Archive de la catégorie «jardin-square-parc»

Haïkus, senryûs, etc. de Py – septembre 01

2 janvier 2010

°°

fin des vacances -
les décolletés
jettent
leurs derniers feux

-

à flanc de colline
des chemins blancs grimpent
- vignes de septembre

-

sur la vallée si plate
bandes chevelues des maïs

-

pas encore huit heures
à collecter les impôts
déjà affairés…

-

finissant sa bière
le soleil descend
derrière le toit

-

filets
saumon rouge
les nuages du couchant

-

dans le sommeil
ses lèvres se séparent…
mes mots s’y glissent

-

en plein nuit
lui dit
« j’aime danser dans ton ventre ! »

-

enroulé autour de son corps
ils regardent un monument
- Reims

-

diamants de pluie
serrés sur la vitre –
que le soleil éclaire

-

piètre jardinier :
les fleurs en plastique
de ma jardinière

°

(11/9/01)

contre le verre de plastique
les grains de sel crissent
- ablutions nasales

-

dans la tour
un avion en flammes
- sur ma poitrine
une araignée ?

°

a traffic sign points
« ONE WAY »
towards the clouds

-

poussière spiralante
le gratte-terre

-

un nuage s’élève
une tour s’effondre
- sunny september morning

- matin ensoleillé de septembre

-

sur un trottoir
tapissé de poussière
une poussette

neige de poussière
par les rues
une poussette vide

-

pour la cinquantième fois
un avion s’enfonce
dans une tour

°

le rouge à lèvres
sous le soleil
criait

-

deux bâtons
se cassent
les miroirs se brisent

-

shouting stars
lips stripped
boiling bloods

étoiles criantes
lèvres dénudées
sangs bouillants

°

cris grimpant
le long de la tour
en flammes

shouts climbing up
towards the
burning tower

-

Haute finance aplatie

-

les mots pour faire mousser
la haine aux commissures …

-

the Giant’s
legs
broken –
loses its head

-

tours effondrées
l’humanité
doit trembler

-

Sattentats…

-

Manha(tt)an

Ma/no/hat/on

-

débris encore fumants
du World Trade Center
les affaires reprennent

°

Une démocratie, c’est un système politique selon lequel on vous demande (parfois) votre avis avant de vous entuber.

°

(restaurant Thaï, Ave de St Ouen)

deux très amoureux
yeux dans les yeux
sourire aux lèvres
buvant l’autre…

-

au détour d’une table
traquer la caresse
la plus ronde…

-

danseuse hindoue idéale
- poème globe

-

sexquise

-

attentations

-

ballottentante

-

ses bien rebondis
tout tachetés de son
- m’entêtent

-

relief de nu -
les boutons de ses seins
font pression sur mes yeux

-

la gueule des poissons
gobe le vent –
ondulations…

(drapeaux koinobori ?)

-

haïquarium

-

entre les dents de sa mère
le petit crocodile

-

au taï-chi
la femme enceinte
ses mains sur son ventre

-

des canards
fendent l’eau -
leur long sillage…

-

avec son engin à moteur
il souffle
les feuilles s’envolent

-

feuilles de papier
blanches du soleil
sur le sol de la chambre

(in : « Avant la nuit » – Reinaldo Arenas.)

-

(restaurant Thalassa – spécialités grecques : )

DÉSOLÉ
La maison n’accepte
pas la carte bleue,
ainsi que les gros chiens.

°°

d. (septembre 01)

Haïkus and co. de Py – novembre 02

30 décembre 2009

°°

petites lampes de l’ordinateur
dans la nuit
- quel atterrissage ?

