Archive de la catégorie «haïkuisine»

Haïkus and co. de Py – septembre 02

29 décembre 2009

°°

trois heures du matin
la courte plainte réitérée
d’une (voix de) femme

-

depuis la nuit
où elle jouit
la fenêtre de l’appartement bat

°

a lone survivor
tonite
in my toilet bowl

un seul survivant
cette nuit
dans mes toilettes

°

lundi matin
de la rentrée –
elle astique
sa voiture

-

matin de brume
tant de toiles d’araignées
sur les bas-côtés !

-

assise sur le trottoir
elle mendie
en tricotant

°

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches du rang
pris et menotté

-

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches emmené
avec son carton à dessin

-

carton à dessin sous le bras,
le flic en tenue :
vendeur alpagué

°

transporté
par une belle musique,
lâcher le présent

-

tout fin croissant de lune
au bout de mon doigt
la lumière du jour

-

dimanche nuageux
l’écran de l’ordinateur

°

comme deux dents manquant
dans la bouche de Manhattan

-

de la tour en feu
des milliers de papiers volent
des corps s’écrasent

(cf : documentaire des frères Naudet)

-

en contrebas des tours
ses peintures
soufflées,
criblées de verre

-

fourmis multicolores
cherchant encore d’autres fourmis
un an plus tard

-

ratissant
systématiquement
le jardin de métal

-

contempler la lune -–
contempler l’espace
des tours manquantes

-

343 pompiers morts -
des haïkus 575

-

tels guêpes
au pied d’un mille-feuilles :
pompiers sur ground zero

-

humains disloqués
sculptures de Rodin en miettes
au pied des jumelles

-
°

brouillage télévisuel :
représentation de plus en plus virtuelle
du monde bidonné

-

sur le muret
une portion de frites -
le jour grandit

-

long train
de voitures neuves -
le soleil au bout des rails

-

before crossing me
she buttons her jacket –
rue de la Jonquière

avant que je la croise
elle boutonne sa veste –
rue de la Jonquière

-

apprenant du vin
la robe
la jambe
les larmes

-

slip fuchsia
Japonaise
train septembre

-

saules penchés
rivière ridée
parcours kayak

-

semant ces miettes
- pour quels oiseaux ?

-

ne pas oublier …
: se repasser une cassette
d’océan
d’oiseaux

-

les pentes noires
de ses monts jumeaux
… neiger

-

début mai
le nuage nucléaire dérive
à travers l’Europe

(Tchernobyl, 1986)

-

(” kyôku ” :)

” Donner à voir. ” (Éluard)

-

musique tibétaine -
au pied du podium
trois fillettes dansent

°

le vin du soir
par-dessus les vignes
de Champagne

-

feu du couchant
dans les arbres sages
- la fin de l’été

-

le feu des nuages
enflamme les arbres sombres
- couchant de septembre

-

l’incendie du ciel
au-dessus des vignobles de Champagne,
septembre

-

la colline brûle
les vins s’endorment
Champagne septembre

-

comme si j’avais bu
le vin du soir
dans les vignes de Champagne,
m’endors

-

tout d’un coup
le rouge du soir
mouché -
train noir

-

au lieu d’écrire
grosses bises,
écrivant
grosses bites
- oh !

°

quelques gouttes à la fenêtre
viennent arroser
les fleurs en plastique

-

gouttes de pluie
à la fenêtre
pour les fleurs en plastique

-

petites gouttes
à la fenêtre
les fleurs en plastique

°

nue
sous ses bottes
et sa fourrure
: matin dans Paris

(1970 ?)

-

ton soutien-colombes
pigeonnant…

-

petit à petit
le nid
fait l’oiseau

-

la pointe de tes seins
masse le creux de mes paumes
- quel meilleur chi-kong ?

-

libérées
tes deux tourterelles
s’envolent vers mes paumes…

-

la cuisinière
nous présente sa recette
: la manger des yeux !

