Les 1012 haïkaï de Bashô – 46-53

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étoiles dans les yeux – souhaitant voir les fleurs sur les cerisiers pleureurs

(automne, année inconnue)

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Ah cette vie ! des patates douces encore – la source de la lune des moissons

(automne 1672)

NB : « imo » (« patates douces ») et « dane » (« graine ») forment un jeu de mots du sens de « source ».

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des lettres, oui, pas des feuilles colorées d’automne ratissées – brûlées après lecture

(automne, année inconnue)

NB : Jeu de mots sur « iroha » (« les trois premières des unités sonores japonaises, ou a-b-c (signifiant aussi « feuilles d’automne colorées »). De plus « kaki » (« écrire » et « ratisser » ou « griffer »). « kachu dome » signifie « brûler après lecture », note quelquefois ajoutée à la lettre.

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dans la bouche de chacun la langue des feuilles rouges de l’automne

(automne, année inconnue)

NB : Le jeu de mots naît de l’idée de dire « dans la bouche de tout un chacun », quand tous parlent de la même chose. La comparaison entre les feuilles rouges et une langue rouge complète l’image.

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Les regarder me fait presque m’abandonner aux fleurs prostituées

(automne, année inconnue)

NB : L' »ominaeshi » (« fleur vierge », Patrinia scabiosaefolia) porte de longues tiges de petites fleurs jaunes à l’automne. Écrit en caractères chinois, le nom signifie « fleur prostituée », de sorte que la jeune fille peut être chaste ou putain.

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aujourd’hui, la nuit n’a pas de temps pour dormir – contemplation des fleurs –

(automne, année inconnue)

NB : Parodie ou réécriture du 28è tanka des Contes d’Ise.

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voyez la forme – encore immature de la nouvelle lune de ce soir

(automne, année inconnue)

NB : C’est une « honki-dori » (« référence littéraire ») à un waka du Dit du Genjidans lequel l’expression « mada katanari » est employée pour se référer à une enfant « pure » parce qu’elle n’est pas encore assez grande pour s’accoupler. « yoi zukiyo » est la « jeune nouvelle lune qui n’apparaît que tôt le soir puis disparaît ». En corrélation avec une jeune fille envoyée se coucher de bonne heure.

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séparée par des nuages, l’oie sauvage vit pendant un moment loin de son ami

(automne 1672)

On suppose que Bashô fait référence à son ami Magodayû, qui vivait à Iga. « kari » signifie à la fois « oie sauvage » et « temporairement ».

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(à suivre : 54-1012)

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