Les 1012 haikai de Bashô – 76-80)

°

saison des pluies
la phosphorescence marine
tenue par le veilleur de nuit

(été 1677)

NB : On considérait que la phosphorescence de la mer, en été, était la lumière offerte au Bouddha par le dieu des dragons. Des Bantarô (« veilleurs de nuit ») étaient employés pour surveiller feux ou voleurs, la nuit. Selon des notes qui concernent ce poème, il a tant plu que les lanternes de nuit des veilleurs semblent être la phosphorescence marine ou les offrandes des bougies au dieu dragon.

°

moustiquaire d’Ômi
des vaguelettes de transpiration viennent
cette nuit dans le lit

(été 1677)

NB : Ômi était une province du lac Biwa, célèbre pour la manufacture de moustiquaires.. On dirait que par cette nuit chaude, Bashô transpire tellement qu’il se sent allongé dans un lac qui a des vaguelettes, comme l’endroit où est fabriqué la moustiquaire. Il fait plus chaud sous la moustiquaire, mais le peu de fraîcheur gagnée en ne s’y mettant pas est perdu à cause des piqûres des insectes qui en résultent.

°

du sommet de l’arbre
la vacuité tombée
d’une mue de cigale

(été 1677)

NB : On met souvent les auteurs en garde pour qu’ils écrivent leur haïku au temps présent, mais en voici un de Bashô écrit au passé. Le poème est intéressant parce qu’il n’observe pas la chute de la mue, mais la vacuité qui s’y trouve.

°

Se trompant :
trouvant du maïs au lieu de
roseau sous l’auvent

(été 1677)

NB : Ceci est une référence humoristique à une situation du Dit du Genji, où une femme trompe Genji qui essayait de la violer, en roulant loin de lui dans l’obscurité. Dormant près d’elle, cependant, se trouvait sa belle-fille, Roseau sous l’Auvent. Seulement après qu’il est tombé sur la belle-fille et en a abusé, s’aperçoit-il qu’il a été berné par la femme qu’il adore, et qu’il a assailli la mauvaise. Les plants de maïs ressemblent à de grands roseaux.

°

l’automne est arrivé
venant visiter mon oreille
un oreiller de vent

(automne 1677)

NB : Ce poème est très lyrique pour un haïku. Il se pourrait que Bashô était en train d’étudier d’anciens waka, ce qu’il admit faire souvent, et se retrouva donc à écrire plus dans le style du tanka que dans celui du haïkaï.

°

(à suivre, 81-1012)

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