‘Windows’ ( « Fenêtres ») – Stephen Wolfe : sur Ozaki Hôsai

WINDOWS,
une sélection des haïkus de forme libre d’Ozaki Hôsai,
traduits par, et avec une introduction de
Stephen Wolfe
, le 11 février 1977.

°

un corbeau s’arrêta
sur une branche dénudée ;
crépuscule d’automne

Bashô.

le corbeau en silence s’envola
Hôsai.

°

La vie d’Ozaki Hôsai

La vie d’Hôsaï, encore plus que sa poésie, fut d’une grande intensité. Il naquit en 1885 et mourut quarante-deux ans plus tard, en 1926. Après être sorti diplômé de l’Université de Tokyo, première université du Japon, il commença à travailler pour une compagnie d’assurance-vie et monta régulièrement les échelons de la hiérarchie jusqu’à ce qu’un jour il décida de tout arrêter : travail, famille, vie courante, pour trouver l’illumination.
Sa première tentative pour atteindre l’éveil spirituel eut lieu en 1923, quand il rejoignit la nouvelle religion d’alors, appelée Ittôen, une secte sévère basée à Yamashina, dans les faubourgs de Kyoto. Au cours de mes recherches pour cette étude, je m’en fus voir la communauté Ittôen pour essayer de glaner quelques informations sur la vie d’Hôsaï en leur sein. Personne ne savait rien à propos de son séjour là-bas, mais je trouvai quel genre de vie menaient les premiers membres de la secte. Ils menaient une vie de mendicité religieuse, « takuhatsu », qui était plus stricte que celle de la plupart des moines bouddhistes. D’habitude les moines bouddhistes errants tendaient leurs bols à mendier, « teppatsu », en espérant recevoir la charité. Dans la religion Ittôen il fallait remplir des tâches serviles, telles que nettoyer des toilettes, avant de pouvoir recevoir quelque chose. Il n’était pas rare de passer un jour sans nourriture. Les poèmes de cette période montrent les signes des changements initiaux du haïku traditionnel en haïku de forme libre chez Hôsaï.
En 1924 Hôsaï quitta Ittôen pour joindre Sumadera, un temple à l’extérieur de Kobe. Peu après, il vagabonda en Corée et en Manchourie, tout en écrivant une poésie qui était le reflet de ses voyages d’ascète.
En 1925 il atteignit Shôdoshima, une île de la mer intérieure, et vécut une vie isolée, ascétique, dans une cabane. C’est là qu’il passa la dernière année de sa vie avant de mourir dans les bras de quelques pêcheurs.* Les poèmes qu’il écrivit à Shôdoshima étaient brefs et directs, et sont peut-être ses plus pénétrants.

* : R.H. Blyth, A History of Haiku, Vol. II (Tokyo : Hokuseido Press, 1964), p. 158.

°

Seisensui et Hôsaï

(à suivre…)

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