Haiku, etc. de Py, juin 2011, 3/3

°

lavande :
systématiquement
sa main
dans leur parfum

passant devant
« le jardin fleuriste
de Marie-Antoinette »
interdit
au public

(Sèvres)

premier jour de l’été
sur le banc du parc
une coccinelle endormie

sur le dos du banc vert
une coccinelle dorée
s’éveille

, tourne,

feint de s’envoler

: seule une de ses ailes sort
de sa carapace,
qu’elle range ensuite,
à nouveau.

au pied d’un banc
du parc de Sèvres
le magazine « A nous Paris »

sous l’arbre recevant
une volée de fruits verts :
premier jour de l’été

étonné
que dans ce livre de haïkus
ne vienne pas un insecte
ce premier jour de l’été

ivre
au premier jour de l’été
un papillon
s’élève
à hauteur d’arbre

jour de la Fête de la Musique :
sur le banc
à l’écoute :
oiseaux
et moteurs d’engins

le long du tracé de la Seine
le vrombissement
d’un hélicoptère

coléoptères,
hélicoptères :
le premier jour de l’été

le carnet de haïkus (?),
notes, poèmes…
se termine :
premier jour de l’été

sur le Guide
du Domaine National,
un petit insecte,
brièvement

premier soir de l’été
entre les arbres
un papillon
se faufile

premier soir de l’été
un chien trottine
dans l’allée

sur mon pantalon beige
un insecte
minusculement
marche

entre deux planches
de l’aire des boulistes
un liseron
passe le bras

le ciel craque un peu
la pluie commence à tomber
entre les sifflets de l’oiseau

la pluie
débouche parfois
les petits losanges
de la plaque métallique

de Matsushima
à Fukushima,
Ah !

(en passant par
Hiroshima !)

un rustre
tenant un bouquet
– ah, tendresse !

après Matsushima,
après Hiroshima,
après Fukushima,
quoi ?

: Sarkoshima ?

tant et tant et tant
bour

sur le toit plat
toujours
ce talon haut

(Issy-Val de Seine)

un moustique
et mon bras
– le temps qu’il y fut

(Bashôtage…)

les parenthèses
refermées
de l’étang

L’écriture est une recherche
d’expression,
un chemin, un essai,
une tentative /(une tentation)

L’encre creuse le sens

la mine avance dans la craie
dans le blanc
dans le papier

le crayon creuse sa mine
sa galerie

la maladie d’écrire,
la « diarrhée verbale » …

une fourmi
galante :

laisse passer
l’orage

… et puis,
au bout d’une galerie d’encre,
une pépite de sens…

le trésor (aveuglément) cherché !

tirant toute la couverture à lui,
se couvrant de ridicule…

ouvrant le livre :
un si bémol

(29/30-6-11)

garder le mystère du / au haïku

dix-sept places de parking
au nouveau Centre Médical,
et un amateur de haïkus

(un) agent de la circulation du haïku…

ceux qui meurent
enroulés autour d’un arbre
le premier jour de l’an

les toutes premières culottes
de la voisine
sur son fil

le vertige
du vide

du rien
du silence
du néant

où nous aboutirons,
[néons]

les haïkus surprenants,
illogiques,… mystérieux,…

le silence assourdissant
des fuites radioactives

comme précisé,
j’envoyai mon poème
à la date limite
du 31 juin

une licorne ailée blanche
s’approchant
dans un ciel tout gris
C’est tout

(30/6-1/7/11)

°

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