Les 1012 haikai de Bashô – 170-175 )

°
(Un prêtre en chapeau. D’où vient-il et vers où voyage-t-il ? Le propriétaire de la peinture dit que cela représente une scène de mon voyage. Par conséquent le pauvre cavalier errant devrait faire attention à ne pas tomber.)

un cheval avançant lentement
voyant une peinture de moi
dans un champ estival

(été 1683)

°

le coucou
a taché le poisson
je suppose

(été 1683)

NB : Le hototogisu, comme notre rossignol, était réputé cracher du sang quand il chantait trop. Le katsuo (« bonite artique », Euthynnus pelamis) était un des symboles de l’été. Bashô vivait dans la maison d’un homme très riche, le conservateur en chef du clan Akimoto, de sorte que les mets délicats qu’on lui proposait lui semblaient étranges après la nourriture simple à laquelle il était accoutumé.

°

à la porte de l’auberge
une carte de visite pour t’annoncer,
coucou

(été 1683)

NB : Quand un seigneur féodal ou un noble de la cour séjournait dans une auberge de poste officielle, on écrivait son nom sur une tablette à l’entrée. Le jeu de mots concerne to no kuchi, qui était aussi le nom d’une jetée où les bateaux s’amarraient sur le lac Inawashiro. L’idée du poème est que le chant d’un oiseau était la réclame postée à l’entrée de l’auberge pour annoncer sa présence royale. Il est aussi impliqué que « la bouche de la porte » parlait avec la voix de l’oiseau.

°

agitant une écharpe blanche
la biche s’approche du cerf
l’île d’Oga

ou :

agitant leur aileron
les bonites s’approchent
de l’île d’Oga

(été 1683)

NB : Ce verset a deux sens différents à cause de hire (« vêtement semblable à une écharpe portée autour du cou des femmes » aux ères Nara et Heian, ou un « aileron », une nageoire »). Mejika peut signifier une « biche », un « jeune thon » ou une « jeune bonite ». Les biches signalent leur disposition à l’accouplement en agitant l’intérieur blanc de leur queue. Oga n’est pas vraiment une île, mais une péninsule dans la préfecture d’Akita. Elle était réputé pour ses bonites, pas pour ses thons.

°

(Parlant pendant son sommeil près d’une belle-de-jour :)

devrait-on rire ou pleurer
quand ma belle-de-jour
se fane ?

(été 1683)

NB : Pour ce poème, le compte est de 9/7/5 onji. L’ajout de waga (« mon ») a poussé certains érudits à considérer que Bashô se référait avec humour à une certaine partie de son corps.

°
(La fleur-de-midi est forte et brave)

même dans la neige
la fleur-de-midi ne s’étiole pas
au soleil

(été 1683)

NB : La hirugao (« visage de midi ») est le liseron, qui a une fleur très semblable à la belle-de-jour.

°

(à suivre : 176-1012)

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