Archive for juillet 2010

taïka et tanku : rien à voir !

27 juillet 2010

°

Après avoir lu l’article de Michael McClintock sur le « taika » (dans « About taika », extraits du Tanka Teacher’s guide de Modern English Tanka – voir :
http://www.modernenglishtanka.com ),

je m’aperçois que ce « taïka » n’est pas du tout la même chose que ce que j’entends par « tanku » ! :

Pour lui, le « taïka » est un tanka, un haïku un peu « prolongé » en 5 vers (ça ne me paraît pas toujours très clair, sa démonstration !),

alors que pour moi le « tanku » c’est un tanka réduit à trois lignes !

où l’on peut à la fois trouver une caractéristique du haïku (par exemple le mot de saison, le plus souvent) avec une caractéristique propre au tanka : l’expression du soi, de ses sentiments… = c’est, autrement dit, une mixture, un pot-pourri des deux, sous la forme brève du haïku !

Voici un exemple que Michael donne du « taïku » :

one flash
and it was gone –
a meteor
at the time of sunset
seen through honeysuckle vines

un flash
et elle avait disparu –
une météore
au coucher du soleil
vue à travers des tiges de chèvrefeuille

(M. MacClintock)

, qu’il commente ainsi : « dans (ce poème) de style « taïka », la voix objective perdure ; les deux dernières lignes développant plus avant l’imagerie de l’unité des trois premiers vers semblables à un haïku.

Mon « tanku », lui, au contraire, introduit au sein des 3 lignes semblables à celles du haïku, un ou des éléments lyriques, subjectifs, qui n’y apparaissent normalement pas, mais qui ont, par contre, habituellement cours dans le tanka :

la chaleur
de son au-revoir
– soir de juillet

(d.p.)

pas insensible à son charme –
le feulement d’un chat
dans la nuit

(d.p.)

, quoique là, le sujet (« je ») n’est pas aussi directement exprimé qu’il pourrait être / qu’il l’est habituellement dans le tanka.

– Dans mon deuxième exemple, la première ligne serait / pourrait être – normalement – dévolue à un tanka, et les deux dernières à un haïku.
– Dans l’ exemple premier, les deux premiers vers pourraient appartenir à un tanka, le dernier à un haïku.

– Reprenant mon dernier exemple, je pourrais très bien le transformer en un tanka (court (?)) :

pas insensible
à son charme –
le feulement
d’un chat
dans la nuit

, puisqu’il est à peu près assez long pour cela; ce que n’est pas le tout premier !

Voilà donc clairement définies les différences entre taïka = un tanka(-ïku) – de 5 lignes, généralement –

et « tanku », un haïku lyrique (!) – de 3 lignes, généralement –

Rien à voir, donc !

voilà,
merci !

d.(27/7/10)

P.S. On pourrait également ranger les « haïkus » de Masajo Suzuki (voir l’anthologie Kemmoku-Chipot Du Rouge aux lèvres, éd. Albin Michel, à partir de la page 75 ou 95 ( ma mémoire me fait défaut : n’arrivant pas à mettre la main sur cet ouvrage ce soir ! -) où nombre de ses tercets (généralement assez lyriques) pourraient être apparentés à ce que je nomme des « tankus  » !

bien à vous,
d.

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bientôt le « tanku » ou « taïka »

27 juillet 2010

Bientôt, ici, un article sur ce que j’appelle le « tanku » = un tanka court, sous forme de haïku, autrement dit, un  » haïku lyrique « .
L’auteur l’appelle « taïka », et je vais vous le traduire ( d’Outre-atlantique) !

d.

Haïkus de haïbun de Salim Bellen + « Bashôtage » de Py

27 juillet 2010

Un haïku
sur le modèle du plus célèbre des haïkus (Furu ike ya … – 152, 1681/2 de Bashô) :

La vieille chatte
saute du lit
Bruits du parquet

(d.p)

, tiré du haïbun de Salim Bellen : « La chatte de Daniel » ; avec ceux-ci, siens :

De la fenêtre
le chat ne saute plus ;
l’âge !

De la fenêtre
le chat ne saute plus ;
déjà !

(Salim Bellen)

in Le Singe renifle en décembre, coll. privée, 2007.

Boucherville (QC) 1) – 7/2010 – Py

27 juillet 2010

°

Boucherville 1) :

premier soir à Montréal –
un maringouin
en terrasse

réveil parisien :
trois heures du matin
à Boucherville

névralgie cérébro-brachiale
:
la moitié d’un haïku !?

bruit d’un sécateur
le soir du 4 juillet

haïku :
chemin sans cesse

un poil du chien
vole dans la chambre –
5 juillet

les pieds de l’échelle
dans (l’eau de ) la piscine –
33 degrés

mots sur un carnet –
nuit blanche

moins je voyage,
mieux ça (me) vaut !
: première visite au Québec

gardien de nuit –
la veilleuse bleue
de la brosse à dents

/

la brosse à dents
veille
bleu
nuit

milieu de la nuit
actionner
le ventilo

milieu de la nuit :
suer au creux des coudes

également avant l’aube :
les oiseaux
de Boucherville

peu après
les chants d’oiseaux
odeur de croissant

( Tanka, à Lise Robert :)

la chaleur,
la rivière
restent à la porte –

l’amitié
circule

(Saint Denis de Richelieu)

comme un ver
à la surface
de la nuit

matin de canicule
le périphérique
du ventilateur

°

d.(3-7/7/10)

