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du bout du pin
un fil
le soleil
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d.(Montpellier, 29/10/09)
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du bout du pin
un fil
le soleil
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d.(Montpellier, 29/10/09)
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le pain s’arrête
la nuit continue
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d.(26/10/09)
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coq hardi
cocardier
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de cocardier
à brancardier
qu’y a-t-il ?
-
: coq branque *
*
= fou, malade, givré, jeté, allumé,…
Touche
Touche ton voisin
Vaincs ta peur de l’autre
- N’y a-t-il que les aveugles
qui peuvent encore toucher ?
- Ne touchez pas !
- Touche-moi pas, tu m’salis !
Thomas, réapprends-nous
le toucher,
pas le croire !
Touche
touche le monde
touche les gens
L’autre est
comme toi
animé du même souffle de vie
Touchez-vous !
Tuishou ! *
* : travail à deux, en Taï-Ji
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d.(2/11/09)
Projet nationaliste-social :
faire chanter la marseillaise à l’école :
La Marseillaise,
cet hymne sanguinolent,
ce drapeau
trempé dans le sang
du voisin
La Marseillaise,
cette chanson
qui pue
le sang
la merde
les tripes
bi-centenaires
Cette chanson
(pas nette)
qui pollue
mes oreilles
ma bouche
mon cerveau
…
cette chanson
d’un demeuré * sanguinaire,
demeurée sanguinaire
* dans nos compagnes,
de nos campagnes
guerrières
… et demain
tank à faire !…
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d.(2/11/09)
à Toussaint Louverture.
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dimanche dans les feuilles
joggers de la Toussaint
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jardin de paraboles -
dimanche de la Toussaint
°
Toussaint -
Creuse
ton
haïku
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d.(31/10-1/11/09)
Dans le haïku, discerner les mots “pleins” des mots “creux”.
Les mots pleins sont ceux qui donnent du sens, le sens, qui sont “lourds de sens”, vivants.
Les mots creux sont ceux qui sont vides de sens, “morts”.
Éliminer les / Se passer des mots “creux”, au possible.
(28/10/09)
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(de chez anna :)
des tuiles des toits
jusqu’à la mer
(1/11/09)
-
Le(s) blanc(s)
que je laisse
dans le haïku,
le lecteur
franchira
(ou pas.)
-
tendre au lecteur
du silence
du vide
…
-
mon haïku :
un bol
présenté
au lecteur
-
S’enfoncer dans le blanc du haïku
Le haïku
est une montagne
enneigée
-
Mettre
le plus de vide possible
dans mon haïku
-
“Oublier”
le plus de mots
possible
-
Vider mon haïku
au possible
-
Laver mon haïku
-
décolorer mon haïku
, le délaver
-
,
l’habit
cent fois porté
cent fois lavé
cf : “Chant de l’habit cent fois fois rapiécé” de Hyegûn, p.98 de Ivresse de brumes, griserie de nuages, NRF/Gallimard, Connaissance de l’Orient, 113, 2006.
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Le haïku est la possibilité d’un bol
Le haïku est la possibilité de boire
°
- Ne manque-t-il pas quelque chose dans votre haïku ?
- Oui, il y manque ce que vous y mettrez
-
Le haïku est une salle de cinéma vide
-
Il s’agit moins de dire,
que de laisser le lecteur se placer
pour qu’il voie
_
Si tu lui mets trop de mots,
tu lui bouches la vue
-
Les mots
bouchent la vue
du haïku
-
((a)perce)voir)
le haïku
à travers
les mots
-
Les mots
voilent /
cachent /
burqachent ? /
obscurcissent
le haïku
-
les mots-nuages
dissipés,
la montagne-haïku
apparaît
-
Le lecteur
lance sa passerelle
pour franchir ton haïku
-
au lecteur
sa clé
du haïku
-
le haïku comme kôan ?
-
le lecteur trouve
(ou ne trouve pas)
sa solution au haïku
…
-
(le haïku n’est pas une femme facile.)
°
Laisser des blancs
dans le haïku
-
Le haïku est un mi-chemin
Le haïku est un demi-pas
°
Ne mets pas tes lunettes
sur le nez de ton lecteur
°
Crée du vide
dans ton haïku
-
Offre à ton lecteur
un saut
par le vide des mots
°
L’essentiel est de laisser le lecteur
compléter le haïku.
-
Le lecteur franchit la faille
que le haïjin a creusée
dans son haïku
-
Creuse
ton haïku,
Laisse
ton lecteur
creuser
-
Encreuse
-
Toussaint -
Creuse
ton
haïku
-
ensevelis tes mots morts
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écourte
condense
:
haïku sec
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d.(1-2/11/09)
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On dirait
que Monsieur Sarkozy
a un problème
avec la nationalité française
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d.(27/10/09)
” Quand nous parlons du Zen nous devons prendre le plus grand soin à nous contredire nous-même. Sans paradoxe il est impossible de plaire à Dieu. “
Hattori (auteur Coréen), cité par Jacques Masui, in L’exercice du Kôan, éd. Fata Morgana 1994.
Je reprends une citation que Francis Tugayé a postée sur une liste de haïku francophone :
Jean-Claude Jugon, dans Perception du temps et de l’espace chez les japonais
(Shizuoka University) observe :
« La conscience du temps chez les Japonais est plus concentrée sur le présent qu’orientée vers le passé ou le futur.
« Le temps est plus perçu dans sa simultanéité que dans sa succession.
« S’intéresser au présent et l’espace signifie aussi s’intéresser à l’éphémère.
« Quand on valorise le présent au détriment de la durée, la notion d’intervalle (“ma”) est essentielle. “Ma” est un état immobile entre deux mouvements, une suspension dans le cours du temps qui rompt la constance du continuum espace-temps. »
« Ces deux conceptions de la temporalité et de la spatialité distinguent radicalement les Japonais des Occidentaux. »
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: Voilà pourquoi – et comment – le haïku est ce qu’il est, et essentiellement japonais…
À moins d’avoir compris et intégré ces notions, ces conceptions, il est difficile sinon improbable de “faire du haïku” !