-

le ventilateur
encore dans son bureau
à l’entrée de l’automne

-

sur la neige
les étoiles
de la voie

(cf Evelyne Voldeng, in Dire le Nord, p.108)

-

le rebord du toit
ourlé de lumière
- la mer lointaine

-

Il fraîchit -
livre écorné
dans le noir

-

le chat
détale du comptoir,
sac à poissons en bandoulière

-

tandis qu’elle regarde
dans la poubelle,
son chien pisse dessus

°

une mouche
m’accueille chez moi
fin septembre

-

dans l’appartement de septembre
une mouche
pour compagne

-

mouche de septembre,
passeras-tu octobre
avec moi ?

°

au faîte de l’île :
ailes renversées

-

(kyôku :)

haïku sans kigo (/5) = alexandrin ?

°°

d. (septembre 02)

Haïkus… de Py, nov. 01

28 décembre 2009

°°

découpe sombre
des bâtisses au bleu du soir
- sérénité

découpe sombre des buildings
- tes lèvres
au bord du soir

-

les mots
tapis
dans l’encre

-

visions
of sculptural beauties
in this age of wars
- discrepancies

visions de beautés sculpturales
en ces temps de guerre
- abruptures

(Fashion TV)
-

le museau humide
de la petite chatte
sortant des toilettes

-

minuit – les feuillages
animés de mille chants
lune de novembre

-

lune déclinante
les quais remplis de voyageurs

-

un peu de ciel
sur ses yeux
pour commencer la journée

-

se malaxant les mamelles
elle l’excite
- pluvieux dimanche

-

une araignée règne
sur l’émail non-rayé
de la baignoire

-

sur l’émail
de la baignoire
l’araignée
dévisse

-

les ouvriers soufflent
plus fort que le vent
sur les feuilles

-

petits diamants
sur les vitres
le ciel gris

-

de la surface rouge du thé
des voiles de fumée
s’élèvent

de la surface rouge du thé
tapis célestes
vite envolés

-

d’aussi bon matin
la serveuse
en formes

-

du haut de ma chambre
une femme en dessous
se change
se rechange

-

elle avance
son manteau se fend
on voit sa jambe
- train d’automne

-

le parc sous les feuilles -
toute une assemblée de lycéennes
sur un banc

-

sa crotte de nez
- au goût salé je suppose -
qu’elle pose sur sa langue

-

(kyôkus :)

Donner à voir
le plus directement possible.

Simplifier au possible.

-

restaurant :
plus de coques que de moule
mais fameux céleri !

-

mannequins :
toutes les seins haut pointés
- froid de novembre

-

du lierre grimpe sur le toit
les feuilles dégringolent -
gammes ascendantes
gammes descendantes

-

(kyôkus :)

Haïku :
point trop d’infos ne faut !
- Ciseler.

Sens du précis, du concis, de l’épure.
Sens du peu, d’où naît le plus.

-

des nuages encombrent
le nez du ciel

-

deux tours
deux trous

-

e-friend :
i kiss her
on the mouse
- morning of one

un baiser
à la souris
- une heure du matin

-

du poivron
la langue bien recourbée
- point G

(- point G-mir(e))

-

Haïkus sur le net :
chambre froide
café froid

-

transportant l’insecte
si loin de chez lui
en voiture

carrying the insect
so far from home
- a car journey

-

petite serviette rose
sur laquelle elle se pose
pour lèche-minou

-

the limping girl
first
upstairs

la boiteuse
première
en haut

-

mouvements des feuilles
par les vitres ensoleillées -
chi-kong

-

sans nouvelles du monde
100 papillons volent dans l’herbe
ce matin

(Hillbrow, RSA, 197?)

-

sur le trottoir
à même la bouche d’égout
un corps endormi

-

ce matin
déguster ton sushi
du bout de la langue …

(: pub-métro)

-

Pour se maquiller
elle ouvre une bouche de poisson
- vendredi soir

-

Il vieillit
derrière son piano -
ses airs
n’ont pas pris une ride

(un pianiste, Butte Montmartre)

-

(Rêve :)

Soixante pétales de cerisiers
emportés par le fleuve :
tel fut mon amour pour elle cette nuit-là,
femme d’un chef mafieux.

