Archive de la catégorie «familiku»

Haïkus, senryûs, kyôkus… de Py – janvier 06

2 janvier 2010

°

passage à l’an neuf
dans un slip de la veille

-

” La terrible avancée des gonocoques “
titre le Figaro

-

dans le miroir de ma pomme,
ma trogne,
début d’an

-

hippopotamement
elles balancent des fesses
- début d’an

-

(Voeux ? : )

Je vous prie de recevoir,
très cher,
mon coup de pied au but !

-

meilleurs v(oeufs) 2006 –
en Turquie, la grippe aviaire
gagne les enfants

-

(Expression – kyôku :)

J’en tombe sur le haïkul !

-

(Onomatopékou :)

coucou coucou cou
j’entends la voix du coucou
cou coucou coucou

°

(kyôkus :)

Farcissant son haïku de pieds …

-

Se dégluer des mots.

-

l’ambiguïté du sujet
: qui ouvre “du” sens …

°

tétant ton sein tranquille
ce matin blanc de janvier

-

pointe n’y touche …

-

les lèvres de cette noire
: grasses,
où mon regard glisse

-

bas quadrillés
sur les belles cuisses
de cette femme
: sudoku ?

-

sur son tabouret
écartée
elle coiffe son client
- un-quart janvier

-

dans le faisceau des phares d’un camion
les mi-jambes d’une femme
qui va entrer dans cet immeuble

-

enveloppé
dans un sac à sapin doré
- trottoir de mi-janvier

-

Renoir et Leroux
côte à côte
sur l’étal du libraire

_

non loin de l’assiette de harengs
la chatte regarde
par la fenêtre

-

Le réveillant,
le contrôleur annonce
la gare de Dormans

-

dans le ciel d’un trottoir
passe l’ombre d’un oiseau
- pluie de mi-janvier

-

” Ton Ti-è Tohu ” :
premier oiseau du soir

-

La Miss-Miches obligée
de chaque émission télé

-

L’assassin Sharon
enfin traduit …
en justice ?

-

dans un bidet
de la maison à l’abandon :
salamandres engourdies

°

traînent
sur le pavé de janvier
des feuilles rousses …

-

raaac raaac raaac raaac
un oiseau noir
dans le soir de janvier

°

d. (1/06)

Haïkus… de Py – avril 03 – a)

1 janvier 2010

°°

par les temps qui tombent …

-

strutting peacocks
behind their pulpits
: daily report

paons paradant
derrière leurs pupitres
: rapport journalier

-

daily need
to justify their
deadly deed

besoin quotidien
de justifier
leur mortelle action

-

listen between their teeth

écouter entre leurs dents

-

the (k)nights of Apocalypse

les chevaliers (/ les nuits)
de l’Apocalypse

-

foaming at the brain
humanly disordered

écumant du cerveau
humainement givrés

-

Ici nuits blanches
Là-bas nuits rouges

-

gory alleluias

-

killing people
maiming words

tuant les gens
mutilant les mots

-

god less war
peace less world

guerre impie
monde sans paix

-

mas(ked) destruction

destruction mas(quée)

-

a stray god

un dieu errant

-

c’est le théâtre de la guerre
et les acteurs sont mauvais

it is a war theater
and the actors are bad

-

Verset biblique ?
Verset satanique ?
Père UBush

-

nauséabondieux

-

printemps 2003
floraison macabre

-

les Barbares sont de retour
- lune montante

-

Bush à Berde
G.W. Butch-er
George U-2 Bush

-

bird names in the bush

insultes dans le bush

-

as if everything were fine :
the business
the weather

comme si tout allait bien :
les affaires
le temps

-

Hell
from the
sky

l’enfer
descend du
ciel

-

Il porte sa fille
qui ne pourra plus
se porter
-lambeaux de pied

-

They kill us
saying they’re freeing us
They’re frying us !

They are the failure of the verb

Ils nous tuent
nous disant qu’ils nous libèrent
Ils nous font rôtir

Ils sont l’échec du langage

-

La guerre met fin au langage…

-

l’humanitaire
pour voiler l’inhumain

-

your words stink
of blood
flesh
and oil

vos mots puent
le sang
la chair
le pétrole

-

Lord of the Rigs :
Le Seigneur des Tonneaux

-

votre camp humanitaire :
un musée des horreurs

-

campagne de l’Unicef :
« La faim tue les enfants en Irak » -
des pigeons picorent
les trottoirs parisiens

-

La Liberté …
de piller les ressources
de l’Irak

-

une bombe à fragmentations
=
trois terrains de football

-

trous de bombes
creux de tombes
tragédies en sous-sol

-

cadavres laissés
dans les carcasses de leurs voitures :
Bagdad libérée

-

Bush-War-Blair
(- bush warbler )

-

les murs tombent,
les promoteurs
se frottent les mains

-

Les Marines
laissent tout piller
sauf le ministère du pétrole

-

L’Axe des Biens

-

War Bush et mourir

-

Bagdad Far-West

-

Looking for weapons
Finding oil !

Cherchant des armes
Trouvant du pétrole !

-

(We want) evidence -
so far
oil
is
the only one

(nous voulons) l’évidence -
jusqu’ici
le pétrole
en est
la seule !

