Ceux-ci c’en sont – Py, août 07

AOÛT

°

sur les vitres des voitures
un lampadaire orange luit
au doux vent d’août

°

au-dessus des nuages gris
la traîne rose d’un avion
– crépuscule d’août

°

les voitures passent dans l’avenue —
au loin
mon ami mort accidenté

au regard de la mort,
que valent tes mots ?

°

ce matin du 12 août
je retourne la souris
sur le ventre

°

au soleil
la fleur tendue frémit,
moucheron sur un pétale

°

crissements tout près :
une sauterelle grise
sur mon épaule

°

l’intérieur d’une feuille de bambou
lisse blanche et mauve

°

un frelon d’or
venu dans le train
puis ressorti
– Béziers

°

dans un coin du vieux Paris,
ce soir,
une cigale

°

(Tanka :)

repêché dans la poubelle, ce matin :
Le Mort saisit le vif (H. Troyat)
et Mort à Venise (T. Mann) –
décès récent
de mon ami Salim

°

le 9/8/7
l’ami disparu

°

la route déviée :
bourdonnement d’un insecte
au rideau de la porte

entendre le silence des voitures
définitivement déviées
du village

ouvrant la fenêtre
en quête des voitures
qui ne passent plus

soudain
sevré de voitures :
le village
à longs silences

un rare moteur
parmi les roulements d’oiseaux :
village pacifié

route déviée –
à Recoules, roucoule-
ments de tourterelles

de part et d’autre
le long ruban vide de la route
traversant le village

°

une cascade de lierre
mouillée par la lumière
du soir

°

dans le lavoir à sec
trois cadavres de
Coteaux du Bergerac
moëlleux

°

un vieux pêcheur
trempe sa ligne ;
un papillon
longe sa canne

°

au loin des rumeurs d’autos –-
sous les pieds
des cailloux

°

je suis passé –
le lézard
à peine a
tourné la tête

°

dans les fleurs de chardons
divers insectes
tricotent

°

la chaleur et l’odeur
qui montent de la route
entre les gouttes

°

dès que je rentre
dans l’appartement :
la chatte
omni absente

°

on ne choisit pas ses chaînes
ne dis-je pas à la femme
promenant son chien

°

Bonjour ! :
au cygne
la tête sous l’eau

°

sous l’aisselle
je la sentis
mmmh,
à la machine !

°

ouvrant la fenêtre
une forte odeur de cire :
ravalement

°

au téléphone
à vélo
sur le trottoir

°

l’éboueur
à son volant :
musique de fond

°

la voiture
laisse traverser la femme :
ses deux feux rouges

°

kiosque à journaux :
« Le clitoris
cet illustre inconnu »

°

travailler moins
pour vivre plus

°

dans la chambre de mon père
je remontai sa montre…

°

quelques piétronomes
quelque peu divergents –
couloirs de fin d’août

°

marée remontante :
le dernier week-end
avant septembre

°

Le chat plié en huit
L’éternité de sa sieste

°

daniel

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