Les 1012 haikai de Bashô – 186-190)

°

glace sévère
la gorge du rat
à peine humide

(hiver 1683)

NB : Parce qu’il n’y avait pas d’eau potable à proximité, Bashô devait l’acheter. Ce poème aurait pu se baser sur la fable de Tchouang Tseu selon laquelle : « Un rat boit l’eau de la rivière, mais pas plus qu’il ne faut. » Bashô s’excusait peut-être de la quantité d’eau qu’il devait acheter ou en pensant au paradoxe d’avoir à acheter de l’eau en vivant près d’une rivière.

°

le printemps se lève
dix quarts de vieux riz
au nouvel an

(Nouvel an, 1684)

NB : Les disciples de Bashô étaient dans l’obligation de veiller à ce que sa gourde de riz restât pleine, en rétribution de ses services. Bashô se sentait bien entretenu parce que ses élèves lui avaient donné plus que ce qu’il n’utilisait. Ce verset utilise le contraste technique entre le nouvel an et le vieux riz. La première séquence du poème disait « comme je suis riche ». La révision ajoute un mot de saison et supprime le commentaire émotionnel.

°
(Dans la maison de Chiri à Asakusa :)

la soupe d’algues
montre de tels talents
dans un bol décoré

(printemps 1684)

NB : Asakusa était renommé pour ses alguesnori, largement consommé au Japon, et qu’on utilise de nos jours pour enrober les sushi. Le asagi wan était un bol décoré de fleurs et d’oiseaux en rouge et blanc sur un fond bleu clair.

°
(Bunrin m’a envoyé une peinture du Bouddha quittant la montagne, que j’ai placée sur mon autel.)

gloire au Bouddha
sur un piédestal d’herbes
quelle fraîcheur

(été 1684)

NB : Bunrin était un des élèves de Bashô. La plupart des peintures représentent le Bouddha sur des fleurs de lotus, mais Bashô ne peut utiliser que de l’herbe pour piédestal. Le poème peut aussi signifier qu’au lieu d’un autel en bois, celui-ci n’était fait que d’herbes tissées ou nouées.

°

N’oubliez pas
de profiter de l’air frais à
Sayo de Nakayama

(été 1684)

NB : Cette strophe fut offerte à Fûbaku, employé du sanctuaire d’Ise, alors prêt à faire le voyage de retour pour son travail. Sayo no Nakayama (« Centre des Montagnes ») était un des lieux, sur la route du Tôkaidô, célèbre parce que Saigyô, comme d’autres poètes avant lui, évoqua l’endroit dans un de ses poèmes.

°

(à suivre : 191-1012)

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