-

one
evidence :
oil

une évidence :
le pétrole

-

freedomination

-

hallaliberté

-

Jamesbondieuseries

-

humaniterreur

-

occupants
occupés
à chasse-garder
le pétrole

-

rodomontages

-

to trust the tales of a nation at war ?

faire confiance aux
contes
d’une nation guerroyeuse ?

-

Baghdad and Baghmum
killed – and I can’t count
on my fingers anymore

Bag-maman et Bag-papa tués
et je ne peux même plus
compter sur mes doigts !

-

pour s’être opposée
au carnage et au chaos :
punir la France

as an opponent
to Murder and Chaos
France must be chastised

-

the whole world sees
it’s for petrol they’re in there
- but themselves

Le monde entier voit
que c’est pour l’or noir
qu’ils y sont -
Eux
se voilent la face !

-

carnage et saccage :
les deux mamelles
de la « liberté » irakienne

-

un bâton sous la gorge
et un couteau dans les roues

-

tens of thousands of Iraki people
freed
from life

des dizaines de milliers d’Iraquiens
libérés
de la vie

-

U.S. spreading
anti U.S.
Resentment

Les USA répandant
le ressentiment
anti-US

-

évidence
de « destruction massive » :
quinze fûts suspects

-

one wanders why
they so desperately look for proofs
they never needed !

on se demande bien pourquoi
ils cherchent si désespérément des preuves
dont ils n’ont jamais eu besoin !

-

justification
they badly need
to feel at peace

ils ont salement besoin
de se justifier -
pour être en paix
avec eux-mêmes !

-

the Pentagon’s bad deeds
camouflaged into
good ones

les saloperies du pentagone
camouflées
en bonnes actions !

-

camouflage du désert :
le mal
changé
en bien

desert camouflage :
bad deeds
turned into
good ones

-

prude USA
asking (at) the U.N.
to hide Guernica

prude Amérique
demande à l’ONU
de cacher Guernica

Guernica into hiding
to please the USA

Guernica voilée
pour plaire aux Ricains

-

Guernica
hurts
US eyes

Guernica blesse
Les yeux de l’Amérique

-

Américaïds

-

AmériCaïns

-

O so sensitive US !
Hurt by the sight of Guernica !

Ô si sensible Amérique
blessée par la vue
de Guernica !

-

Saddam and Picasso
do hurt
American sensitivity

Sadam ET Picasso
Offensent
la sensibilité américaine

-

le couteau de Picasso
dans la plaie américaine ?
: voiler Guernica

-

la mauvaise conscience
des Américains :
Guernica les dénonce

-

« L’œil était dans la tombe et regardait » *
Washington

* (: Victor Hugo)

-

they mustn’t feel all that good
that they can’t face
Picasso’s Guernica !

Ils ne doivent pas se sentir si bien
de ne pas pouvoir soutenir
le regard de Guernica !

-

( à suivre…)

°°

le velours de ses tendres mamelons
veloutés
se dresse vers ma langue

-

silky way
milky tray
- trayez…

-

… très sensible à la pression
lacto-sphérique !

-

ses seins écoutent
(mine de rien)
le trompettiste
qui joue
dans la rame
debout devant elle

-

un petit cri
dans le matin
elle vient
de se faire jouir

a little cry
in the morning
she’s just
come

-

prostituée :
ventre commercial

-

a very thin girl
with very thick hair
sunday evening

une fille très mince
à chevelure très abondante
- dimanche soir

-

soucieuse de son poids
elle refuse d’avaler
mon sperme

-

sa chute de reins
le Niagara de mes pensées…

-

une semaine
et c’est mai ;
s’aimer
essaimer…

-

avant la séparation
mes mains avides
de toi

-

seimplitude

-

les seingénieuses…
les seinspiratrices…
les seinstigatrices…

-

un parfum de liberté
flotte sur cette femme :
le V de sa jupe
le V de son décolleté
- printemps

°

cercle de taï-chi
j’entends la pendule

-

le cercle de taï-chi-chuan
une fourmi circule

-

cercle de taï-chi
un pigeon se place au centre
puis ressort

°

Il pleut
la terre
se colore

-

entre moi
et mon gâteau aux graines de lotus :
un moucheron

veux-tu être mangé
avec mon gâteau aux graines de lotus,
moucheron ?

°

l’escargot de mon nez
sa trace sur mon doigt

-

la nasse du pêcheur
emplie
de soleil

(: pour le kukaï photo-haïku sur MotsMagiques)

de l’or
dans ses mailles
pêche miraculeuse

(: idem)

tout l’or du monde
dans le filet du pêcheur
- lac de montagne

°

descendant du train
j’écrase par mégarde
un couple de moustiques

-

(à suivre…)

Haïkus and co. de Py – septembre 02

29 décembre 2009

°°

trois heures du matin
la courte plainte réitérée
d’une (voix de) femme

-

depuis la nuit
où elle jouit
la fenêtre de l’appartement bat

°

a lone survivor
tonite
in my toilet bowl

un seul survivant
cette nuit
dans mes toilettes

°

lundi matin
de la rentrée –
elle astique
sa voiture

-

matin de brume
tant de toiles d’araignées
sur les bas-côtés !

