Archive for octobre 2011

oui, oui, (: de foi)

24 octobre 2011

°

oui, oui,
le haïku
c’est Zen !

°

d.(23/10/11)

Publicités

Aux zoorties, Descartes ! – Kyôku

24 octobre 2011

°

le haïku ce n’est
ni « je » ni « pense » :
Descartes aux orties !

°

d.(24/10/11)

Kyôku consommacteur (/ haïcumule ?) + Descartaïku :

24 octobre 2011

°

je dépense donc
je suis donc je dépense
donc je suis donc je

°

d.(24/10/11)

°

j’écris donc je pen-
se donc je suis donc je pen-
se donc j’écris donc

°

« nombrilaïku » poétiques – (kyôkus)

24 octobre 2011

°

j’écris en écou-
tant battre mon coeur, en re-
gardant mon nombril …

°

p.s. : il se polit le japonais ?

d.(24/10/11)

°

je me pense, je
m’écris, je suis, (je me po-
lis le japo-nais)

°

je pense donc je
jouis donc je pense donc je
jouis donc je pense

°

je me fais relui-
re le haïku, je me mas-
turbe le cerveau…

j’onanise mon haïku

°

le « Descartaïku » : Kyôku contre

24 octobre 2011

°

ceux qui écrivent
du Descartaïku : à coups
de « je » et de « pense »…

°

d.(24/10/11)

Square René et Henri Druart – Reims

23 octobre 2011

°

ce midi
déjeuné dans le square
René et Henri Druart
(1888-1961) (1902-1979)
Erudits Rémois Hommes de Lettres

°

21 octobre

°

entre les rues
Libergier, Hincmar et Chanzy
: le square René et Henri Druart

°

avec mon téléphone
photographié
plantes et fleurs
du square
René et Henri Druart

°

après 10 ans à Reims
par hasard trouvé
le square
René et Henri Druart
(frères haijins rémois
du début du XXè siècle)

°

au bout de son épée
Jeanne d’Arc avait un pot de fleurs,
parvis de la cathédrale

°

d.(Reims, 21/10/11)

haiku de Chuck Brickley

20 octobre 2011

outside the pub
the sailor faces
the wind

hors du pub
le marin
face au vent

Chuck Brickley, in The Haiku Anthology, C. van den Heuvel, Norton Ed. 1999.

Tierra de nadie – 62 – Salim Bellen

20 octobre 2011

°

Zazen
j’écrase la puce
et je salue*

°

Salim Bellen, in Tierra de nadie, 62.

* or.: « faire gassho » (= « paumes des mains jointes », geste bouddhiste d’union, de respect et de reconnaissance, commun à diverses civilisations dans le monde.)

Haïkus d’avant la mort – GODO, GOFU, GOHEI, GOHEI.

20 octobre 2011

°
GODO
(mort en 1801) :

les chrysanthèmes étaient jaunes
ou blancs
jusqu’à l’arrivée du givre

°
GOFU
(mort le 18è jour du 8è mois de 1771, à 38 ans)

mada akanu yo o akikaze no yukue kana

je ne suis pas encore
lassé de ce monde – où soufflent
les vents de l’automne ?

(Note de Yoël Hoffmann :
il y un un jeu de mots dans ce poème.
aki est une forme du verbe aku, « se lasser ». aki signifie aussi « l’automne ». Kaze signifie « vent », donc akikaze peut signifier « vent d’automne » ou « vents las ».)

°
GOHEI
(mort le 2è jour du 2è mois de 1808, à 62 ou 63 ans)

deuxième mois :
les fleurs de prunier gonflent
je disparais

°
GOHEI
(mort le 7è jour du 7è mois de 1819)

une seule feuille de paulownia
tombe à travers
l’air pur de l’automne

(Note de Y. Hoffmann : « une seule feuille de paulownia » apparaît dans la poésie chinoise ancienne comme image de saison pour la première partie de l’automne.)
°

Haiku d’Ozaki HÔsai – « Windows » (8)

17 octobre 2011

°

parlant de la réalité
les kakis tombent

°

la balle rebondissante disparaît
dans le crépuscule sombre

°

le buvard n’absorbe plus

°

la lumière de l’hiver frappe à la porte fermée

°

sur la montagne
la neige fondante
dénude des branches desséchées

°

la porte ouverte du zoo dans la neige

°

comme la terre gèle
même les insectes disparaissent

°

un visage haï ressurgi ;
tapant dans des cailloux

°

le ciel tombe –
frappé à la tête
par une feuille

°

un lac gelé
dans l’enceinte du temple

°

le moineau du temple s’agite ;
son gruau matinal a diminué

°

le tiroir ouvert est vide

°

le cosmos surplombe
la cabane

°

un journal local
vite lu

°

le jour qui suit la pluie
les herbes sont faciles à arracher

°

un aperçu de la mer
d’une petite fenêtre

°

une libellule s’arrête à mon bureau solitaire

°

fleurs épanouies
à vendre

°

des pierres dans le vent d’automne
parlent de la naissance d’un enfant

°

la mer projette la lumière du couchant sur les montagnes ;
nulle part où se cacher

°

au milieu de la nuit
traquant cette unique puce

°

l’hibiscus
à son extrémité
soufflé par le vent

°

le bébé qu’on endort
pendant le festival

°

combien de temps cette main va-t-elle battre le tambour ?

°

avant l’aube
le corbeau mouillé s’envole

°

une prostituée regarde l’enfant attraper des grenouilles

°

je reconnais le bruit
de moineaux qui marchent
sur le matelas de bambou

°

bateau après bateau arrivent ;
une île

°

n’ayant pas de bol
je reçois dans mes deux mains

°

même toussant
seul

°

je connais ces yeux
sous la capuche enneigée

°

sortant de l’accalmie du vent
des aiguilles de pins dérivent

°

pas de fleurs sur les tombes
ces jours-ci

°

une fenêtre ouverte, une face hilare

°

emmenant l’enfant
aux ruines du château

°

un aveugle sur la route ventée

°

même pas un percepteur ne vient ;
seul la veille de l’an

°

sortant de la pluie
un bateau accoste

°

vent de la montagne
descendant

°

une montagne déserte
restes
du soleil couchant

°

même dans la pauvreté
un rang de pots de fleurs

°

la gelée fond
les oiseaux brillent

°

de derrière la montagne printanière
apparaît de la fumée

°

chair flétrissante
os nourrissants

°°°

Ozaki Hôsai, in Windows, pp.141-146.
(fin de ‘Windows’ : une sélection de haïkus de forme libre d’Ozaki Hôsai, traduits et présentés par Stephen Wolfe, 1977.)

tr.fr.: dp.