52 HAIKU + 1 waka de la préface au tome IV – Blyth – p.994-1010

°
(p.994 :)

dans la vallée,
avec la jeune truite
une feuille du bambou nain
s’éloigne

Buson

calme –
des sommets de nuages
au fond du lac

Issa

devant et derrière
le Jizô Bosatsu *
des oeillets fleurissent

Issa

* Jizô est le saint patron des enfants et des voyageurs .

rosée blanche ;
au-dessus du champ de pommes-de-terre,
la Voie Lactée

Shiki

°
(p.995 :)

averse estivale –
des aiguilles de pin vertes
fichées dans le sable

Shiki



les feuilles du paulownia
toutes tombées :
les lotus en fleurs

Buson

sous l’averse printanière
mare et rivière
se sont unies

Buson

la tempête d’automne
a cessé ;
un rat nage sur la rivière

Buson

°
(p.996 :)

camélia
tombé dans l’obscurité
d’un vieux puits

Buson

dépassant la berge,
la voile effrayante,
les jeunes feuilles !

Buson

impressionnant !
pas une feuille ne bouge
dans le bosquet estival

Buson

pendant la nuit courte
s’est ouverte
la pivoine

Buson

°
(p.997 :)

en gaulant les prunes vertes,
des feuilles vertes
tombent

Buson



on voit bien le fond,
on voit bien les poissons –
profonde est l’eau de l’automne

Buson

l’eau claire :
pas assez pour une gorgée,
mais quelle merveille !

Buson

comme est calme
le verger de kakis
sous la lune ventée !

Buson

°
(p.998 :)

sur un arbre dénudé
crisse une cigale ;
les nuages menaçants

Buson

les fleurs de deutzies
tombent sur les larges feuilles
de tussilage

Buson

canards mandarins ;
une fouine épie
la vieille mare

Buson

les chrysanthèmes fanent,
une belette regarde
les poules

Shiki

chassant à coups de pieds
un renard voleur de riz ;
l’automne de l’orge

Buson

°
(p.999 :)

au milieu
de la pluie du printemps
coule
une grande rivière

Buson

l’eau du bain,
où puis-je la vider ?
la voix des insectes

Onitsura

Où mener mon cheval
dans la rivière Saho ?
Des chrysanthèmes blancs
se reflètent
sur les galets

Kageki (1768-1843)

une brise souffle
sur les poils de maigres flancs :
changement d’habits

Buson

°
(p.1000 :)

quand un pétale s’envole, le printemps s’achève

Tohô

dans les champs,
avec les oiseaux
je serai entouré de brume

Chora

bras et jambes, allongé,
quelle fraîcheur,
quelle solitude !

Issa

°
(p.1001 :)

été dans le monde ;
flottant sur les vagues
du lac

Bashô

sauterelle,
sois la gardienne du cimetière,
à ma mort !

Issa

seulement vivants,
tous deux : moi
et le coquelicot

Issa

(au jardin)

un papillon vint
et s’envola
avec un papillon

Issa

cueillette de champignons ;
levant la tête :
la lune sur la montagne

Buson

°
(p.1002 :)

tourne-toi de ce côté ;
je suis seul aussi,
ce soir d’automne

Bashô

la lune prête à sortir :
tous sont là ce soir,
les mains sur les genoux

Bashô

°
(p.1003 :)

grêlons au sol ;
les « grues nocturnes » * rentrent
aux rayons de la lune

Issa

* = prostituées du rang le plus bas.

les cueilleuses de thé
cachées dans les buissons,
entendent-elles aussi
le coucou ?

Bashô

°
(p.1004 :)

ces violettes !
comme les courtisanes doivent vouloir
voir les champs du printemps !

Ryôto

pluie d’été ;
les murs avec leurs derniers tableaux
pèlent

Bashô

je m’en vais,
tu restes :
deux automnes

Buson

°
(p.1005 :)

le colporteur itinérant :
nous dépassant
sur la lande estivale

Buson

lune des moissons –
cherchant le maître de céans :
il arrachait ses pommes-de-terre

Buson

le guide de montagne
ignore simplement
les fleurs de cerisiers

Buson

un palanquin passe,
transportant un malade :
l’automne de l’orge

Buson

°
(p.1006 :)

une brise fraîche –
la sauterelle chante
de toutes ses forces

Issa

une fleur inconnue
de l’oiseau et du papillon,
le ciel d’automne

Bashô

soir d’automne :
la vie a ses limites
mais aussi
ses moments de loisir

Buson

°
(p1007 :)

le papillon
parfume ses ailes
du parfum de l’orchidée

Bashô

sa voix s’enroue ;
les dents blanches du singe
sous la lune du mont

Kikaku



chez le poissonnier
les gencives de la brème salée
ont l’air froides

Bashô

où est la lune ?
la cloche a sombré
au fond de la mer

Bashô

°
(p.1008 :)

Si je devais mourir d’amour,
ô coucou,
chante sur ma tombe !

Ôshu *

* : il s’agirait d’une courtisane du quartier de Yoshiwara, à Edo (- dates inconnues)

°
Suit un commentaire, aux pages 1008 à 1010, du furu-ike ya kawazu tobikomu mizu no oto de Bashô :

vieille mare –
le bruit d’une grenouille
sautant dans l’eau

ou encore :

la vieille mare;
le-bruit-d’une-grenouille-sautant-dans l’eau

°

(p: 1011-1130 : suite et fin des haiku d’AUTOMNE – Champs et Montagnes… – à suivre…)

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