-

assise sur le trottoir
elle mendie
en tricotant

°

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches du rang
pris et menotté

-

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches emmené
avec son carton à dessin

-

carton à dessin sous le bras,
le flic en tenue :
vendeur alpagué

°

transporté
par une belle musique,
lâcher le présent

-

tout fin croissant de lune
au bout de mon doigt
la lumière du jour

-

dimanche nuageux
l’écran de l’ordinateur

°

comme deux dents manquant
dans la bouche de Manhattan

-

de la tour en feu
des milliers de papiers volent
des corps s’écrasent

(cf : documentaire des frères Naudet)

-

en contrebas des tours
ses peintures
soufflées,
criblées de verre

-

fourmis multicolores
cherchant encore d’autres fourmis
un an plus tard

-

ratissant
systématiquement
le jardin de métal

-

contempler la lune -–
contempler l’espace
des tours manquantes

-

343 pompiers morts -
des haïkus 575

-

tels guêpes
au pied d’un mille-feuilles :
pompiers sur ground zero

-

humains disloqués
sculptures de Rodin en miettes
au pied des jumelles

-
°

brouillage télévisuel :
représentation de plus en plus virtuelle
du monde bidonné

-

sur le muret
une portion de frites -
le jour grandit

-

long train
de voitures neuves -
le soleil au bout des rails

-

before crossing me
she buttons her jacket –
rue de la Jonquière

avant que je la croise
elle boutonne sa veste –
rue de la Jonquière

-

apprenant du vin
la robe
la jambe
les larmes

-

slip fuchsia
Japonaise
train septembre

-

saules penchés
rivière ridée
parcours kayak

-

semant ces miettes
- pour quels oiseaux ?

-

ne pas oublier …
: se repasser une cassette
d’océan
d’oiseaux

-

les pentes noires
de ses monts jumeaux
… neiger

-

début mai
le nuage nucléaire dérive
à travers l’Europe

(Tchernobyl, 1986)

-

(” kyôku ” :)

” Donner à voir. ” (Éluard)

-

musique tibétaine -
au pied du podium
trois fillettes dansent

°

le vin du soir
par-dessus les vignes
de Champagne

-

feu du couchant
dans les arbres sages
- la fin de l’été

-

le feu des nuages
enflamme les arbres sombres
- couchant de septembre

-

l’incendie du ciel
au-dessus des vignobles de Champagne,
septembre

-

la colline brûle
les vins s’endorment
Champagne septembre

-

comme si j’avais bu
le vin du soir
dans les vignes de Champagne,
m’endors

-

tout d’un coup
le rouge du soir
mouché -
train noir

-

au lieu d’écrire
grosses bises,
écrivant
grosses bites
- oh !

°

quelques gouttes à la fenêtre
viennent arroser
les fleurs en plastique

-

gouttes de pluie
à la fenêtre
pour les fleurs en plastique

-

petites gouttes
à la fenêtre
les fleurs en plastique

°

nue
sous ses bottes
et sa fourrure
: matin dans Paris

(1970 ?)

-

ton soutien-colombes
pigeonnant…

-

petit à petit
le nid
fait l’oiseau

-

la pointe de tes seins
masse le creux de mes paumes
- quel meilleur chi-kong ?

-

libérées
tes deux tourterelles
s’envolent vers mes paumes…

-

la cuisinière
nous présente sa recette
: la manger des yeux !

-

le ventilateur
encore dans son bureau
à l’entrée de l’automne

-

sur la neige
les étoiles
de la voie

(cf Evelyne Voldeng, in Dire le Nord, p.108)

-

le rebord du toit
ourlé de lumière
- la mer lointaine

-

Il fraîchit -
livre écorné
dans le noir

-

le chat
détale du comptoir,
sac à poissons en bandoulière

-

tandis qu’elle regarde
dans la poubelle,
son chien pisse dessus

°

une mouche
m’accueille chez moi
fin septembre

-

dans l’appartement de septembre
une mouche
pour compagne

-

mouche de septembre,
passeras-tu octobre
avec moi ?

°

au faîte de l’île :
ailes renversées

-

(kyôku :)

haïku sans kigo (/5) = alexandrin ?

°°

d. (septembre 02)

Haïkus & Co. de Py – août 2002

29 décembre 2009

°°

de fleurs de coucous
grand-mère, enfant pauvre,
tressait ses balles

-

jouant aux épingles
dans un tas de sable,
les poules s’en mêlaient…

°

Cap sur 230 –
: un haïku oublié
en Méditerranée

-

Sharon
Deliberately trampling
The roses of Palestine

Sharon
écrasant sciemment
les roses de Palestine

-

deux jeunes allemandes
avec une baguette fraîche :
vacances bien françaises

-

sa chevelure
tel un col de fou-rire
sur ses épaules

-

ses seins
tout tenus qu’ils sont
par son soutien -
d’arrogants regards…

°

sur la corde
pas de linge
ni de vent
- Carnac

-

hors Quiberon
le vent effiloche le rouge
du pavillon français

-

l’ombre de la fumée
fuit le pont
puis le sillage du navire

-

dans l’allée du camping
une jeune fille en T-shirt blanc court
et entre dans une tente

-

elle regarde vers le large –
derrière elle
je regarde
son large

-

l’attache fine de sa cheville
qui m’attache à elle …

-

la mer
monte égaliser
les vagues du sable
et le lisse gris-ciel

-

sur la route chaude
la pluie d’été
fait remonter
l’odeur du bitume

-

sur la terrasse
du fort de Sarah Bernhardt
un goéland

-

courbés sous le vent
quelques promeneurs passent
sur la lande

-

partout sur la lande
en bord d’océan :
plumes blanches

-

devant les cirrus roses de l’aurore
défilent
des petits gris

°

elle aime au soir
vaquer nue
devant son homme

-

partant vers la salle de bains :
je vais ôter
mon macouillage !

