Les 1012 haikai de Bashô – 64-70

°

une lune d’été
partant de Goyu
arrive à Akasaka

(été 1676)

NB : Des 53 auberges de la grande route de Tôkaido, les deux villes les plus proches étaient Goyu et Akasaka, distantes d’un mille. L’idée du poème est qu’à cause de la brièveté de la nuit d’été, et non de la distance entre les deux villes, la lune se lèverait au-dessus de toutes deux presque en même temps.

°

Un vent de Fuji
placé ici sur un éventail
souvenir de Tokyo

(été 1676)

NB : On considérait qu’il était particulièrement élégant, et traditionnel, d’offrir un cadeau placé sur un éventail, plutôt que touché par une main. Ayant peu à donner, Bashô n’offre que la fraîcheur que l’éventail lui-même peut apporter à son hôte.

°

faisant deux cents milles
la distance sous les nuages
pour profiter de la fraîcheur

(été 1676)

NB : La mesure de distance était le « ri », approximativement quatre kilomètres. L’ambiguïté du poème laisse à deviner si ce fut Bashô, ou l’air frais qui franchit cette distance ; s’il venait des nuages jusque dans la vallée d’Iga-Ueno, ou si l’air frais venait des hauteurs plus grandes des nuages.

°

contemplant une lune de montagne
rarement vue aussi clairement
dans le vieux et sale Tokyo

(automne 1676)

NB : Ceci fut le verset de départ d’une séance de renga sponsorisée par Kuwana dans la résidence de Watanabe.

°

sur les balances
Kyoto et Tokyo soupèsent
mille printemps

(Nouvel An 1676)

NB : Bashô compare Kyoto où il avait vécu, à Tokyo, où il vivait maintenant. Le printemps arrive mille fois, ou éternellement.

°

décoration des pins
quand je pense aux trente années
de Nouvel An soudain

(Nouvel An 1677)

NB : Au Japon, beaucoup de gens placent encore des branches de bambou ou de pin à l’extérieur de leur porte, pour le Nouvel An. Bashô avait alors 34 ans. Selon la croyance chinoise, un homme devenait adulte à trente-et-un ans.

°

c’est un poème qui débute
le nom du maître de renga
chez lui pour le Nouvel An

(Nouvel An 1677)

NB : Bashô était devenu sôshô (« maître professionnel de haikai-no-renga »). La ligne centrale se constitue du nom de famille de Bashô : Matsuo, et de son « nom de plume » d’alors : Tôsei (« pêche verte »).

°

(à suivre : 71-1012)

Publicités

Étiquettes : ,

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :