Archive for avril 2010

haïku-Qigong

18 avril 2010

°

Tout arrive
La mort arrive
Reste tranquille

°

d.(Sq. des Batignolles, 15/4/10)

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Kyôbun aux doigts

16 avril 2010

Coeur d’instant

(pour aller au coeur de l’instant
: les mots courts – l’émotion grande !)

Ce ne sont justement pas les mots qui comptent mais le sens qu’ils pointent !
Le mot n’est qu’un doigt vers une lune !

Si c’est l’instrument qui joue,
Pourquoi ne joue-t-il pas dans son étui ?
Si la musique sort des doigts du musicien,
Pourquoi n’écoutes-tu pas les doigts ?

Su Dongpo
(cité par Daniel Odier, dans Chan & Zen Pocket 13856, p.81)

°

d.(16/4/10)

kyôbun aux cuisses violettes

14 avril 2010

°

violettes ses cuisses
sur son vélo
louée

Pour donner de l’emphase (à une image…) : la placer soit en dernier, soit en premier.

°

d.(14/4/10)

Kyôbun à la gêne – d.p.

14 avril 2010

°

Kyôbun à la gêne

un bon haïku
mal traduit
fait chou blanc

Exemple :

 » Sur la branche morte
un corbeau se tient perché
l’automne à la brune  »

Bashô
(p.127 de Le Haïkaï selon Bashô, POF, 1983, trad. R. Sieffert.)

Pas d’émotion ressentie… = pas assez de « simplicité » ?

 » la « ,  » se tient perché « ,  » à la brune  » (me) gênent; mon esprit s’égare, accroche, s’éloigne de l’essentiel… Quelle en est la raison ? : vouloir faire 5/7/5 à tout prix ! (Trop de mots également ! ; et pas assez simples ni fluides…)

Ce qui compte dans le haïku, c’est bien l’esprit (-coeur), l’essence *, plus que (, au-delà de) la forme !

 » Le miroir est éblouissant lorsqu’il reflète l’essence et non la forme.  »

(Daniel Odier, in Chan & Zen, Le jardin des iconoclastes, Pocket Spiritualités, 2006, p.61.)

* : d’où l’essentiel, le centre, le juste (, le simplifié, le minimalisé).

Minimalisez !

Écourtez vos mots !

D’un mot de trois syllabes préférez un synonyme (exact) de deux, voire d’une syllabe :
on y gagne en promptitude, en « éclair-cie » !
Le (haï)coup porté est plus franc, plus direct, touche plus fort, plus vite, plus profond, plus mortel !

en cuisses
sur son scooter
– avril parisien

Dire (le plus souvent) a minima
pour le champ mental (/ émotionnel ?) le plus libre, le plus large, du lecteur
= Concentrez !

°

d.p., 14/4/10

Paradoxe 2)

12 avril 2010

°

Ne cherchant pas les choses,
on les (re)trouve.

Les cherchant,
aussi.

°

d.(11/4/10)

Haïkus… Py, mars 2010

12 avril 2010

°°°

zoeufs écrasés
au milieu d’un passage
protégé

lundi matin –
il regarde son sein
de haut

(1/3)

°

Tai-Ji in the park
the first sun of March
rubs my back

Tai Chi au parc :
le premier soleil de mars
dans mon dos

°

gorge déployée :
la femme très enceinte
de l’ami

(→ 2/3/10)

de proche en proche
ce rire traverse
le salon de coiffure

la cloche sonna un coup
c’était l’heure de mon rends-toi

(kyôku :)

le haïku
est un éclat
(de vers)

(2/3)

°

tout au long du couloir
le pas du boiteux,
le morceau de jazz

(métro, Lyon, 3/3)

°

(kyôka ?)

tourner
retourner les mots *

: (la) terre arable
du haïku

* pour la meilleure expression

°

elle commence à ronfler
en deux coups :
rythme de croisière

(4/3)

°

dans la nuit
sans sommeil
la force
de la pendule

livres
et verre d’eau :
la nuit blanche
et noire

Matthieu Ricard, dans Plaidoyer pour le bonheur, Pocket n° 12276, p.276/7 :

 » « Restez en contact avec vos sensations ! » prônent les colporteurs du
sentiment de l’importance de soi dans notre société. Nos jeunes ont absorbé ce
message et ils y croient, de sorte que l’on a produit une génération de
narcissiques dont la principale préoccupation, et ce n’est pas surprenant, est
de savoir comment ils se sentent ». (M. Seligman, Authentic Happiness). Or
passer son temps à prêter attention aux moindres réactions de notre moi, être
aux petits soins avec lui et n’avoir de cesse que d’exaucer ses moindres désirs,
voilà la recette assurée du mécontentement.  »