-

« pelouse au repos »
des feuilles qui s’y collent
week-end de la Toussaint

-

petit ballon noir
luisant sur le trottoir
qu’un couple
botte

-

sous la pluie
une femme rousse
à canne blanche

-

discours pointu
de la chimiste
- son T-shirt

-

novembre –
l’ombre plus froide
dans la rue

-

sous l’abat-jour
un papillon s’agite
et perd sa poudre

-

une sonnerie de garde-barrière
passe en tournant
- autorail

-

vaisselle –
devant son établi
grand-père portait
semblable tablier

-

il lève le doigt,
regarde la lune
à la base de son ongle

(cf. le fameux kôan japonais du doigt et de la lune)

-

tirets flûtés des crapauds-accoucheurs –-
tickets de bus dans le composteur

-

Pont des Arts
en bas-résille :
sifflet tapageur
d’un jeune merle parisien

-

seul
à cette heure du matin
un pigeon roux
dans la rue Cool

-

valse hongroise à l’accordéon –
dormeurs du dimanche-métro

-

ma pisse
sur la piste
d’une pisse ancienne

°

mes yeux
ses seins
suivent leur courbe gracieuse

-

de vous j’ai
vilaine envie
- de jets

-

m’invitant à voir
ses réjouissants reliefs,
elle se rengorge

-

dans le train
mettant ses seins
en valeur
-full moon

-

elle laisse mes yeux
caresser ses seins
- a train journey

elle laisse mes yeux
errer sur sa poitrine
- voyage en train

-

voyage en train –
elle se laisse caresser les seins
de profil

-

ses bras accoudés
au siège devant :
mes yeux barracudas

-

seins suspendus
dans la splendeur de leur ampleur -
elle me regarde la mater
à travers vitre

-

pleine lune –
dans le train elle ose
faire (/ex)poser ses seins

-

de la mater
à la tâter :
quel chemin ?

-

dramaturgescent
: le cou gonflé du sang
de la colère amoureuse

°

il shoote dans une feuille
salle de taï-chi-chuan

-

(kyôku :)

Ne garder
que le noyau
du dire

-

feuilles
soulevées du trottoir :
patchwork jaune et blanc

-

deux tours disparaissent
dans le brouillard
- 24 novembre

°

soleil disque blanc
l’arbre sans une feuille
taï-chi-chuan au parc

-

une feuille
au centre du cercle
de chi-kong

°

routes encombrées :
le barrage de la pluie

-

chien vautré
sur le paillasson du cabinet
Épilation-Bronzage

-

parapluie tendu
il lui montre le chemin

(cf Issa et son haïkaï au daïkon)

-

cornet sur la tête d’un chien :
- pour ses oreilles
ou pour sa voix ?

-

enclume –
un battant enfonce l’heure dans le soir
un coin en France

-

(à Dorothy Howard :)

Le livre de haïkus *
apporté du Canada
sent le bois fumé

* Haïku, anthologie canadienne, D.H. & A.D., éd. Asticou

-

blast road a holiday tree

travaux en cours un arbre prie

°°

d. (novembre 02)

Haïkus and co. de Py – octobre 02

30 décembre 2009

°°

une feuille
à mi-pente du toit –
soleil d’octobre

-

je lève mon bras
finis ma bière

le soleil se couche

-

une flaque d’eau
« assise »
au pied d’un banc

-

oiseaux dans son sweater
tentant de s’envoler :
défilé de mode

(Fashion TV ?)

-

branche enrobée de glace –
une envie de dessert

-

son sandwich à l’œuf
dans le soleil s’écoule
- la vue de son sein

-

tous les pigeons
au pied d’un platane :
une couronne de rémiges

-

(Ravis, rébus :)

Chari et Vari
vont en bateau.
Le bateau chavire.
Qui reste-t-il ?

-

par la fenêtre d’un restaurant
un film de cul
que nul ne zyeute

-

ciel gris aujourd’hui
- un arc-en-ciel
dans le livre de haïkus

-

cris des sauteurs à l’élastique –
la rivière caresse leurs cheveux

°

Lucia
les lumières dans la nuit
Nitra – Paris

-

Lucia plexus solaire
L’encre dans la nuit

°

ce matin
le cri d’un corbeau
libère l’air
- pluie d’automne

-

ancien flirt –
son nom encore
sur la boite aux lettres

(I.D., Strasbourg)

-

en face de ses jambes
je m’assois – ainsi se passe
le voyage

-

prise
par la flaque,
la feuille

(cf A. Obrowski, in Wild Flowers, New Leaves, WHC 2002, p.20)

°

deux lignes
au front,
elle lit

-

pigeon gris
sur le trottoir gris
- Champs-Élysées

-

plus haut que les autres lampadaires
la lune
- Champs-Élysées

-

mon talon s’arrondit
sur l’avenue :
bogues de marrons

-

au bout de la branche
qui s’effeuille :
la lune
et son halo

°

lune
et chope
pour compagnes
- premier froid d’octobre

-

quand serons-nous réunis,
LA monde
et moi ?

when do we reunite :
the she-world
and me ?