°

la voix claire de l’enfant
perce les cloisons
du sommeil matinal

-

le ciel entièrement bleu -
le volet
est un nuage carré

-

des flèches de soleil
par l’angle du toit –
le matin
est un avion au repos

-

de chaque côté du champ
un rouleau de foin
- Belle Île en août

-

lune fine :
un arc tendu
vers le soleil du soir

-

tous deux sur leur terrasse
mangeant dans le soir d’août

-

deux bicyclettes
tournées vers l’océan
- halte côtière

-

fréquences du phare :
1 2 3 4 5 6 7 8 1 2 3 4 5 6 7 8

-

ma sœur habitait un ruisseau
sur un fil d’ombre
le soleil dansait

-

juste au-dessus du billard
elle
et ses formidables boules

-

Août -
dans les toilettes
le livre de haïkus
trempé de sueur

-

au souffle du ventilateur
le sac plastique
remue les oreilles

-

une robe de femme enceinte
gonfle sur la corde à linge

-

milieu d’août,
les haïkus
à marée basse

-

des mères de jeunes enfants
passent dans le jardin d’août
légèrement

-

train –
les seins généreux de sa maman
qui lui donne
un biberon

-

l’enfant plein de morve
la mère pleine de morgue
- moches mais aimables…

-

la jeune Japonaise
à la fenêtre du train
- son slip beige

-

sur le sable
nous traçons des mots
que la mer emporte
bientôt

-

elle péta
sans s’excuser :
je sus
qu’elle ne m’aimait plus

-

plus de femme
juste une mouche
dans la chaude nuit d’août

°

devant la fenêtre
une chauve-souris
- aube d’août sur la vallée

-

un moustique
entre par la fenêtre
la terre bascule vers le rouge

-

un filet s’empourpre
brillant fluo
dans le calme des arbres figés

-

le soleil accroche aux nuages
quelques avions rouges –
faisceaux d’épées brisées

-

le jour prend vin
sous le ventre des prochains nuages
l’imminence gronde

-

de plus en plus de formes
et de couleurs
un pigeon se réveille

-

le cercle
au masque de loup rouge
se dessine
et perce enfin –
l’horizon disparaît

-

l’œil de feu
perce mon regard
- il se met à sentir foin

°

gouttes qui gonflent
glissent
et tombent
du vélux

-

nuit éclairée
une mouche
reprend ses rondes

-

août sur la terrasse,
éplucher des poires :
la compagnie des mouches

-

sur le damier
du sol de la préfecture,
demandeurs d’asile

-

papillon brun
sur une fleur mauve
d’artichaut

-

elle rit
ses seins tressautent
- table d’août

-

précieux derniers jours :
ralentir la joie
au soleil de fin d’août

-

tard dans la nuit
le lampadaire occulte
la lune de la fin d’août

-

dernière nuit d’août :
des applaudissements sporadiques
par la fenêtre

°°

d. (août 02)

Haïkus… de Py – juin 02

29 décembre 2009

°°

à mi-pente du toit
une grenouille en peluche
sous la pluie de juin

-

crépite
sur le buisson roux
la neige

-

« Terminus,
tout le monde descend ! »
: train de l’Ascension

-

des cœurs en papier
sur le parvis de l’église
- samedi de juin

-

au ballon rond
je préfère les siens
- juin 2002

-

rêvant de cerises –
je la sens prendre mes boules
dans sa main

-

dans son miroir
passent les nuages
et son visage
parfois

-

petit point rose
sur mon écran se déplace
l’araignée du matin

-

(kyôku :)

Supprimer les liaisons, les clés (jeter) :
Apposer
(en évitant les liens de cause à effet… de coordinations, …)

-

pétales roses
tombant sur le trottoir
après-midi de juin

-

sous la poussée de ses seins
son cuir luit …

-

La plongeuse :
plonger entre ses seins ?
- premier soir d’été

-

dans la cage à oiseaux
une bouteille d’eau minérale
- premier dimanche de l’été

-

lune,
ô si ronde !
première de l’été

°°

d. ( juin 02)

Haïkus … de Py – mai 02

29 décembre 2009

°°

premiers pépiements
- premiers appels à oeuvrer
au jour naissant ?

-

sur l’arbre
et en-dessous
mille fleurs roses

-

fesses accolées
pieds joints :
nos nuits en miroir ?

-

flitting butterflies fluttering on the turf

-

cou en avant
le pigeon atterrit
puis se relâche

-

Ascension :
cloué au lit
avec une otite

-

sèchent au soleil
les pendentifs d’argent
de la pluie

°

pitoyable épouvantail,
l’intempérie tasse ta tignasse
blond filasse !