…/…

« Le haïku en tant qu’arme » – M.B.Duggan

27 juillet 2010

Extrait d’un article de M.B. Duggan, dans Milkweed – Gathering of Haiku (« Laiteron, un ensemble de haïkus ») par Marshall Hryciuk (Ca.), 1987. P.116 :

 » Bashô a cependant une esthétique claire et détaillée, que nous ignorons généralement. Makoto Ueda * a écrit à ce sujet, en soulignant son concept central de wabi et de sabi :

wabi : « sobre, simple, tamisé. »
« la beauté naissant de la vigueur de la vie cachée sous une surface rustre. »
« pauvre et imparfait. »

sabi : « objectif, non-émotionnel, non-humain, effet général de froideur. »

« La nature n’a pas d’émotions, elle a de la vie. »

Les trois éléments qui ont besoin d’être soulignés sont : l’objectivité, l’imperfection et la vigueur. Si nous suivions vraiment Bashô, notre travail devrait refléter ces caractéristiques. Normalement, ceci n’est pas le cas.

(…)

(Le haïku) un art Zen qui affirme ainsi son anti-métaphysique. Il n’y a pas de « charpente ». Il n’y a que des objets et des actions. (…)
Il est pauvre et simple. Il nous donne la conviction – malgré toutes nos pulsions vers le confort et l’ordre – que nous vivons dans un environnement « objectif, inhumain et froid. » En bref, il a pour conséquence « sabi » et « wabi ».

(…)

Il est vital de réaliser que ce n’est jamais une description ni une imitation de quoi que ce soit. Cela ferait de nouveau du haïku une « charpente » et non pas un objet propre.

(…)

Nous devons changer notre perception de Bashô, si nous voulons changer le haïku que nous écrivons. Nous le considérons comme un poète de la nature, un Thoreau en kimono, un Whitman en réduction. Tout ceci est faux. Peut-être faudrait-il rappeler que sa poésie mature commença par la dureté de :

Un corbeau se pose / sur une branche nue. / Crépuscule d’automne.

et finit de la même manière :

Malade en voyage, / mes rêves courent / sur les champs desséchés.

M.B. Duggan.

* Makoto Ueda : Matsuo Bashô, Twayne University Press, N.Y. 1974.

Aylmer, Québec, juillet 2010 – Py

26 juillet 2010

Suite Québécoise

B) Aylmer :

°

Un cri de mouette
– Où est-on ?

La bouteille de lait
tient la fenêtre ouverte

°

revenant toujours
au mur
où sa fille
allaite

°

cette maison
sans
chat

°

un bolide
dans la nuit
sueur au sternum

°

tel un orage éminemment lent
cet autre véhicule
tout le long de la droite

°

au croisement
fortes voix de femmes
trois heures trente-trois

°

la bouteille de lait
verte
le petit matin

°

la boule du lustre
bouge-t-elle ?
– chaleur

°

canicule au Canada
Bashô,
l’homme-grenouille ?

°

de l’eau goutte
dans l’évier

– énervant qui ?

°

un écureuil
tranquillement
traverse
la rue Court

°

sa laisse
distendue –
la longueur de la rue

°

sur le fil électrique
un écureuil
au coin de
rue Court
et de
chemin Yardley

°

brun
l’écureuil
grimpe au poteau
D
O
G
3
7

°

au milieu de la rue Thomas
deux écureuils
se saluent

°

sur la pelouse
devant chez Dorothy :

JE T’AIME

Service du dimanche
9.30 AM

°

relisant le livre
qu’elle a traduit * :
quelques larmes

* Obasan, de Joy Kogawa.

°

sur le vieil exemplaire
de la vieille revue Haiku *
une goutte
de café
frais

* 1968

°

oeuf brouillé,
poivré,
le soleil en terrasse

°

soleil en terrasse,
jus d’orange,
papier jaune
de la revue Haiku

°

près de la porte d’entrée
ce recueil :
The gate left open *

* d’Alice Frampton (USA), Red Moon Press, 2009.

°

finissant son café
le nuage au-dessus du toit
en face

°

elle entre dans la rue Thomas
une tasse
à la main

°

le soleil reparti
toujours les gouttes
sur les cerises

°

le matin
vieillit

les cerises
sèchent

°

elle fume
dans sa maison
je lis
sur sa terrasse

°

un cheveu
roulant
sur une page

°

laissé passer
un haïku
sans l’attraper

– so what ?

°

assis à ses mots
depuis des heures –
sculpture en bois et pierre

°

son silence
dans le noir
des mots

°

au milieu des mots
pensant à la mort –
sun and wind

°

jouant avec ma veste
le soleil
et l’arbre

°

parfois
la musique
des fils électriques
overhead

°

sitting in a no-will chair

°

daniel,
(Aylmer, 8-10/7/2010 – Boucherville, 19/7/2010)

°°

aéroports

26 juillet 2010

°

femmes éplorées – aéroport

°

aéroport –
un juif
devant le mur
des toilettes

°

d.(25/7/10)

Hosaï seul ?

26 juillet 2010

°

Lisant (les haïkus d’)Hôsaï :
sachant que je ne suis pas seul.

°

Faire qu’on ne puisse pas
écrire plus simple

°

d.(25/7/10)

Du tanka – Faites vos je –

24 juillet 2010

*

Tant qu’à
étaler votre je
faites du
tanka !

**

Le je,
(champignon)
parasite
du haïku

*

Le 5/7/5 par Hekigodo (1917)

22 juillet 2010

 » Tout essai arbitraire de composer un poème dans le moule syllabique de 5/7/5 sera préjudiciable à la fraîcheur de l’impression et tuera la vitalité de la langue  »

Hekigodo (en 1917).