°

pissing beer
in a corner
- full moon

pissant sa bière
dans un coin -
la pleine lune

-

pissant des haïkus
à tire-larigole

°

halo-
weeny
moon

-

rencontre
avec une feuille…
week-end d’octobre

meeting
with a leaf
- october week-end

-

tous les matins
au coin de la rue
le galbe des seins
des mannequins

-

soleil revenu
elle astique ses vitres
- balcon fleuri

-

comme moi
son ticket de métro
de sa poche-revolver

-

de plus en plus de seaux
dans les couloirs du RER
- pluies d’automne

°

dans la salle d’attente
du gynéco
elle montre ses seins
à son amie

-

chez le gynéco
la jeune mère joue
avec les jeux pour enfants

-

dans la chaise
gynécologique
il m’observe
au péniscope

°

entre l’éclair
et le tonnerre
l’instant
suspendu

-

samedi matin
un pigeon
flèche le trottoir

-

(kyôku :)

Dire
ce peu
d’importance

-

chasse aux charançons
dimanche après-midi
: le riz complet

-

épaules et bras nus
de cette jeune auditrice
au concert de jazz

-

soufflent sur les feuilles :
le jardinier
et le pigeon qui s’envole

°°

d. (octobre 02)

Haïkus… de Py – juillet 02

29 décembre 2009

°°

l’ombre
guette
l’oiseau

-

solitary purring
all night long :
web haiku

ronronnement solitaire
toute la nuit :
haïkus internet

-

fin du jour
les deux parapluies noirs
ouverts dans la baignoire

-

premier dimanche de vacances :
un saxo s’essaie
des gamins font sauter des pétards

°

« BABY » pousse :
ses seins gonflent son T-shirt
- train des vacances

-

traversant la Loire :
oiseaux blancs
entre bleu et sable

°

bruit désagréable :
le bourdon me chasse
de sa lavande

-

le nez de ma mère
dans la robe du chat
qui revient des foins

°

T’entends la chaleur ?

-

une pomme tombe
lourdement du pin
- début d’après-midi

-

pointillés de cigales
et de chien
cet après-midi de juillet

-

les bruits du silence
à l’ombre d’un pin
studying * renku

* étudiant le

-

le grillon vert
soulève ses « capuchons » jaunes
türüt, türüt

°

premières gouttes
la plage déménage –
l’amitié des galets

°

(l’)incessante succession sonore des cigales
- la mer au Cap Martin

-

une aiguille de pin
retrouvée dans le carnet
à poèmes

-

la bonne odeur des pins chauds
une fourmi tombe du soleil

-

respirant un brin de lavande
tout en lisant
« Mount Hira’s first frost » *

* « premier gel sur le mont Hira », de Bashô.

-

à la pompe
deux femmes enceintes
emplissent leur réservoir

-

devant le fleuriste
la voiture des mariés
samedi de juillet

-

dessous noirs
et robe à fleurs,
elle va à la messe

-

dans le virage en épingle
qui mène à ton col
ma main s’attarde

-

dans le ciel de ta bouche
(- ou de ton ventre)
une pluie d’étoiles

-

l’asphalte fond –
sur son dos
le bleu de la sueur

-

Quoi de nœuds dans la tête ?

