Haïkus and co. de Py – janvier 03

°°

nouvel an
un vent nouveau
s’invite en ville

premier janvier
un fond de vin dans la bouteille

refilling
the lonely glass
1st of the year

remplissant le verre
– solitaire
: 1er janvier

dans la vitrine
elle habille le mannequin
et la coiffe
– 2 janvier

de la vitrine
elle retire les lettrines
yeuses fêtes
2 janvier

passant,
la lumière assise
sur les sièges de la gare

vrilles de la vigne vierge
calligraphies du peintre

ô j’aime quand c’est lumineux comme ça
dit-elle en retirant son T-shirt

une araignée
dans la baignoire-sabot
dévisse

rapetissant leurs pas
marchant sur les œufs
de la neige glacée

entre branche et tronc
au nord de l’arbre
une barbe de neige

en haut des vignes
peignées de neige
le village
au bleu céruse

(kyôku ? :)

the newness of sceneries = renewed ink
nouveauté des décors = l’encre se renouvelle

sur mes fleurs artificielles
la neige
persistante

snow
clinging
to plastic flowers

glisser
sur une pisse de chien –
janvier gelé

pendant le chi-kong
elle rajuste ses seins –
jeune femme au chômage

°

phares par deux
dans le paysage blanc
– lent matin

bruit d’une pierre
bruit d’une toux
compartiment fumeur

un cheval debout
entre blanc et vert
broute dans le matin

dans le pré gelé
les vaches
broutent le blanc

une meule noircie
penche sous la neige

°

pudique
elle détourne la tête :
paiement par carte bancaire

l’échéance
du passage outre-vie
s’approche –
ta valise est-elle prête ?

suivre
le vol des mains
de la professeure de tai-ji

oiseau noir
dans le soleil levant –
l’ascenseur sent le café

dehors la neige plane
dedans, ses seins noirs

Tes globes éclairent ma nuit –

à l’approche du contrôleur
têtes et corps
s’agitent

°

Étant donné que la principale nappe de fioul échappé du pétrolier est évaluée à 3500 tonnes, et qu’elle se répartit en boulettes d’une cinquantaine de centimètres, combien faudra-t-il de temps pour faire disparaître les traces de cette catastrophe ?

quatre bateaux ont pu pomper
une soixantaine de tonnes en quarante-huit heures
( : à ce train-là, cent-dix-sept jours, rien que pour cette nappe !)

une nappe,
des galettes de fioul
– la chandeleur

marcher
sur le sable fin
pieds nus :
rêvons !

d’après mes calculs :
encore six-cent-cinquante jours de fuites
du « Prestige ».

inexorables
les boules
reviennent jouer
sur la plage

Sisyphe sans cesse
Ramassant ses galets :
Terre et pétrole

la mer roule
déroule à l’envi
ses galettes de fioul

la mer
joue sur la plage :
boules de fioul

°

au pied de l’épouvantail
une poussée d’orties

gueule cassée
l’épouvantail
porte sa croix

soucoupe verte
le galure de l’épouvantail
atterri dans le chaume

°

ce matin les oiseaux
se lancent des fusées sonores

le chien aboie
son maître aussi –
samedi café noir

°

veste de cuir qui s’ouvre
sur des seins de rêve
– Fashion TV

instants-senryû :
les coups au cœur des modèles
sur Fashion TV

s’il vibre,
le tissu sur tes seins :
colombes

°

Le rêve américain
ne tourne-t-il pas
au Bushemar ?

que la Busherie cesse,
que les Sharognards disparaissent !

Il faut que le monde
(se) retourne sur lui-même
et casse le profit.

« La Liberté »
d’Antoine Bourdelle :
un tronc sans tête,
sans mains…
entouré de musique

( : théâtre des Champs-Élysées)

Lu Yu (1125-1210) :
« Je laisse aller mon pinceau,
tout seul il compose un poème. »

un pigeon boit
d’un filet de pisse
: trottoir

°

blood
sucking
oil

richer oil
if
red(dened) ?

Washington explique aux Occidentaux :
« La guerre c’est bon pour l’économie. »

°°

d. (janvier 2003)

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