… et de l’anti-haïku !…

son sein si rond
entre deux boutons
de chemisier

(5/3)

°

un très beau q
sur le quai
retour de vacances

ouah
quel cul qu’elle a !
– quai de vacances

°

après les inondations
dégoulinent
les pieux sentiments

°

cette nuit
sans ronflements
lac calme

(synesthésie ?)

ce matin
prendre en photo
le son des chaussures
au vent

I thinkgo biloba
I geckgo biloba

against the blue of the sky
the pale yellow of my glass of wine

sur le bleu du ciel
le blond du verre (de vin)

dans l’après-midi
rayé de soleil
passe un moteur

– frais avril

(6/3)

°

Qi Gong au parc
gouttes du nez

Au coin de la rue Duc
une affiche pour
 » Le plus grand salon de l’érotisme  »

: à rebaptiser rue Ducu ?

(75018, 9/3)

9 mars –
Palavas-les-flo
cons

le quaotidien

une caoquille

(9/3)

°

entre les pavés,
le ciel glacé,
gare de l’est, 10 mars

l’hiver s’étale –
entre les pavés
le ciel glacé

(10/3)

°

(Haïkoucher)

les oreilles
d’un oreiller
dressé

(→ 12/3-4)

( À cette allure py/paul : )

Parc Monceau :
Croisé à 7 à l’heure
un homme qui ressemble à
Michel Jazy

– ou à Claude Lelouch ?

( échauffement :)

Appuyé au tronc
d’un gros platane
un homme
sur un pied

Dommage qu’en courant
elle balance ses mains
à hauteur de poitrine !

Au milieu de l’île
un saule

matin frais à mi-mars :
les volutes de l’arbre

le gazon s’emplume

elle court vers le parc,
en retard au travail

( d’hier aujourd’hui :)

retour du parc :
passant sous ma fenêtre d’étudiant
puis
sous celles de mon professeur

E-ski-ss ?

retour de vacances :
Parisienne très bronzée
tirant son attelle

°

(haïkuisine :)

aujourd’hui
la théière
trop culottée

°

faire rouler le silence
sous les doigts
sous la plume …

le faire naître ?

°

« La vraie photographie » selon Izis:

« Le bon portrait photographique est celui où seul l’homme photographié nous intéresse. Le photographe a su s’effacer complètement. »

– à transposer au haïku !

°

petite parisienne
son bout du nez tout rouge
à la mi-mars

(12/3)

À une belle femme
rousse en haut
brune plus bas
cette ébauche
de poème

(métro, ligne 3, le 12/3, vers 13 heures 40)

°

Chacun chez soi,
les ronflements seront
bien gardés.

tordre le cul
aux idées ressoues

ballerine
elle saute
dans le métro

(l.13, 13/3)

métro –
sur son violoncelle
son chapeau

(l.6, 13/3)

il regarde
l’ampoule
nue
au plafond

(rue de Wattignies)

mars gelé –
un ventilateur
sur le trottoir

fin de soirée –
de sa patinette
il se casse la gueule

elle ne cache
que le bout
de ses seins
– pourquoi ?

(13/3)

°

sur un scooter :
« On a marché sur la lune »

volutes roses
de vomi
dans les toilettes d’un pub

– saturday night beaver

dancing :
une paille fluo
entre ses seins

(tanka)

espérant toujours
que sa fenêtre
me ferait
un clin d’œil ?

– ô désillusion !

(Izis)

contre un gros tronc
les deux amants
d’Izis

– quai de Seine

(14/3)

°

le pain qu’on rompt
un orage éclate

mi-mars
un bonjour à la femme
un bonjour à son chien

mi-mars
ce matin les oiseaux
ont la voix du soleil

(15/3)

°

des pétales de roses
sur les paupières
de grand-mère

le voisin du dessus
grince
(ir)régulièrement

(16/3)

°

la porte du train
ouverte,
les voyageurs
se répandent
dans la ville

(Reims, 17/3)

°

pizzicati
de contrebasse
ses seins à contretemps

(19/3)

°

(haïku long :)

les percussions de la pluie
sur les toits environnants :
le premier jour du printemps

la pluie
danse sur le toit
– premier jour du printemps

(20-29/3)

« un authentique esthète (est)
solitaire »
: lune d’automne

(d’après R. Sieffert, p.146 de Le Sac à charbon de Bashô, POF, 1993)

la même femme qu’hier soir
cette ombre noire
qui passe dans la rue ?