°°

d. (juillet 02)

Haïkus … de Py – mars 02

29 décembre 2009

°°

flocons joueurs
sur la ville affairée
- début mars à Metz

-

words coming
and going
- a snowy day

des mots viennent
des mots s’en vont
- jour de neige

-

tracing
erasing -
a snowy day

traçant,
effaçant,
jour de neige

-

(kyôku :)

Énormément gommer
(nommer – gommer )
Faire le ménage
Désamasser

-

les flocons joueurs
les fenêtres de la banque
- début mars à Metz

playful snowflakes
the windows of the bank
- start of march in Metz

°

sur le toit
pigeons roucoulent
contre ton cou
je coule

-

agenouillée
sur ma moquette neuve
- premières bénédictions

-

partouze du matin :
sur ton sexe,
une mouche
et moi

-

Buvant ton thé
pensant à toi
de Singapour

drinking your tea
thinking of you
from Singapour

-

her voice reaches
higher and higher
her body crashes

sa voix s’élève
de plus en plus
son corps s’affale

(sa voix s’affole
son corps s’affale)

-

making love
at the rear of her car
- a chap knocks
looking for his girlfriend

faisant l’amour
à l’arrière de sa voiture -
un gars cogne à la vitre
cherchant sa petite amie

-

le soleil se lève
sur la plaine inondée
- ciel double

-

sa hache en plastique
contre l’érable
du boulevard

-

a fine morning
two towers burn
eastwards

un beau matin –
deux tours fument
vers l’Est

-

lune de six heures
la fumée noire de la micheline
monte vers le dôme

-

gorge au matin :
des perles de rosée
soudain s’embrasent

-

demi-lune debout -
ses yeux fermés
derrière le cercle
de ses lunettes

-

la lune scindée
par le G-string – tour Eiffel

-

tous les matins
nettoyer ses carreaux
- poussières de rêves ?

-

ses yeux
deux boules closes
et le soleil dessus

-

Amagne-Lucquy :
la chance d’y vivre ?
champs givrés

-

jardins où poussent
après le brouillard
des rangs de salades

-

un camionneur
jette une pièce usagée
en plein champ
- un train passe

-

son sac de voyage
fait chanter le trottoir
bon matin de mars

-

étendue d’eaux -
le paysage noyé
dans la brume

-

à perte d’obstacles
le regard glisse sur l’eau
- une barque à quai

-

dans la toilette du train
du sperme giclé
un peu partout

-

dans le train
les yeux d’une femme
qui aime boire

-

à l’avant du van
lui montrant comment
jouir sans gicler

-

ses pointus
ses cloutés
son corps une oeuvre d’art

-

sur ses seins
la pointe de mes yeux
- taille douce

-

le plein des rondes
les musiques des sphères

-

le printôt bien temps
les oiseaux mêlent leurs voix
mars à Metz

-

avant de la renvoyer
dans ses foyers
il lui tisonne
l’âtre

-

mes yeux sur ses seins se posent
un avion virgule le ciel

-

une fumée blanche
- amical coucou
sort de sa cheminée

-

une belle dans le métro
s’embellit encore
de maquillage

-

dans mes tiroirs
de vieilles lettres d’amour
toujours

in my drawers
old love letters
for ever

-

l’encre de son échancrure -
un stylo d’ombre médiane

-

de temps en temps
elle les rajuste
tirant sur ses bretelles
souples

-

ma main sur sa poitrine
vite fit le tour
de sa propriétaire

-

centimètres carrés
de résille entrevus
centimètres-ronds

-

à l’extrémité
de son sein gauche
son insigne de flic

-

la grosseur de ses seins
mastocs
m’estoque
- sticky stick

-

mes cuisses sous les tiennes
assis
nous traversons la nuit

-

les seins des mannequins
pointent dans la vitrine
- l’approche du printemps

the models’ breasts up
in the shop window
- spring coming

-

libidînons ensemble …

-

pas besoin de boire
pour être ivre
me dit-elle
ce soir
au restaurant

(Jhb, RSA, 197?)