°

tôt matin
sur une plage de l’île
deux arcs-en-ciel

-

coraux blancs
de la plage
la plante des pieds

(Île Maurice, 2000)

°

Sacré-Coeur -
Passé le flot des communiants,
le flot des touristes
reprend

-

rousse moulée
- suis-je de pierre ?

(cf ” pierre qui roule… “)

-

la place de Clichy
bientôt rebaptisée
place de Vichy ?

-

dans la crème que je verse
je vois le visage de ma femme
couler

-

trois heures du matin
tous deux
sur la bande d’arrêt
d’urgence amoureuse

*

sur le terre-plein
central de l’autoroute
un couple à cheval

°

gorge ouverte
l’orchidée avale
(mes mots)

(d’après une photo de Nobuyoshi Araki)

-

qu’est-ce que la fellation contrôlée ?

-

hier soir
têtant ton sein
longtemps

-

ses lèvres
un piment
doux

-

yeux clos
étouffée sous les fleurs
la déjà morte

(d’après photo de Nobuyoshi Araki)

-

d’une femme pressée poussant,
mon coude en retour
pressa son sein

-

Béthléem
reçoit la visite de Tsahal
- fin mai gris et froid

°°

d. (mai 02)

Haïkus … de Py – mars 02

29 décembre 2009

°°

flocons joueurs
sur la ville affairée
- début mars à Metz

-

words coming
and going
- a snowy day

des mots viennent
des mots s’en vont
- jour de neige

-

tracing
erasing -
a snowy day

traçant,
effaçant,
jour de neige

-

(kyôku :)

Énormément gommer
(nommer – gommer )
Faire le ménage
Désamasser

-

les flocons joueurs
les fenêtres de la banque
- début mars à Metz

playful snowflakes
the windows of the bank
- start of march in Metz

°

sur le toit
pigeons roucoulent
contre ton cou
je coule

-

agenouillée
sur ma moquette neuve
- premières bénédictions

-

partouze du matin :
sur ton sexe,
une mouche
et moi

-

Buvant ton thé
pensant à toi
de Singapour

drinking your tea
thinking of you
from Singapour

-

her voice reaches
higher and higher
her body crashes

sa voix s’élève
de plus en plus
son corps s’affale

(sa voix s’affole
son corps s’affale)

-

making love
at the rear of her car
- a chap knocks
looking for his girlfriend

faisant l’amour
à l’arrière de sa voiture -
un gars cogne à la vitre
cherchant sa petite amie

-

le soleil se lève
sur la plaine inondée
- ciel double

-

sa hache en plastique
contre l’érable
du boulevard

-

a fine morning
two towers burn
eastwards

un beau matin –
deux tours fument
vers l’Est

-

lune de six heures
la fumée noire de la micheline
monte vers le dôme

-

gorge au matin :
des perles de rosée
soudain s’embrasent

-

demi-lune debout -
ses yeux fermés
derrière le cercle
de ses lunettes

-

la lune scindée
par le G-string – tour Eiffel

-

tous les matins
nettoyer ses carreaux
- poussières de rêves ?

-

ses yeux
deux boules closes
et le soleil dessus

-

Amagne-Lucquy :
la chance d’y vivre ?
champs givrés

-

jardins où poussent
après le brouillard
des rangs de salades

-

un camionneur
jette une pièce usagée
en plein champ
- un train passe

-

son sac de voyage
fait chanter le trottoir
bon matin de mars

-

étendue d’eaux -
le paysage noyé
dans la brume

-

à perte d’obstacles
le regard glisse sur l’eau
- une barque à quai

-

dans la toilette du train
du sperme giclé
un peu partout

-

dans le train
les yeux d’une femme
qui aime boire

-

à l’avant du van
lui montrant comment
jouir sans gicler

-

ses pointus
ses cloutés
son corps une oeuvre d’art

-

sur ses seins
la pointe de mes yeux
- taille douce

-

le plein des rondes
les musiques des sphères

-

le printôt bien temps
les oiseaux mêlent leurs voix
mars à Metz

-

avant de la renvoyer
dans ses foyers
il lui tisonne
l’âtre

-

mes yeux sur ses seins se posent
un avion virgule le ciel

-

une fumée blanche
- amical coucou
sort de sa cheminée

-

une belle dans le métro
s’embellit encore
de maquillage

-

dans mes tiroirs
de vieilles lettres d’amour
toujours

in my drawers
old love letters
for ever

-

l’encre de son échancrure -
un stylo d’ombre médiane

-

de temps en temps
elle les rajuste
tirant sur ses bretelles
souples

-

ma main sur sa poitrine
vite fit le tour
de sa propriétaire

-

centimètres carrés
de résille entrevus
centimètres-ronds

-

à l’extrémité
de son sein gauche
son insigne de flic

-

la grosseur de ses seins
mastocs
m’estoque
- sticky stick

-

mes cuisses sous les tiennes
assis
nous traversons la nuit

-

les seins des mannequins
pointent dans la vitrine
- l’approche du printemps

the models’ breasts up
in the shop window
- spring coming

-

libidînons ensemble …

-

pas besoin de boire
pour être ivre
me dit-elle
ce soir
au restaurant

(Jhb, RSA, 197?)

