Archive for septembre 2009

Ceux-ci c’en sont – Py, juillet 07

27 septembre 2009

JUILLET

°

bruit d’une canette vide
que le vent pousse
sur le trottoir

°

les nuages courent
les arbres essaient de les suivre

°

monte dans le métro
un parfum d’antan
– puis son nom

°

tronc contre tronc
deux arbres crient
à intervalles

°

vrombissement :
les ailes du cerf-volant
au vent

coup mat :
le cerf-volant
s’abat dans le sable

°

cinq escargots
en rang
sur le pilier
de l’escalier
en colimaçon

°

coups de balai –
la rambarde résonne

°

au lendemain
des deux vers luisants :
l’herbe coupée ras

°

Marie Dupin
présente le 13 heures,
je tourne à droite
avenue des Pins

°

plus loin
dans l’avenue des Pins
la boulangerie Lebas

°

au matin
le chant d’une moustique

°

après les cris des hirondelles,
les vide-bouteilles

après la collecte des verres du village,
les tourterelles

°

mère, fille,
ronflent à distance –
vacances à la mer

°

pluie nocturne –
la chatte gratte le fond de sa caisse

°

de temps en temps
un coup de la rambarde –
nuit d’été

°

échoué dans le sable
un briquet
cricket

°

galets posés là
que caresse
le bruit des vagues

°

par la fenêtre noire
un fonds incessant
d’océan

°

en haut d’un refuge
du passage du Gois :
« Hôtel Complet »

°

elle ronfle –
le chant d’un coucou

°

escargots
collés aux herbes
à contre-dune

°

filins battants des mâts au vent

°

sur un mur
le cri d’un chien
rebondit

°

le cendrier rond
au milieu
de la table carrée,

les vagues
au soleil
du large

°

(Tanka :)

sur la plage
avec sa digue de sable
contre les vagues,
l’enfant m’enseigne
le présent de l’éphémère

°

une cloche sonne
un pigeon bat des ailes
– jet d’eau

cou gonflé,
queue à terre :
pigeon mâle en poursuite

sur le banc
maintenant
2 pigeons se bécotent

(square Pierné)

°

daniel

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Ceux-ci c’en sont – Py, juin 07

27 septembre 2009

JUIN

°

heure de la sieste –
la voisine s’exerce
au trombone

°

Pendant La Création
de Haydn
une araignée
descend du cintre

°

Fête de la musique –
un chien hurle
à la mort

°

coups du fer
sur la planche à repasser —
la fête des mères

°

platanes agités
sur l’avenue,
le trafic matinal

°

l’orage s’arrête brusquement
les freins d’un autobus

°

daniel

Ceux-ci c’en sont – Py, mai 07

27 septembre 2009

MAI

°

sous la table
où le poisson à cuire :
le chat blanc

°

sur le pourtour
des feuilles de vigne :
gouttes de rosée

°

après la pluie
les oiseaux
plus volubiles ?

°

un des trois canards
en vol bifurque
au croisement

°

paysage début mai :
le rose du couchant
dans la rivière-miroir

°

sortie de l’école
une feuille du platane tombe
début mai –

°

aux vents
les arbres
entre les murs de l’avenue

°

ouvrant la fenêtre :
ah !
gouttes de pluie
et petits oiseaux

°

traversant
l’après-midi creux
le cri d’une corneille

°

coquelicots encore en coin
d’une vitre du train

°°

(d’un banc de la gare)

le quai blanc de pluie :
orage de fin mai

dans les narines
l’odeur de l’eau :
orage de fin mai

l’orage de fin mai
de plus en plus violent –
la verrière en plastique

°

dans la cuisine
le vrombissement
de la première mouche

°

panse au soleil
la chatte

:

du haïku qui pense
au haïku qui panse !

°

daniel (5/07)

ce soi « haï » !

27 septembre 2009

°

Dans le haïku,
essaie d’estomper
ce soi
s’insinuant sans cesse !

°

du haïku
le soi banni

du haïku
le soi haï

°

d.(27/9/09)

Ceux-ci c’en sont – Py, avril 07

26 septembre 2009

AVRIL 07

°

à son oreille son portable
à son nez une goutte
– premier avril

°

2 avril –
passer par la rue
du chat-qui-pêche

°

un passant dans la rue :
des roses
dans un vase

°

pissenlit fleuri
entre deux interstices du trottoir
– cimetière de Montmartre

°
pétales d’avril tourbillonnants
: la petite à pleines mains

°

place Pigalle –
pieds nus dans la fontaine
la fillette en jupe courte

°

elle me montre la lune
ô
dans le ciel

°

au-dessus de l’étang
deux papillons jaunes
follettent

°

sur les feuilles du laurier
le jaune du couchant
– mi-avril

°

si proche
l’éclosion du géranium
pourpre !

°

ouii-you ouii-you ouii-you

: l’oiseau du moment

°

un C.D.
tourne dans le pommier
… chants d’oiseaux

°

hors de la pierre
un lézard s’avance
et se gratte la joue

°

sitôt franchie la porte
ah !
l’odeur des lilas

°

fleurs de lilas et de pommier
petites cerises déjà vertes

°

tout en haut
du vieux pommier
fleurs blanches

°

sciant une branche morte du pommier
quelques pétales tombent

°

pissant sous le lilas en fleur
; tout le jour au jardin

°

odeur capiteuse
de la haie aux fleurs blanches :
mon nez jaune

°

demi-lune
et voies lactées d’avions

tui tui tui tui !