-

sur la cheminée
le pantalon bleu du couvreur
- équinoxe vernal

-

une capote gonflée
roule sur le trottoir
- soirée de printemps

-

elle téléphone
il l’enfile
elle téléphone

-

sept heures du matin
un moustique dans le wagon
travailleurs endormis

-

il gara sa safrane
place du 30 août 44

°

dans le cerisier
en bleu de travail
l’épouvantail

-

dans le champ
il fait sa gym
- épouvantail

-

pour protéger les fraises
l’épouvantail
secoue ses tôles

°

je t’en laisse un /
je tends les seins

-

sous le magnolier en fleur
le parfum
d’une passante

chaussures blanchies
par la longue promenade
bords de Seine, fin mars

(Lucia S., Paris, 30/3)

-

the tourist’s big long yawn
the sun of Easter monday
on Montmartre

grand long bâillement d’un touriste
au soleil de Montmartre
ce lundi de Pâques

°°

d. (mars 02)

-

Haïkus… de Py, nov. 01

28 décembre 2009

°°

découpe sombre
des bâtisses au bleu du soir
- sérénité

découpe sombre des buildings
- tes lèvres
au bord du soir

-

les mots
tapis
dans l’encre

-

visions
of sculptural beauties
in this age of wars
- discrepancies

visions de beautés sculpturales
en ces temps de guerre
- abruptures

(Fashion TV)
-

le museau humide
de la petite chatte
sortant des toilettes

-

minuit – les feuillages
animés de mille chants
lune de novembre

-

lune déclinante
les quais remplis de voyageurs

-

un peu de ciel
sur ses yeux
pour commencer la journée

-

se malaxant les mamelles
elle l’excite
- pluvieux dimanche

-

une araignée règne
sur l’émail non-rayé
de la baignoire

-

sur l’émail
de la baignoire
l’araignée
dévisse

-

les ouvriers soufflent
plus fort que le vent
sur les feuilles

-

petits diamants
sur les vitres
le ciel gris

-

de la surface rouge du thé
des voiles de fumée
s’élèvent

de la surface rouge du thé
tapis célestes
vite envolés

-

d’aussi bon matin
la serveuse
en formes

-

du haut de ma chambre
une femme en dessous
se change
se rechange

-

elle avance
son manteau se fend
on voit sa jambe
- train d’automne

-

le parc sous les feuilles -
toute une assemblée de lycéennes
sur un banc

-

sa crotte de nez
- au goût salé je suppose -
qu’elle pose sur sa langue

-

(kyôkus :)

Donner à voir
le plus directement possible.

Simplifier au possible.

-

restaurant :
plus de coques que de moule
mais fameux céleri !

-

mannequins :
toutes les seins haut pointés
- froid de novembre

-

du lierre grimpe sur le toit
les feuilles dégringolent -
gammes ascendantes
gammes descendantes

-

(kyôkus :)

Haïku :
point trop d’infos ne faut !
- Ciseler.

Sens du précis, du concis, de l’épure.
Sens du peu, d’où naît le plus.

-

des nuages encombrent
le nez du ciel

-

deux tours
deux trous

-

e-friend :
i kiss her
on the mouse
- morning of one

un baiser
à la souris
- une heure du matin

-

du poivron
la langue bien recourbée
- point G

(- point G-mir(e))

-

Haïkus sur le net :
chambre froide
café froid

-

transportant l’insecte
si loin de chez lui
en voiture

carrying the insect
so far from home
- a car journey

-

petite serviette rose
sur laquelle elle se pose
pour lèche-minou

-

the limping girl
first
upstairs

la boiteuse
première
en haut

-

mouvements des feuilles
par les vitres ensoleillées -
chi-kong

-

sans nouvelles du monde
100 papillons volent dans l’herbe
ce matin

(Hillbrow, RSA, 197?)

-

sur le trottoir
à même la bouche d’égout
un corps endormi

-

ce matin
déguster ton sushi
du bout de la langue …

(: pub-métro)

-

Pour se maquiller
elle ouvre une bouche de poisson
- vendredi soir

-

Il vieillit
derrière son piano -
ses airs
n’ont pas pris une ride

(un pianiste, Butte Montmartre)

-

(Rêve :)

Soixante pétales de cerisiers
emportés par le fleuve :
tel fut mon amour pour elle cette nuit-là,
femme d’un chef mafieux.

Au matin, nous n’existions plus,
emportés par ce fleuve unique
qui coule dans nos veines.

-

He sings
(when) she swallows
spring springs !

Il chante
(quand) elle avale // hirondelle
le printemps bondit !