-

sur la cheminée
le pantalon bleu du couvreur
- équinoxe vernal

-

une capote gonflée
roule sur le trottoir
- soirée de printemps

-

elle téléphone
il l’enfile
elle téléphone

-

sept heures du matin
un moustique dans le wagon
travailleurs endormis

-

il gara sa safrane
place du 30 août 44

°

dans le cerisier
en bleu de travail
l’épouvantail

-

dans le champ
il fait sa gym
- épouvantail

-

pour protéger les fraises
l’épouvantail
secoue ses tôles

°

je t’en laisse un /
je tends les seins

-

sous le magnolier en fleur
le parfum
d’une passante

chaussures blanchies
par la longue promenade
bords de Seine, fin mars

(Lucia S., Paris, 30/3)

-

the tourist’s big long yawn
the sun of Easter monday
on Montmartre

grand long bâillement d’un touriste
au soleil de Montmartre
ce lundi de Pâques

°°

d. (mars 02)

-

Haïkus… de Py – février 02

28 décembre 2009

°°

dans un bar
des clients applaudissent
- début février

-

chapeau noir
décolleté profond
elle s’assied
- métro

-

centimètres-ronds de chair,
son décolleté en pointe

-

suivant une femme à belles jambes ce soir,
ce mot : ” lansquenet “

-

fille aux cheveux bouclés
la blancheur de son châle
soleil de février

-

pariant qu’il traver
serait le fleuve en plein hiver
- perdant son pari

-

sac-plastique au bout d’un piquet :
le vent gonfle
l’épouvantail

-

minuit pile
tu prends mon sexe
dans ta bouche -

-

la pluie
pose ses grosses pattes sur le toit
puis s’organise

-

la voix de cette femme
comme une scie qu’on aiguise
- soir de métro

-

deux amoureuses
s’embrassent sur un banc
au soleil de la gare

two girls in love
kissing on a sunny bench
in the train station

-

ta croix
entre tes seins nus
caresse ma poitrine…

your cross
between your naked breasts
caresses my chest…

(Jhb. RSA, 1974?)

-

sitôt tes parents partis,
sautons dans leur lit,
toi et moi !

your parents
as soon as gone
- let’s jump in their bed !

(Benoni, RSA, 1975)

-

The feel of your hair
on my thighs :
going down on me

Sentir
tes cheveux
sur mes cuisses…

-

ta bouche
sans t’arrêter
deux fois
j’arrose

-

Her Highness
Her roundness
Her tightness !

-

en pleine nuit
une corde de harpe
casse

-

grand-père
frottant son dos au chambranle
- rhumatismes

-

d’une croix
sur la route de montagne
: stalactites

-

lents ses voiles
à revêtir
ses voluptueux volumes …

sa poitrine regorge …

-

pour une femme à beaux mollets
je change de trottoir
de route
de vie !

-

amis en allés -
tous ces visages dans le train
ce soir …

-

marching back home :
evening crowd
- february rain

regagnant leurs pénates
la foule du soir
- pluie de février

-

sur les vitres du bus
les arbres défilent
- gouttes immobiles

-

lisant le menu
à la porte du restaurant chinois
le vent le bouscule

reading the menu
outside the chinese restaurant
the wind pushes him aside

-

mon vieux père ému
à la pensée de ne plus jamais
nous revoir

-

d’où sa courte jupe s’arrête
je vois
le haut de ses bas

from where her short skirt stops
I see
the top of her tights

-

rides lumineuses de l’aquarium :
au plafond
nagent les poissons

(cf Rod Jones, Images de la nuit, LdP p.35, l.20-21)

-

nue
elle chausse ses lunettes
et va au lit

-

New-York, septembre -
le panneau de sens unique
pointe vers le ciel menaçant

New-York, september -
the one way post points towards
the billowing cloud

-

her short dress flaps against her thighs
- end of february

sa petite jupe
qui bat ses cuisses
- dimanche vers fin février

-

d. (février 02)

Haïkus… de Py, nov. 01

28 décembre 2009

°°

découpe sombre
des bâtisses au bleu du soir
- sérénité

découpe sombre des buildings
- tes lèvres
au bord du soir

-

les mots
tapis
dans l’encre

-

visions
of sculptural beauties
in this age of wars
- discrepancies

visions de beautés sculpturales
en ces temps de guerre
- abruptures

(Fashion TV)
-

le museau humide
de la petite chatte
sortant des toilettes

-

minuit – les feuillages
animés de mille chants
lune de novembre

-

lune déclinante
les quais remplis de voyageurs

-

un peu de ciel
sur ses yeux
pour commencer la journée

-

se malaxant les mamelles
elle l’excite
- pluvieux dimanche

-

une araignée règne
sur l’émail non-rayé
de la baignoire

-

sur l’émail
de la baignoire
l’araignée
dévisse

-

les ouvriers soufflent
plus fort que le vent
sur les feuilles

-

petits diamants
sur les vitres
le ciel gris

-

de la surface rouge du thé
des voiles de fumée
s’élèvent

de la surface rouge du thé
tapis célestes
vite envolés

-

d’aussi bon matin
la serveuse
en formes

-

du haut de ma chambre
une femme en dessous
se change
se rechange

-

elle avance
son manteau se fend
on voit sa jambe
- train d’automne

-

le parc sous les feuilles -
toute une assemblée de lycéennes
sur un banc

-

sa crotte de nez
- au goût salé je suppose -
qu’elle pose sur sa langue

-

(kyôkus :)

Donner à voir
le plus directement possible.