– printemps

rue de la Ferme
le chant d’un merle –
premier jour du printemps

(Vitry s/Seine)

sur ma chaussette à sécher
un long cheveu blond
premier jour du printemps

les feuilles du palmier
vibrent-luisent
à pluie-vent
– première nuit du printemps

danse avec la pluie
première nuit du printemps

le long d’un fil barbelé
un rameau en bourgeons
– premier jour du printemps

(20/3)

°

après l’amour
elle se lève pour
manger une banane

(21-22/3)

°

(Et qu’ça rime !)

assis à la terrasse d’un café
je rêvasse
au Tibet…

(En Sarkozie :)

des noms d’oiseaux
fusent :
printemps politique

(22/3)

°

un oiseau
bouscule l’aube –
jeune printemps

tai ji (au parc)
une corneille apporte à l’arbre
des rameaux

(haïkuisine :)

un bloc de glace pure :
dégivrage de printemps

(23/3)

°

entre les rangs des vignes
luisent
les plastiques protecteurs

arrivée du train
un duvet touche terre

(24/3)

°

lire sa déclaration :
cerf printanier

se refermant
le canapé fait
« bonjour ! »

(25/3)

°

aujourd’hui
le puzzle
au poil

(26/3)

°

printemps –
une flûte par la fenêtre

annonçant Dormans,
le contrôleur
nous réveille

(kyôku)

supprimer les distances
du réel
aux mots

le long de la locomotive sale :
« ARIEL BONUS SKIP LE CHAT »

(29/3)

°

une mère d’élève
m’annonce l’arrivée des hirondelles
– veille d’avril

(29-30/3)

°

Mettre leurs robes trempées
Ah, quelle chaleur !

(a + M ? → 30/3)

°

elle retient
du bout de ses doigts
sa jupe légère

(- hyper de gambettes)

descendre la rue
au soleil couchant –
veille froide d’avril

veille fraîche d’avril
jonquilles au coin de la rue

*

veille fraîche d’avril
des jonquilles
rue de la Jonquière

(75017, 31/3)

°°°

haïlongcou musical

11 avril 2010

°

une porte en grinçant
siffla le début du concerto pour violon de Mendelssohn

°

d.(11/4/10)

Résultats du 40 ème kukaï de Paris

10 avril 2010

Bonsoir !

Voici les résultats de notre quarantième kukaï, qui a eu lieu cet après-midi au bistrot d’Eustache habituel !
Sur les 23 haïkus échangés, 2 ont obtenu 4 voix, 1 en a obtenu 3, 6 ont obtenu 2 voix, et 7 en ont obtenu une !

Avec quatre (4) voix, voici :

le vert tendre / de son petit linge / le printemps s’annonce /

, de Michel Duflo,

et :

un choc // dans la lumière douce – / la première pétanque /

, de Paul de Maricourt.

Avec trois (3) voix :

Giboulée de printemps / trop petit pour deux / le parapluie /

, d’Antoine Gossart.

**

La suite des résultats est sur le blog du kukaï de Paris :
http://kukai.paris.free.fr/blog/

*

La séance prochaine (n° 41) prévue pour le 15 mai est supprimée, l’organisateur devant faire face à ses « devoirs » musicaux (= un concert de professeurs : hautbois et clavecin à Sèvres, en soirée) ! Elle aura donc lieu le 29 mai, au bistrot d’Eustache, selon toute probabilité !

La (2ème) séance du Cercle Renku aura, elle, probablement lieu en juin, le 19, entre les deux séances de kukaï prévues les 12 et 26 !

*

Merci à tou(te)s
Et à bientôt !

Daniel

*

Contre les pseudos…

9 avril 2010

Contre les pseudos qui fleurissent (un peu partout ?) sur les listes internet ( = pour échapper aux yeux malveillants de tous les big brothers and sisters ?) :

°

ceux qui ne se mouillent pas
ceux qui font semblant
ceux qui pseudo-ïsent…

°

Je considère que les pseudos sont des « taupes ». Je n’ai pas d’atomes crochus avec les « taupes ».

°

D’ailleurs, il peut tout à fait y avoir retournement, et que ces « taupes » deviennent ces big brothers and sisters qui vous/nous épient de derrière leurs masques incogniti !