Au matin, nous n’existions plus,
emportés par ce fleuve unique
qui coule dans nos veines.

-

He sings
(when) she swallows
spring springs !

Il chante
(quand) elle avale // hirondelle
le printemps bondit !

°

You spring
I swallow

Toi printemps
Moi hirondelle

// Tu bondis
J’avale

°

mon printemps
(je) t’y rondelle(s)

-

des phares se mirent
sur la chaussée
- mi-novembre

-

devant les phares
les gouttes de pluie défilent
les passants traversent

-

le train bondé
n’efface pas les gens
du quai d’en face

-

lune carrée
au flanc de la nuit
- cette ville

-

Mon alliance. Aplatie dans un tiroir.

-

amas d’oreillers
à mon côté :
ton côté

a pile of pillows
at my side :
your side

-

ses clairs dessous bleus
dans le panier d’osier
la nuit les emporte…

-

moite novembre
le souvenir de toi
mouille mon pinceau

-

À 8 heures
lire de la poésie
dans le train de banlieue
sur le quai
certains bâillent

-

pot de fleurs blanches à la main
chapeau noir sur la tête
dimanche midi

-

sur les pentes de tes reins
mon oeil se repose -
montée du métro

-

Une heure trente du matin
des oiseaux chantent
Les feuilles pas tombées
fin novembre

-

la pluie clapote sur le zinc
le zinc clapote sous la pluie
une étendue de nuit …

-

(kyôku :)

Écrire – Oublier – Relire

-

dans la journée
vingt élèves -
vin, tes lèvres
le soir

-

de la pointe de ses seins
le fil de deux gros ballons rouges
s’élève

(- Noëlle)

-

cannes et sacoches
suspendues au tronc du platane :
terrain de boules

-

décembre approche
la contrôleuse aussi
sur ses belles jambes

°

belles jambes écartées
la contrôleuse
dans l’allée du train

-

la lune d’un grain de riz
sur la nuit d’une feuille aromatique

-

” Le haïku retire le plus de mots possibles entre “la chose” et le lecteur. ”

R.H. Blyth, (Haiku

-

la pâtissière
dont je mange les gâteaux
- pluie dehors
soleil dedans !

-

une feuille tombe
dans l’incessant tumulte
- parapluies ouverts

°°

d. (novembre 2001)

réveil

17 octobre 2009

°

réveil :
l’odeur du pain
tout juste cuit

°

d.(17/10/09)

pain

12 octobre 2009

°

mon pain au four
rêvant
de la boulangère

°
(P.Q.R.)

des pans de pain
qui n’ont pas cuit :
recette ratée

°

d.(12/10/9)

haïkus, kyôkus, Py fév. 09

17 septembre 2009

°
-
le pain cuit
le halo de la lune
-
-
le nombre de flocons
qu’il faut
pour nourrir
un aveugle ?
-
-
orgasme
à travers la couleur du soleil
-
-
cultivant la solitude
- riz complet
-
-
au pied d’un christ en croix
(1826)
pisser
(2009)
-
-
d.(2/09)

pain

6 septembre 2009

°
-
En pleine nuit
l’odeur du pain
-
°
-
d.(6/9/9)

bol d’eau

24 juillet 2009

°

au bout de l’an
l’eau bout
pour la boldo

°

d.(3/07 ?)

Haïkuisine

23 juillet 2009

°
HAÏKUISINE :

(préparation du pain :)

deux bulles d’huile
se poursuivent
et s’unissent

°

d.(Paris, 23/7/09)

lune – beurre – haïkuisine

20 juillet 2009

°

morceau de beurre

la lune

dans ma soupe

°

d.

lune – sauce – haïkuisine

20 juillet 2009

°

pleine lune

la sauce

au fond du saladier

°

full moon

the salad dressing

in the bowl

°

d.