Haïku du haïbun « La poupée de la santera » – Salim Bellen

°

Le papillon
entre par une fenêtre
sort par une autre

La crèche indigène
le totem sur l’étagère
et le crâne humain

Bruissement de l’eau;
même au coeur de mon sommeil
la rivière coule

Lente digestion ;
aux quatre points cardinaux
les quatre hamacs

Contre le miroir
la poupée de santera
sur un zafu bleu *

* : coussin de méditation (za)zen

Le vent débarrasse
ici à longueur d’année
l’arbre de ses feuilles

Assis en zazen
nous demeurons sur la pierre
les trois chiens et moi

Chambre des enfants
nous dormons profondément
avec les poupées

L’enfant comme moi
va s’asseoir sur une pierre
avec son panda

Montant sur la pierre,
« Est-ce que tu sais voler ?! »
me dit la fillette

Forêt tropicale;
sous le feuillage sans bruit
il pleut des cordes

Je tiens son panda ;
agrippée à une liane
l’enfant se balance

Les deux perroquets
criaillant de branche en branche
empêchent ma sieste

Le bois de bambous
balance sa chevelure ;
moi dans le hamac

°
Salim Bellen
(Mercredi 3 janvier (2007),
pp.139-141, in Le singe renifle en décembre, haïbuns.

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