son offrande sur la feuille d’une patate douce à la place d’une feuille de lotus. L’expression « ils sont semblables » concerne probablement son offrande ainsi que Sanpû et son père.

°

le coquelicot blanc
d’une averse hivernale
a fleuri

(été 1683)

NB : Le poème suggère que les coquelicots peuvent fleurir parce qu’il y eut des averses l’hiver précédent. Inclus se trouve le sentiment que la blancheur froide d’une averse d’hiver transparaît dans le coquelicot blanc, même s’il fleurit en été.

°

coucou
maintenant, comme pour les maîtres de haïku,
il n’y en a pas en ce monde

(été 1683)

NB : Le mot haikaishi désigne un « maître de renga ». Il y a deux interprétations pour ce poème. D’abord que la voix du coucou est si belle qu’aucun poète ne peut rivaliser avec. Une autre possibilité est qu’aucun poète ne pourrait composer un poème sur la voix du coucou parce que ce n’est pas un son plaisant. De plus, on pourrait interpréter que, comparé au coucou, nul ne peut prétendre être un maître de poésie.

°

chrysanthèmes blancs hirsutes
votre chevelure une disgrâce
une telle chevelure

(automne 1683)

NB : Le compte pour ce poème est de 10-7-5 unités sonores. On suppose que Bashô se réfère à une variété de chrysanthèmes avec des pétales longs et fluets qui font penser à des cheveux. Le proverbe japonais : « Plus longtemps vous vivez, plus vous connaissez la honte » a un rapport avec l’utilisation médicinale du chrysanthème, et, dans le folklore, à l’extension de la durée de vie humaine.

°

(à suivre : 181-1012)

TIERRA DE NADIE 1) – Salim Bellen

11 janvier 2012

°

Avec le mendiant
s’en vont le bol, le bâton
et le chemin

°

S. Bellen, in Tierra de nadie, 1).

‘Tierra de nadie’ 8 – Salim Bellen

8 janvier 2012

°

En el camino
!cuàntas veces nos desviò
la mariposa !

(S. Bellen, in Tierra de nadie 8)

sur le chemin
combien de fois nous a distrait
le papillon !

°

‘Tierra de nadie’ 10 – Salim Bellen

8 janvier 2012

°

Solo un puente
para cruzar el rio
el arco iris

(: Salim Bellen, in Tierra de nadie 10)

(un) seul pont
pour franchir la rivière
l’arc-en-ciel

°

Les 1012 haikai de Bashô – 170-175 )

8 janvier 2012

°
(Un prêtre en chapeau. D’où vient-il et vers où voyage-t-il ? Le propriétaire de la peinture dit que cela représente une scène de mon voyage. Par conséquent le pauvre cavalier errant devrait faire attention à ne pas tomber.)

un cheval avançant lentement
voyant une peinture de moi
dans un champ estival

(été 1683)

°

le coucou
a taché le poisson
je suppose

(été 1683)

NB : Le hototogisu, comme notre rossignol, était réputé cracher du sang quand il chantait trop. Le katsuo (« bonite artique », Euthynnus pelamis) était un des symboles de l’été. Bashô vivait dans la maison d’un homme très riche, le conservateur en chef du clan Akimoto, de sorte que les mets délicats qu’on lui proposait lui semblaient étranges après la nourriture simple à laquelle il était accoutumé.

°

à la porte de l’auberge
une carte de visite pour t’annoncer,
coucou

(été 1683)

NB : Quand un seigneur féodal ou un noble de la cour séjournait dans une auberge de poste officielle, on écrivait son nom sur une tablette à l’entrée. Le jeu de mots concerne to no kuchi, qui était aussi le nom d’une jetée où les bateaux s’amarraient sur le lac Inawashiro. L’idée du poème est que le chant d’un oiseau était la réclame postée à l’entrée de l’auberge pour annoncer sa présence royale. Il est aussi impliqué que « la bouche de la porte » parlait avec la voix de l’oiseau.

°

agitant une écharpe blanche
la biche s’approche du cerf
l’île d’Oga

ou :

agitant leur aileron
les bonites s’approchent
de l’île d’Oga

(été 1683)

NB : Ce verset a deux sens différents à cause de hire (« vêtement semblable à une écharpe portée autour du cou des femmes » aux ères Nara et Heian, ou un « aileron », une nageoire »). Mejika peut signifier une « biche », un « jeune thon » ou une « jeune bonite ». Les biches signalent leur disposition à l’accouplement en agitant l’intérieur blanc de leur queue. Oga n’est pas vraiment une île, mais une péninsule dans la préfecture d’Akita. Elle était réputé pour ses bonites, pas pour ses thons.

°

(Parlant pendant son sommeil près d’une belle-de-jour :)

devrait-on rire ou pleurer
quand ma belle-de-jour
se fane ?

(été 1683)

NB : Pour ce poème, le compte est de 9/7/5 onji. L’ajout de waga (« mon ») a poussé certains érudits à considérer que Bashô se référait avec humour à une certaine partie de son corps.

°
(La fleur-de-midi est forte et brave)

même dans la neige
la fleur-de-midi ne s’étiole pas
au soleil

(été 1683)

NB : La hirugao (« visage de midi ») est le liseron, qui a une fleur très semblable à la belle-de-jour.

°

(à suivre : 176-1012)

Sar(cause toujours)…

8 janvier 2012

°

les voeux
du président
aux Français (?) :

du
pip *
o !

°

D.(5/1/12)

* cf : le scandale de Poly Implant Protheses ?