Les 1012 haikai de Bashô : 120

sur une branche nue
un corbeau est descendu
le soir d’automne

(automne 1680)

NB : Ce verset utilise la technique comparative. L’atterrissage du corbeau sur une branche nue est semblable à la manière dont arrive le soir d’automne. Le problème pour le traducteur est de trouver un verbe qui s’applique à la fois au corbeau et au soir d’automne qui descend. La dernière ligne peut se traduire par « tard dans l’automne » et garder la comparaison. Dans une version antérieure de ce poème, écrite sur une peinture de sept corbeaux et vingt oiseaux supplémentaires dans le ciel, Bashô possédait une unité sonore de plus, ya, en deuxième « ligne ». Cette version contenait aussi le verbe tomari-taru à l’imparfait. Cette révision-ci gardait un corbeau, qui représentait tous les autres, et mettait le verbe au passé. Les professeurs de haïku croient si souvent que le poème doit être au présent. Cependant, dans cette révision, Bashô, en rebelle, met le poème au passé. Cette strophe, et elle « de la grenouille », sont ses plus célèbres. Vers la fin de sa vie, Bashô dit : « La poésie des autres écoles est comme une peinture en couleurs. La poésie de mon école devrait s’écrire comme si c’était une peinture à l’encre noire. » Bashô et Kyoriku, son disciple, firent tous deux des peintures pour accompagner cette strophe, qui ne représentaient qu’un corbeau.

°

(à suivre : 121-)°

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