°

Le top de la taupe :
ce monticule
à pieds joints !

°°

d.(9/4/10)

Le haïku (« à message ») érotique = un senryû érotique

8 avril 2010

Ceci est la copie de deux messages postés conjointement sur la liste lehaikuerotique :
http://fr.groups.yahoo.com/group/lehaikuerotique

°°

Avez-vous lu l’article de S. Tomé « Le haïku à message » dans la revue 575
( http://575.tempslibres.org ), où il écrit :

 » Le « haïku » à message est tout autre. On pourrait dire qu’ici, l’intention
précède l’action. J’ai quelque chose à dire, à exprimer. Je le mets en forme de
haïku pour bénéficier de l’efficacité de la forme.

Cette technique est largement utilisée en action politique, commentaire
d’actualités, mais aussi dans le haïku érotique. Elle produit des résultats
médiocres parce que l’auteur est pressé de « délivrer son message », de « dire ce
qu’il veut dire ». Cela a tellement occupé son esprit lors de la rédaction que
l’on ne voit plus que cela. Le reste est « habillement », un pauvre vêtement vite
jeté sur le message afin de lui donner l’aspect requis. Car c’est une technique
bien difficile que de vouloir dire quelque chose en ne le disant pas… Il
arrive même des cas où l’auteur en rajoute en disant explicitement ce que le
lecteur doit comprendre. On ne sait jamais, si celui-ci ne saisissait bien… »

°°

Ceci m’invite à cette question :

– Pensez-vous que le « haïku érotique » veut « dire quelque chose en ne le disant
pas », ou bien, au contraire, qu’il dise bien ce qu’il veut dire, et se rapproche
ainsi plus du senryû – qui « raconte » souvent une histoire – que du « haïku » ?

ex. :

Se perçant l’une l’autre
ah, je meurs, je meurs ! s’écrient
les dames du palais
(p.59)

°

Chaque fois qu’elle en change
les prend de plus en plus gros
la dame du palais
(p.52)

°

Les dames du palais
absorbent des choses qui ne
gonflent pas le ventre
(p.51)

°

Si c’est le même prix
je prends le plus épais, dit
la dame du palais
(p.53)

°

La dame du palais
accélérant du talon
entre dans l’extase
(p.56)

(tous extraits de Haïku Érotiques, Éd. Picquier, 1996)

°

: On y voit bien que tout est dit, (au contraire), et « dit bien ce qu’il veut
dire » ! et ne cache rien !

Optons donc plutôt pour « Senryû érotique » : nous serons plus proches de la
vérité (que) du « haïku érotique » !

°°°

Ceci fait suite à mon questionnement à propos de l’article de S.Tomé « Le haïku à message » (précédemment cité) :

Dans la préface de Haiku Érotiques
(traduits et présentés par Jean Cholley), Picquier, 1996,
J.C. nous parle de Karai Masamichi Hachiemon dit Senryû (1718-1790) qui devient maître de poésie en 1757, et juge de « maekuzuke » (« poème-réponse à un sujet ») selon 3 catégories :
– les poèmes qui traitaient de nobles sujets tels que la patrie, le devoir individuel et social, l’esprit de sacrifice, etc. (peu de succès)
– les poèmes qui traitaient de la vie quotidienne dans tous ses aspects (les plus nombreux)
– les poèmes consacrés à des considérations érotiques.

Quelle était la nature de ces poèmes, que nous appellerons désormais senryû  »

nous précise Jean Cholley (p.16). Nous y voilà donc bien : il s’agit plus de ranger ces poèmes dans la catégorie senryû que dans la catégorie haïku !

Et donc la réponse de J.C. à sa question vient ainsi :

 » La vie des voisins peut certes fournir matière à littérature, mais on n’en est jamais aussi certain que de la sienne propre, et la vie conjugale – en particulier – est ainsi l’un des deux thèmes de prédilection des auteurs, le deuxième traitant des courtisanes de Yoshiwara et autres lieux de plaisir.  »
 » La coutume s’est d’elle-même établie de placer en séries parallèles les thèmes « maris – amants – bonnes de maison – courtisanes ».  »

 » Les espiègles pratiques des dames du palais sont l’avancée poétique du senryû dans le domaine de la fantasmagorie. »
(p.20)

°

Si l’on vous parle de « haïku érotique », n’hésitez pas à répondre dorénavant (et à plus juste titre) : « senryû érotique » !

Bien à vous,

daniel