°

You spring
I swallow

Toi printemps
Moi hirondelle

// Tu bondis
J’avale

°

mon printemps
(je) t’y rondelle(s)

-

des phares se mirent
sur la chaussée
- mi-novembre

-

devant les phares
les gouttes de pluie défilent
les passants traversent

-

le train bondé
n’efface pas les gens
du quai d’en face

-

lune carrée
au flanc de la nuit
- cette ville

-

Mon alliance. Aplatie dans un tiroir.

-

amas d’oreillers
à mon côté :
ton côté

a pile of pillows
at my side :
your side

-

ses clairs dessous bleus
dans le panier d’osier
la nuit les emporte…

-

moite novembre
le souvenir de toi
mouille mon pinceau

-

À 8 heures
lire de la poésie
dans le train de banlieue
sur le quai
certains bâillent

-

pot de fleurs blanches à la main
chapeau noir sur la tête
dimanche midi

-

sur les pentes de tes reins
mon oeil se repose -
montée du métro

-

Une heure trente du matin
des oiseaux chantent
Les feuilles pas tombées
fin novembre

-

la pluie clapote sur le zinc
le zinc clapote sous la pluie
une étendue de nuit …

-

(kyôku :)

Écrire – Oublier – Relire

-

dans la journée
vingt élèves -
vin, tes lèvres
le soir

-

de la pointe de ses seins
le fil de deux gros ballons rouges
s’élève

(- Noëlle)

-

cannes et sacoches
suspendues au tronc du platane :
terrain de boules

-

décembre approche
la contrôleuse aussi
sur ses belles jambes

°

belles jambes écartées
la contrôleuse
dans l’allée du train

-

la lune d’un grain de riz
sur la nuit d’une feuille aromatique

-

” Le haïku retire le plus de mots possibles entre “la chose” et le lecteur. ”

R.H. Blyth, (Haiku

-

la pâtissière
dont je mange les gâteaux
- pluie dehors
soleil dedans !

-

une feuille tombe
dans l’incessant tumulte
- parapluies ouverts

°°

d. (novembre 2001)

Haïkus… de Py – août 01

28 décembre 2009

°°

constellé
de grains de beauté,
le ciel d’été

-

l’ivoire des touches
de l’accordéoniste
- usé par ses doigts ?

-

dans l’épicerie
la femme arabe
fait ses devoirs
de français

-

entre ses gros seins
son petit chien se blottit
- métro, ligne 13

-

jeune Sévillane
tournoyant
sans dessous dessous

-

l’enfant se baigne
parce que
” j’aime danser avec la mer ! ”

-

L’imminent désastre :
vivre dans la hantise de -

-

la pluie
ses roulements
ses baguettes
sur la caisse-claire du zinc

-

la pluie
tape à la machine
un poème d’insomnie

-

Satisfesses …

-

les dents des cheminées
dans la bouche du ciel
- crépuscule d’août

-

mois d’août -
les silences
de Paris

-

Août -
le poisson rouge du bureau
lui aussi en vacances ?

-

so smooth the mirror -
wrinkled face

la glace
ne fait pas un pli –
visage ridé

(d’après Sylvie R-Duboisin, in “Traces 142″)

-

toutes ces places
de parking payant
vides :
août à Paris

-

(tanka :)

dans le champ
nos jeux amoureux –
être
ou ne pas être
vus ?

in the field playing
erotic games :
to be
or not to be
seen ?

-

en bas dans la rue
la roulotte de la factrice
- l’heure du réveil ?

-

(kyôku :)

En dire le moins possible
pour que le questionnement
(de l’autre ?)
soit le plus grand possible

-

silence
comme seul en été
torpeur

-

Une mouche bleue
venue puis repartie
- après-midi d’août

-

au coin de la rue
ne sont plus
les deux femmes aux chiens
bavardant

-

Dans le miroir
de ses boucles d’oreilles
la vache rit
à l’infini

-

Dans le tiroir
de ses hanches d’abeille,
je ris du bon sablier !

