« Windows » : haïkus de Ozaki Hôsai (7)

°

l’aube éclaire la mer ;
une fenêtre s’ouvre

°

avec des enfants ;
les vagues se brisent à nos pieds

°

les arbres de l’aube
amortis *
par le train qui passe

* / humectés

°

la mer noire dormant ;
atteignant une auberge

°

un cri soudain
s’enfuyant
dans la nuit

°

gelée épanouie –
une fleur
et son ombre

°

je passe devant des cloches du soir qui sonnent

°

la lumière du soleil qui éclaircit la neige
frappe
la voix des enfants

°

crépuscule du nouvel an
tranquillement
allumant une lampe

°

comme les jours rallongent
la fumée du soir s’allège *

* / s’éclaircit

°

seulement pour le travailleur du rail
la terre de l’aube est dure

°

lumière froide
pénétrant dans
la forêt de bambou

°

des vendeurs de poissons expectorant
le soleil

°

quand elle me masse
à quoi pense-t-elle ?

°

sur la vieille table
une fleur rouge
du festival

°

profondeurs montagneuses
mots intimes

°

le couchant balaie le ciel
d’un seul coup

°

pins éclairés par le soleil
tombes dans le sable

°

des cloches qui sonnent
percent
les cieux du typhon

°

enterrement
pris
dans le crépuscule

°

mes pas
emplissent
le champ desséché

°

un nouveau chapeau de paille ;
vent de midi à travers les lys d’eau

°

un navire au loin repéré ;
son pont d’après-midi déserté

°

derrière l’homme qui balaie les feuilles
une route inconnue

°

tous les bateaux partis,
restent les montagnes couvertes de neige

°

regardant mon ombre solitaire bouger

°

fleurs flottant
près du vieux pont

°

seaux d’eau printanière
à deux mains
sur la route sombre

°

reste oublié
un parapluie noir

°

à travers le froid
des feuilles qui tombent atterrissent
au bord de l’eau

°

ayant nettoyé la pierre tombale,
je m’évente

°

oubliant le rêve matinal
j’arrachai des mauvaises herbes

°

examinant ma conscience ;
libérant tout dans la mer

°

ratant son but
le clou est tordu

°

le corbeau silencieusement s’envola

°

lune de midi comme un mensonge pieux *

* en anglais : « white lie » = « mensonge blanc »

uso o tsuita yôna hiru no tsuki ga aru

°

des graffitti sur le mur des toilettes
automne bienséant *

* ? (= « becoming »)

°

on dirait que les fourmis ne sortent plus de leur trou

°

incapable d’enfiler l’aiguille
regardant le ciel bleu

°

dévisagé
par un borgne

°

: Ozaki Hôsai in Windows, pp.135-140

°

°

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