Haiku : A Poet’s Guide – Lee Gurga – (5)

p.13 :

L’ART DU HAIKU

Un haïku doit être dépourvu d’artifice, mais pas d’art.
R.Spiess : Spéculations pour le 24 janvier.

Ce que nous expérimentons dans notre vie quotidienne est matière à haïku. Parce qu’un haïku est un poème, les mots sont le matériau de sa composition, et nous devons considérez comment les mots s’imbriquent pour créer une expérience-haïku pour le lecteur. Les mots que nous utilisons ne doivent pas seulement peindre une image satisaisante de l’expérience pour nous, mais doivent le faire d’une manière que le coeur des autres gens soit touché. Selon Robert Lowell, « un poème est un événement, pas le compte-rendu d’un événement. » Ceci, bien sûr, est un idéal rarement atteint dans n’importe quelle forme poétique, mais se familiariser avec la technique du haïku aidera les poètes dans leur compréhension du genre d’événement qu’est le haïku.
Comment faire, pour faire d’un haïku individuel un événement ? On crée le haïku avec deux ingrédients : une expérience et l’expression de cette expérience en mots après qu’elle est passée par le coeur du poète. En plus, puisque le haïku est un genre de poésie, il y a un élément d’habileté verbale qui joue. C’est le mélange de l’observation attentive (l’expérience) et d’habileté exquise (l’expression) qui fait du haiku même un événement. Ecrire du haïku demande, d’abord, que nous cultivions nos pouvoirs d’attention et de perception afin de ne pas rater le moment de l’expérience, et, deuxièmement, que nous cultivions notre compréhension des techniques du haïku, afin de pouvoir les utiliser pour transformer un simple compte-rendu d’expérience en un poème dgne d’être partagé.
Dans son livre Haiku in English (Haïku en anglais), Henderson décrit quatre règles générales du haïku japonais et propose que les écrivains de haïku en anglais devront explorer chacune d’entre elles pour les adapter à leur propre langue. Ces règles concernent la forme, la référence à la nature, la concentration sur un événement spécial et la présentation de cet événement au temps présent. De plus, il discute de l’usage de la technique fondamentale au haïku de la comparaison interne, dans laquelle les deux parties qui forment un haïku interagissent imaginativement l’une avec l’autre. Kuriyama fait ressortir que la technique de coupe divise le poème en deux parties. C’est cette « coupe » qui rend possible cette comparaison interne qu’Henderson considère comme étant la technique la plus vitale du haïku.
Il y a donc cinq éléments principaux dont l’écrivain de haïku doit se préoccuper : la forme; la saison; un événement précis au présent, auquel on se réfère souvent comme étant le « moment-haïku » ;
la « coupe » ou césure ; et la comparaison interne. On traitera en détail de ces considérations par la suite. (La coupe et la comparaison interne seront traitées dans le chapitre sur la juxtaposition.) Comme Kuriyama l’écrit (80), « Le haïku dans n’importe quelle langue, si on doit l’appeler haïku, doit prendre en considération les caractéristiques du haïku en japonais, et contenir au moins quelques unes de ces caractéristiques à au moins un certain degré. » Henderson (28) appuie plus fortement encore : le haïku en anglais « ne peut pas trop différer [du haïku japonais] pour être encore du haïku. »
Les poètes qui entreprennent la discipline du haïku doivent garder en tête tous les points à l’oeuvre dans l’écriture de la poésie, aussi bien que les principes esthétiques qui ont imprégné le genre depuis l’épque de Bashô, il y a plus de trois cents ans. On peut les accepter ou les rejeter, mais la position de chacun doit se faire à partir de leur connaissance. Commençons, alors, avec la forme, l’aspect peut-être le plus mal compris du haïku.

La Forme

« Une des « moindres raisons » pour lesquelles les haïku sont si brefs est qu’en eux est inhérente la vérité selon laquelle : « si les mots sont bons, les mots néanmoins sont une rupture du silence qui est encore meilleur. »
Robert Spiess : Spéculation n° 241.

Parce qu’on parle souvent du haïku comme d’une « forme », nous passerons un temps considérablesur ce sujet. Quelle forme, le cas échéant, est la plus appropriée pour le haïku de langue anglaise ? Chacun est d’avis qu’un haïku doit être court. Yasuda (30) écrit : « le nombre de syllabes qu’on peut prononcer sur un souffle forme la longueur naturelle du haïku. »

Le haïku 5-7-5

(à suivre…)

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