« La brièveté dérange. » (Jean-Marie Gleize)

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« La brièveté dérange. Tant qu’elle est signe de perfection formelle, bien sûr, on la tolère. Si, sous le nom de concision, elle peut laisser supposer une certaine profondeur de sens, elle reste acceptable. Si, en revanche, et c’est je crois le cas des formes modernes de la brièveté, de Mallarmé à Tortel, de Rimbaud à Claude Royet-Journoud, elle met en cause le statut du sens, le statut du sujet, elle devient assez difficilement supportable, elle fait au moins problème, on la dénonce comme facteur d’obscurité inutile, comme cause de la désaffection du public-lecteur à l’égard de la poésie, etc. Cette situation réactive (…) nous rappelle que le choix d’une forme pour un poète n’est jamais un geste neutre, un geste simplement « technique ». La brièveté est et reste un instrument critique, une arme tranchante. »

Jean-Marie Gleize : « Brièvetés », dans LE HAIKU et la forme brève en poésie française, P.U.P., 1991.

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