Simplifier au possible.

-

restaurant :
plus de coques que de moule
mais fameux céleri !

-

mannequins :
toutes les seins haut pointés
- froid de novembre

-

du lierre grimpe sur le toit
les feuilles dégringolent -
gammes ascendantes
gammes descendantes

-

(kyôkus :)

Haïku :
point trop d’infos ne faut !
- Ciseler.

Sens du précis, du concis, de l’épure.
Sens du peu, d’où naît le plus.

-

des nuages encombrent
le nez du ciel

-

deux tours
deux trous

-

e-friend :
i kiss her
on the mouse
- morning of one

un baiser
à la souris
- une heure du matin

-

du poivron
la langue bien recourbée
- point G

(- point G-mir(e))

-

Haïkus sur le net :
chambre froide
café froid

-

transportant l’insecte
si loin de chez lui
en voiture

carrying the insect
so far from home
- a car journey

-

petite serviette rose
sur laquelle elle se pose
pour lèche-minou

-

the limping girl
first
upstairs

la boiteuse
première
en haut

-

mouvements des feuilles
par les vitres ensoleillées -
chi-kong

-

sans nouvelles du monde
100 papillons volent dans l’herbe
ce matin

(Hillbrow, RSA, 197?)

-

sur le trottoir
à même la bouche d’égout
un corps endormi

-

ce matin
déguster ton sushi
du bout de la langue …

(: pub-métro)

-

Pour se maquiller
elle ouvre une bouche de poisson
- vendredi soir

-

Il vieillit
derrière son piano -
ses airs
n’ont pas pris une ride

(un pianiste, Butte Montmartre)

-

(Rêve :)

Soixante pétales de cerisiers
emportés par le fleuve :
tel fut mon amour pour elle cette nuit-là,
femme d’un chef mafieux.

Au matin, nous n’existions plus,
emportés par ce fleuve unique
qui coule dans nos veines.

-

He sings
(when) she swallows
spring springs !

Il chante
(quand) elle avale // hirondelle
le printemps bondit !

°

You spring
I swallow

Toi printemps
Moi hirondelle

// Tu bondis
J’avale

°

mon printemps
(je) t’y rondelle(s)

-

des phares se mirent
sur la chaussée
- mi-novembre

-

devant les phares
les gouttes de pluie défilent
les passants traversent

-

le train bondé
n’efface pas les gens
du quai d’en face

-

lune carrée
au flanc de la nuit
- cette ville

-

Mon alliance. Aplatie dans un tiroir.

-

amas d’oreillers
à mon côté :
ton côté

a pile of pillows
at my side :
your side

-

ses clairs dessous bleus
dans le panier d’osier
la nuit les emporte…

-

moite novembre
le souvenir de toi
mouille mon pinceau

-

À 8 heures
lire de la poésie
dans le train de banlieue
sur le quai
certains bâillent

-

pot de fleurs blanches à la main
chapeau noir sur la tête
dimanche midi

-

sur les pentes de tes reins
mon oeil se repose -
montée du métro

-

Une heure trente du matin
des oiseaux chantent
Les feuilles pas tombées
fin novembre

-

la pluie clapote sur le zinc
le zinc clapote sous la pluie
une étendue de nuit …

-

(kyôku :)

Écrire – Oublier – Relire

-

dans la journée
vingt élèves -
vin, tes lèvres
le soir

-

de la pointe de ses seins
le fil de deux gros ballons rouges
s’élève

(- Noëlle)

-

cannes et sacoches
suspendues au tronc du platane :
terrain de boules

-

décembre approche
la contrôleuse aussi
sur ses belles jambes

°

belles jambes écartées
la contrôleuse
dans l’allée du train

-

la lune d’un grain de riz
sur la nuit d’une feuille aromatique

-

” Le haïku retire le plus de mots possibles entre “la chose” et le lecteur. ”

R.H. Blyth, (Haiku

-

la pâtissière
dont je mange les gâteaux
- pluie dehors
soleil dedans !

-

une feuille tombe
dans l’incessant tumulte
- parapluies ouverts

°°

d. (novembre 2001)

Haïkus… de Py – août 01

28 décembre 2009

°°

constellé
de grains de beauté,
le ciel d’été

-

l’ivoire des touches
de l’accordéoniste
- usé par ses doigts ?

-

dans l’épicerie
la femme arabe
fait ses devoirs
de français

-

entre ses gros seins
son petit chien se blottit
- métro, ligne 13

-

jeune Sévillane
tournoyant
sans dessous dessous

-

l’enfant se baigne
parce que
” j’aime danser avec la mer ! ”

-

L’imminent désastre :
vivre dans la hantise de -

-

la pluie
ses roulements
ses baguettes
sur la caisse-claire du zinc

-

la pluie
tape à la machine
un poème d’insomnie

-

Satisfesses …

-

les dents des cheminées
dans la bouche du ciel
- crépuscule d’août

-

mois d’août -
les silences
de Paris

-

Août -
le poisson rouge du bureau
lui aussi en vacances ?