-

le soleil descend
le long de sa jambe
- puis remonterait ? -
train de banlieue

-

noire
et jaune salamandre
pétrifiée
sur le chemin

motionless : the black
and yellow salamander
on the jogging path

-

à voir son viage
écoutant de la musique :
larmes soudaines

-

champ tout en courbes :
nappe soulevée de (la) terre

°

Veille de leur deuxième
anniversaire de mariage :
ils décident
de se séparer

Braiment de l’âne
dans l’après-midi d’août
Elle, pas avec lui

Elle dit
” Naan “
comme une porte se ferme

°

comme une poule
glousse
elle riait

-

deux arbres
témoins tutélaires
dans le champ vibrant d’août

-

champ faîtier
recouvert de blanches
carottes sauvages

-

blanc champ
de carottes sauvages
couronne
le mont grésillant

-

bandes blanches
des carottes sauvages
au bord du champ

-

bandes blanches sur la route,
carottes sauvages dans le champ

-

belles ombrelles blanches
des carottes sauvages
dans le champ d’août

-

fine toile
d’araignée
tamis
de rosée

-

de l’autre côté des halliers :
sueur
et rosée

-

six
heures
l’âne brait
le jour point

-

deux avions de chasse
rudoyant le ciel

-

sur le perron
le chat couleur pierre
de sa patte arrière
se gratte,
attendant
l’heure du repas

-

le silence de midi
les bruits de midi
allongé avec la chatte
au jardin

-

un papillon folâtre
dans mon rétroviseur -
pommes sur le chemin

-

feuilles ajourées -
dentelle nourricière
d’insectes d’août

-

Midi
De l’ombre
que sous les pissenlits

-

sur ce chemin
à l’ombre
mots arides

-

hirsutes soleils
à la force de l’août
vos pommeaux secs

-

jaunes, ô pâles
tournesols,
les galettes beurrées d’août

-

Récolte du tabac
Près du tracteur
trois enfants

-

M’arrêtant près d’un genévrier -
un garenne repart
tranquille

-

banc à l’ombre
de la canicule -
contemplassis

-

arbre nu
noueux
dressé au milieu du champ
- l’apogée de l’été

-

un épouvantail
au beau milieu d’un tracteur,
bras en croix

-

Peuplier lissé de caresses
supérieures

°

un couple sur le pont
regarde passer la Dourbie
- et sept canards

-

D’un caillou saute l’eau bruiteuse
L’on voudrait oublier les klaxons
les moteurs
L’on s’enfonce dans la gorge
entre les seins pointus des rochers
L’on s’endormirait au chant
de cigales, d’oiseaux frondeurs …

-

Sur le pont
une jeune femme en short
regarde droit dans l’eau

De l’autre côté
trois enfants descendent en maillot
la plage de galets blancs
pour s’y baigner

Le ciel est gris
L’août tire à sa fin
La Dourbie descend ses galets

La pluie nous atteint sur la rive
moi et les mots d’amour que je découvre
(que je dévore, que je savoure)
d’un charnel trio bi-féminin
à en découdre l’après-midi
près des galets me régalant

(: ce gars-là s’est régalé…)

-

La rivière coule blanc
sans bruits maintenant,
retourné dans l’habitacle-à-roues
que j’emporte plus loin
qu’ici, Roque Sainte-Marguerite

-

Cantobre -
un âne scie
son bout d’après-midi

-

cardabelles clouées
sur la porte d’entrée

un cageot de patates
encombre l’escalier

-

sa fontaine non potable
aux quatre poissons rouges

-

” Lou Païs ount las poulos
graton pas en ares “

(” le pays où les poules
ne grattent pas en reculant “

-

boutons
sur la robe des champs :
les meules de foin
à flanc de côteau

-

Le vent sur le causse -
l’herbe en frissons

-

asters désertés
boules bleues des chardons
gris rochers ridés…

contemplation éperdue

-

maison éventrée
aux vents du Larzac
Belvezet

°

Dans le train son sein
bien rond bien blanc
à admirer -
sonnette d’alarme !

°°

d. (août 2001)

pin

3 novembre 2009

°

du bout du pin
un fil
le soleil

°

d.(Montpellier, 29/10/09)

plume

25 octobre 2009

°

Octobre
une plume
tombe

°

d.(10/09)

jog du jour d’hier

16 octobre 2009

°

l’oiseau noir
sur une branche dénudée
au-dessus de l’eau

°

d.(Sq. des Bat., 15/10/09)