Haïkus de Hôsaï – « Windows »

p.135 :

l’aurore allume la mer ;
une fenêtre s’ouvre

avec des enfants ;
les vagues s’écrasent à nos pieds

mer noire dormant ;
atteignant une auberge

un cri soudain
s’enfuyant
dans la nuit

gelée en floraison –
une fleur
et son ombre

p.136 :

la lumière du soleil faisant fondre la neige
frappe
les voix des enfants

crépuscule du Nouvel An
allumant calmement
une lampe

lumière gelée
pénétrant
la forêt de bambou

p.137

poissonniers criant
soleil

en me massant, à quoi pense-t-elle ?

profondeurs montagneuses
mots intimes

le crépuscule essuie le ciel
d’un seul coup

cloches carillonnantes
percent
les cieux du typhon

p.138 :

mes pas
remplissent
le champ desséché

un nouveau chapeau de paille;
le vent de midi dans les lys d’eau

derrière l’homme qui balaie les feuilles
une route inconnue

tous les bateaux partis,
restent les montagnes enneigées

fleurs flottant
près du vieux pont

seaux d’eau de source
dans les deux mains
sur la route sombre

resté oublié
le parapluie noir

ayant nettoyé la tombe
je m’évente

oubliant le rêve du matin
j’arrachai les mauvaises herbes

p.140 :

ratant mon coup
le clou est tordu

lune de midi comme un mensonge blanc

on dirait que les fourmis ne sortent plus de leur trou

incapable d’enfiler l’aiguille
regardant le ciel bleu

dévisagé
par un
borgne

p.141 :

parlant de réalité
les kaki tobent

la balle rebondissant disparaît
dans le soir profond

le buvard n’absorbe plus

la lumière hivernale frappe à la porte fermée

me souvenant d’un visage honni;
tapant dans des galets

p.142 :

le ciel tombe –
frappé à la tête
par une feuille

le moineau du temple chicane ;
son gruau du matin moindre

le tiroir ouvert est vide

les cosmos surpassent
la hutte

une feuille de chou locale
vite lue

p.143 :

une vue de la mer
d’une petite fenêtre

une libellule s’arrête sur mon bureau solitaire

fleurs épanouies
à vendre

des pierres dans le vent d’automne
parlent de la naissance d’un enfant

la mer projette le couchant sur les montagnes;
nulle part où se cacher

au milieu de la nuit
cherchant cette puce

la rose de Sharon
sur sa fin
ventée

p.144 :

combien de temps cette main battra-t-elle le tambour ?

avant l’aube
le corbeau mouillé vole

une prostituée regarde l’enfant attraper des grenouilles

je reconnais le bruit des moineaux
marchant sur la natte de bambou

bateau après bateau arrivent ;
une île

n’ayant pas de bol
je reçois dans les deux mains

p.145 :

pas de fleurs sur les tombes
ces jours-ci

une fenêtre ouverte,
une face hilare

emmener un enfant
sur les ruines du château

un aveugle sur la route venteuse

p.146 :

vent de la montagne
descendant

même pauvre
un rang de pots de fleurs

le gel se dissout
les oiseaux brillent

de derrière la montagne printanière
apparaît une fumée

[…]

Ozaki Hôsaï
in Windows, A selection of the free-form haiku of Ozaki Hôsai
Translated with an introduction by Stephen Wolfe,
1977.

(trad fr. : d.py, 31/7/10)

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