-

so smooth the mirror -
wrinkled face

la glace
ne fait pas un pli –
visage ridé

(d’après Sylvie R-Duboisin, in “Traces 142″)

-

toutes ces places
de parking payant
vides :
août à Paris

-

(tanka :)

dans le champ
nos jeux amoureux –
être
ou ne pas être
vus ?

in the field playing
erotic games :
to be
or not to be
seen ?

-

en bas dans la rue
la roulotte de la factrice
- l’heure du réveil ?

-

(kyôku :)

En dire le moins possible
pour que le questionnement
(de l’autre ?)
soit le plus grand possible

-

silence
comme seul en été
torpeur

-

Une mouche bleue
venue puis repartie
- après-midi d’août

-

au coin de la rue
ne sont plus
les deux femmes aux chiens
bavardant

-

Dans le miroir
de ses boucles d’oreilles
la vache rit
à l’infini

-

Dans le tiroir
de ses hanches d’abeille,
je ris du bon sablier !

-

le soleil descend
le long de sa jambe
- puis remonterait ? -
train de banlieue

-

noire
et jaune salamandre
pétrifiée
sur le chemin

motionless : the black
and yellow salamander
on the jogging path

-

à voir son viage
écoutant de la musique :
larmes soudaines

-

champ tout en courbes :
nappe soulevée de (la) terre

°

Veille de leur deuxième
anniversaire de mariage :
ils décident
de se séparer

Braiment de l’âne
dans l’après-midi d’août
Elle, pas avec lui

Elle dit
” Naan “
comme une porte se ferme

°

comme une poule
glousse
elle riait

-

deux arbres
témoins tutélaires
dans le champ vibrant d’août

-

champ faîtier
recouvert de blanches
carottes sauvages

-

blanc champ
de carottes sauvages
couronne
le mont grésillant

-

bandes blanches
des carottes sauvages
au bord du champ

-

bandes blanches sur la route,
carottes sauvages dans le champ

-

belles ombrelles blanches
des carottes sauvages
dans le champ d’août

-

fine toile
d’araignée
tamis
de rosée

-

de l’autre côté des halliers :
sueur
et rosée

-

six
heures
l’âne brait
le jour point

-

deux avions de chasse
rudoyant le ciel

-

sur le perron
le chat couleur pierre
de sa patte arrière
se gratte,
attendant
l’heure du repas

-

le silence de midi
les bruits de midi
allongé avec la chatte
au jardin

-

un papillon folâtre
dans mon rétroviseur -
pommes sur le chemin

-

feuilles ajourées -
dentelle nourricière
d’insectes d’août

-

Midi
De l’ombre
que sous les pissenlits

-

sur ce chemin
à l’ombre
mots arides

-

hirsutes soleils
à la force de l’août
vos pommeaux secs

-

jaunes, ô pâles
tournesols,
les galettes beurrées d’août

-

Récolte du tabac
Près du tracteur
trois enfants

-

M’arrêtant près d’un genévrier -
un garenne repart
tranquille

-

banc à l’ombre
de la canicule -
contemplassis

-

arbre nu
noueux
dressé au milieu du champ
- l’apogée de l’été

-

un épouvantail
au beau milieu d’un tracteur,
bras en croix

-

Peuplier lissé de caresses
supérieures

°

un couple sur le pont
regarde passer la Dourbie
- et sept canards

-

D’un caillou saute l’eau bruiteuse
L’on voudrait oublier les klaxons
les moteurs
L’on s’enfonce dans la gorge
entre les seins pointus des rochers
L’on s’endormirait au chant
de cigales, d’oiseaux frondeurs …

-

Sur le pont
une jeune femme en short
regarde droit dans l’eau

De l’autre côté
trois enfants descendent en maillot
la plage de galets blancs
pour s’y baigner

Le ciel est gris
L’août tire à sa fin
La Dourbie descend ses galets

La pluie nous atteint sur la rive
moi et les mots d’amour que je découvre
(que je dévore, que je savoure)
d’un charnel trio bi-féminin
à en découdre l’après-midi
près des galets me régalant

(: ce gars-là s’est régalé…)

-

La rivière coule blanc
sans bruits maintenant,
retourné dans l’habitacle-à-roues
que j’emporte plus loin
qu’ici, Roque Sainte-Marguerite

-

Cantobre -
un âne scie
son bout d’après-midi

-

cardabelles clouées
sur la porte d’entrée

un cageot de patates
encombre l’escalier

-

sa fontaine non potable
aux quatre poissons rouges

-

” Lou Païs ount las poulos
graton pas en ares “

(” le pays où les poules
ne grattent pas en reculant “

-

boutons
sur la robe des champs :
les meules de foin
à flanc de côteau

-

Le vent sur le causse -
l’herbe en frissons

-

asters désertés
boules bleues des chardons
gris rochers ridés…

contemplation éperdue

-

maison éventrée
aux vents du Larzac
Belvezet

°

Dans le train son sein
bien rond bien blanc
à admirer -
sonnette d’alarme !

°°

d. (août 2001)