°

un cri noir
traverse le début du bleu
– fin d’avril

°

pourpre profond
le géranium éclatant
à la fenêtre ?

°

un moucheron,
ailes encore collées par le vin rouge,
arpente la nappe

°

d.(4/07)

Ceux-ci c’en sont – Py, mars 07

26 septembre 2009

MARS 07 :

°

l’éternel filet d’eau
malmené par le vent
au village de mon père

°

bruit sec de la canne
tombant sur le lino
– 87 printemps

°

photocopiant la partition
qu’elle désire que je joue
à son enterrement

°

le cahier
le crayon
les mains de grand-mère

°

Clermont-Ferrand –
fleurs d’amandiers
au-dessus du ruisseau

°

de la cheminée
monte la lune
soir de mars

°

quand es-tu prêt
à me recevoir dans ta robe de chambre ?
semble dire la chatte

°

le frigo vient de se taire
ronronnements du chat

°

le frigidaire repart
miaulements du chat

°

un coup de ma souris
fait danser l’écran

°

descendant une bière :
la lézarde au plafond

°

d’une main l’harmonica
de l’autre la sébile
– coin de rue

°

pneu de voiture
ou chien blessé ?
un cri en mars

°

longtemps après qu’il soit passé
l’odeur de ses pieds
dans mon nez

°

le vent qui précède le métro
tourne la page
du cahier

°

elle m’annonce
la mort de sa mère —
nouvelles feuilles au platane

°

l’église d’Épernay
rayée de gouttes –
croisement de trains

°

il pleut dans la rue
glou glou cloc cloc
flûte, il flotte !

°

tombant sur le clavier
la coupe de champagne fait
,ooo

°

quai de Bercy
deux sœurs jumelles
enceintes

°

jardin sec *
les traces du couteau
dans le beurre

* : de roches, de sable…, japonais.

°

quelques nuages
ce matin
les fumées du bol

°

le magnolier
emplit le jardin :
maison de banlieue

°

chat blanc et noir
dans le jardin à tulipes jaunes
— grand-père

°

nuées de fin mars
touristes vers la Butte

°

marché de Lunel :
le crâne lisse du mannequin
les arbres avant le printemps

°

un triangle de lumière
se balade dans le compartiment
– fin mars

°

virages –
jouer à qui verra
le château en premier

(Séverac-le-Château)

°

d.(3/09)

Ceux-ci c’en sont – Py, fév. 07

26 septembre 2009

°
FÉVRIER :

le chant des oiseaux
ce soir
au milieu des tours

°

sur le courrier du jour,
la chatte

°

enceinte ou pas
une femme vomit
dans un coin du quai

°

verre d’eau du matin –
la chatte et moi
regardons par la fenêtre

°

un nuage lumineux
frappe à la fenêtre ;
une alarme sonne

°

levant la tête
pour siffler ma bière :
les bourgeons et les nuages

°

premiers décolletés
les pétales des crocus

°

Saint-Valentin –
sur sa joue droite,
un cœur rouge

°

rides sur le front
elle cherche son chemin
– métro

°

tous ses biens
dans un caddie
rue des Pyramides

°

jardin du musée Rodin :
des bourgeons
au bout des branches

°

sortant du métro
son parfum
me frotte l’épaule

°

métro :
le nu de son pied

°

sur sa tête
un plateau de fleurs d’oranger
– pluie de fin février

°

daniel (2/07)

Ceux-ci c’en sont – Py, janv 07

26 septembre 2009

°
CEUX-CI C’EN SONT

(1/2007)

°

gueule ouverte
du lave-linge :
– premier de l’an

°

premier de l’an –
premier baiser
dans l’abri-bus

°

lisant la nouvelle
de Katherine Mansfield : « la mouche »,
une mouche sur le fuchsia

°

dimanche 7/1/7
le couteau à cheval
sur la fève

°

repassant un mouchoir :
le dernier pli
comme grand-mère

°

vent –-
au bout des branches
les pies en équilibre

°

d.(1/07)

5/7/5 – schluss (?)

25 septembre 2009

°

La forme 5/7/5 (du haïku) me paraît généralement artificielle, contrainte (/ contraignante). **
Or le haïku – bien que certains aient beaucoup de mal avec (cette notion) – est / doit être / rester aussi naturel que possible.
Écrivez donc vos haïkus LIBREMENT. Ils n’en auront que plus de fraîcheur, de souplesse, de spontanéité, de force !

** C’est pour moi un jeu inutile et stérile.
( Je conseille aux gens qui me demandent un avis de s’en défaire – purement et simplement ! – )

La forme, au fond, on s’en fout !

 » Faire  » du 5/7/5 (pur et dur) c’est – surtout – se mettre des bâtons dans les pieds

°

D.(25/9/09)

senryû d’alix Myosei

25 septembre 2009

°

vide-grenier
les objets inutiles
changent de maison

°

alix Myosei