Archive de la catégorie «haïbun»

éloge de la lenteur (1)

5 octobre 2009

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La volupté des lents voyages…

dans le compartiment du train, vide, que j’élis, je pénètre, ferme les rideaux donnant sur le couloir, relève les accoudoirs, prépare à une extrémité un oreiller fait de mon sac à dos, de ma veste, retire mes chaussures, prends un livre, un carnet, de quoi souligner, de quoi écrire, puis m’allonge et entreprends de lire, d’écrire ou de dormir

Ah, la volupté des lents voyages !

°

d.(5/10/09)

Ceux-ci c’en sont – Py, décembre 07

27 septembre 2009

DÉCEMBRE :

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le cri
de l’anse de la théière
- le matin calme

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Le haïku n’est pas un poème de la « pensée », mais un poème ( ? ) de la sensation, primordiale(ment).

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à la lecture de haïkus,
ma femme
en porte-jarretelles

-

au récital de haïkus
aucun visage connu

°

Penser (/ réfléchir) c’est rater :
C’est au détriment de voir, sentir, goûter…

°

au milieu de la messe
pour un ami
la sonnerie d’un portable

°

Élaguer –
Dénuder :
à l’os, à l’os !

°

piaillent
en haut de la gare –-
mi-décembre

-

rendez-vous d’oiseaux
ce matin
dans la gare

-

grève -

sur les quais
que la voix
des oiseaux

°

petite vieille en fourrure
- le soleil du cimetière

°

égouttoir :
un tupperware vert
en chapeau-cloche
à la Hopper

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Insomnie :
l’odeur du pain
qui cuit

°

sur ta fesse
comptant les pieds
de mon haïku

°

matin
il se cogne au poteau du métro
et dit
« pardon ! »

°

dans le caniveau
s’étire
le soir rose

°

Écrire un haïku
c’est planter un décor,
montrer le décor,
pas le décorateur !

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ses jambes
cisaillent le trottoir -
cadeau de fin d’année

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(Tanka :)

dans les endroits publics :
moi de plus en plus vieux,
elles de plus en plus jeunes ? –
le niveau des verres :
stable

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le soleil
dans son décolleté
mes yeux

°

Lisant La Saveur du zen - poèmes et sermons d’Ikkyu – Éd. Albin Michel
et descendant en T.G.Vers Montpellier :

entrant dans le grand blanc
même les arbres sont blancs
- veille de Noël

-

de l’autre côté du tunnel : le soleil.

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(Autocar des vacances, haïbun :)

la lune ronde
sur Noël
les vitres de l’autobus

Du haut de la montagne, les lumières de Millau, véritable rivière dorée, la nuit du 24
décembre

Millau qui s’étale
Millau qui brille
… et les piles pâles du pont

(Montpellier-Millau, 24/12/07)

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« Arriver à l’état final d’épuration maximum »
: Meriem Fresson, p.17 de « Le haïbun francophone et anglophone contemporain ».

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dans l’avenue
le soleil me suit
- Noël

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le petit jésus
toutes les âneries
toutes les boeuveries -
c’est dingue, donc !

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à tout petits pas
les vieux résidents du Foyer
- fin de l’an

-

avec sa canne
et sa rampe
fin de l’an

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dans l’appartement
les pendules entrecroisent
leurs pattes -
88 ans

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râle de plaisir
dans une chambre voisine
le faîte de la nuit

-

hier cri d’amour
ce soir ronflement :
minuit à l’hôtel

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(sortant de chez la cousine :)

le trait rose d’un avion
- deux meuglements de vache

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Deux éléments s’unissent
et forment un
« esprit unique »

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Techniqu’haïku (= paradoxe ?)
Trancher les liens grammaticaux, orthographiques, de ponctuation… entre les deux membres du haïku (⇒ apposer, juxtaposer.)

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deux jambes
deux cannes :
mère m’accompagne
à l’autocar

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sur le pas de la porte
des chaussures de chantier
- dernière semaine de l’année

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Garrett Lisi, physicien :
« La seule question qui compte est de savoir si une théorie décrit ou non la réalité physique. »

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G.Dussaussoy, in Le Bouddhisme Zen, Flammarion 2001, p.99 :
« Il ne cache rien mais ne retient que l’essentiel. »

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Parodiant le Daodejing (chap. XI) :
Les haïkus sont faits de mots, mais c’est dans leur vide (/ silence ?) que réside leur utilité.

°

l’orange se couvre de blanc
- dernier jour de l’année

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d.py, Paris, (2007 – 27/9/2009).