AWARE – B. Drevniok – p. 32-36

°
(p.32)
Le haïku n’est jamais un énoncé de cause à effet.
Dans le haïku il n’y a PAS :
d’interprétation poétique,
d’abstraction,
d’intellectuallisation,
de comparaison,
de métaphore,
de personnification.

Dans le haïku, rien n’est comme quoi que ce soit d’autre.
C’est soi-même, seulement.
Rien ne représente quoi que ce soit d’autre. Il est simplement lui-même.
Chaque chose de la nature possède ses propres attributs, sans distortion. Elle s’exprime cependant toujours avec une perception poétique.
(p.33)
Les haïkus japonais classiques
étaient non-rimés, écrits verticalement sur une colonne, en groupes de 5/7/5 « onji », pour totaliser 17 onji (symbole sonore japonais).
On considère que l’expérience-haïku dure « la longueur d’une respiration ». Pour recréer cette expérience, le haïku doit avoir cette même longueur. Ordinairement, on peut prononcer 17 onji d’une seule traite. De cette structure de 17 (5/7/5) onji est née cette mis-conception que le haïku en anglais doit s’écrire de la même manière, bien que les « onji » japonais et les syllabes anglaises soient très différentes les unes des autres. Ainsi, au début, le haïku anglais traditionnel, non rimé, s’écrit à la manière anglaise sur trois lignes, chaque ligne comprenant idéalement une expression complète, avec le compte strict de 17 syllabes (: 5/7/5).
(p.34)
L’on reconnut les différences de langues, et les 3 lignes s’écrivirent ensuite selon la structure rythmique d’une ligne courte, une longue, un courte, non rimées. Chaque ligne, idéalement, contenait une expression complète, en utilisant de une à 17 syllabes au total…
De nos jours, le haïku anglais moderne comporte de grandes variations de formes, mais suit toujours la même directive : l’expérience-haïku et le haïku lui-même ont la même longueur : COURTE !

parfum de brume :
le colibri se nourrit
des pétunias pourpres

: Makato.

(p.35)
L’expérience-haïku
est la relation
de la nature humaine avec la nature –
la nature des choses
les choses de la nature
qui apparaissent
et disparaissent
au rythme des saisons.

Pour exprimer cette relation, les poètes de haïku japonais classiques créèrent un raccourci : le mot de saison, qui donne l’atmosphère.

Parfois directement : ki (la saison), la saison elle-même est nommée : printemps, été, automne, hiver.
(p.36)
Parfois indirectement : kigo (le mot de saison), un thème de saison est employé dans le haïku, et un « mot-de-saison », un objet naturel, nommé « tel-qu’il-est » en cette saison particulière :

« ki » :

brouillard d’automne…
le bouton de rose entr’ouvert se balance –
une araignée blanche

: Makato

« kigo » :

chaleur tôt le matin :
un champignon jaune
brille sous la pluie

: Makato

°
(suite, p.37-)

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