Archive de la catégorie «domestikus»

Haïkus… de Py – décembre 01 (2)

2 janvier 2010

°°

fraîcheur intacte
de la couleur retrouvée
au pli d’un rideau

freshness intact
of the rediscovered colour
in the fold of a curtain

= 2ème prix (Tokusen) au 6éme “Kusamakura” Haiku Competition (2002) =

Comment(aire) :

” This French haiku brings back the sensuality of the past with Proustian intensity. In the rich, usually hidden colour, in the fold of a velvet curtain, one senses the vitality of youth now largely forgotten in the pale present. “

” Ce haïku français ramène la sensualité du passé avec une intensité proustienne. Dans la couleur riche, généralement cachée, dans le pli d’un rideau de velours, on sent la vitalité de la jeunesse maintenant grandement oubliée dans le pâle présent. ”

-

sans musique
mais des oiseaux
dans les cages

(- Kaboul 2001)

-

à l’angle de la rue
un pigeon debout
sur la fenêtre vide

-

aidant mamie
à essuyer les vitres
- vieux journaux

-

le vent se lève
les feuilles se soulèvent
et courent maladroites

-

un nuage blanc
bouche
tout le bout de la rue

-

déambulateur -
gougoutte au nez, le vieux
entre au bistrot

-

sur son épaule
un saumon tatoué
remonte

-

nouveaux trains,
nouveaux arrivages
au buffet

-

sous la pluie
elle tire une bouffée
- le bout rouge

-

chute des flocons
gris
sur trottoir
blanc

-

sur la serviette à motifs musicaux
l’escargot dort,
note tracée

-

pleine lune ce soir
je reste chez moi
faire des ronds dans l’encre

°°

d.(décembre 2001)

Haïkus, senryûs, etc. de Py – septembre 01

2 janvier 2010

°°

fin des vacances -
les décolletés
jettent
leurs derniers feux

-

à flanc de colline
des chemins blancs grimpent
- vignes de septembre

-

sur la vallée si plate
bandes chevelues des maïs

-

pas encore huit heures
à collecter les impôts
déjà affairés…

-

finissant sa bière
le soleil descend
derrière le toit

-

filets
saumon rouge
les nuages du couchant

-

dans le sommeil
ses lèvres se séparent…
mes mots s’y glissent

-

en plein nuit
lui dit
« j’aime danser dans ton ventre ! »

-

enroulé autour de son corps
ils regardent un monument
- Reims

-

diamants de pluie
serrés sur la vitre –
que le soleil éclaire

-

piètre jardinier :
les fleurs en plastique
de ma jardinière

°

(11/9/01)

contre le verre de plastique
les grains de sel crissent
- ablutions nasales

-

dans la tour
un avion en flammes
- sur ma poitrine
une araignée ?

°

a traffic sign points
« ONE WAY »
towards the clouds

-

poussière spiralante
le gratte-terre

-

un nuage s’élève
une tour s’effondre
- sunny september morning

- matin ensoleillé de septembre

-

sur un trottoir
tapissé de poussière
une poussette

neige de poussière
par les rues
une poussette vide

-

pour la cinquantième fois
un avion s’enfonce
dans une tour

°

le rouge à lèvres
sous le soleil
criait

-

deux bâtons
se cassent
les miroirs se brisent

-

shouting stars
lips stripped
boiling bloods

étoiles criantes
lèvres dénudées
sangs bouillants

°

cris grimpant
le long de la tour
en flammes

shouts climbing up
towards the
burning tower

-

Haute finance aplatie

-

les mots pour faire mousser
la haine aux commissures …

-

the Giant’s
legs
broken –
loses its head

-

tours effondrées
l’humanité
doit trembler

-

Sattentats…

-

Manha(tt)an

Ma/no/hat/on

-

débris encore fumants
du World Trade Center
les affaires reprennent

°

Une démocratie, c’est un système politique selon lequel on vous demande (parfois) votre avis avant de vous entuber.

°

(restaurant Thaï, Ave de St Ouen)

deux très amoureux
yeux dans les yeux
sourire aux lèvres
buvant l’autre…

-

au détour d’une table
traquer la caresse
la plus ronde…

-

danseuse hindoue idéale
- poème globe

-

sexquise

-

attentations

-

ballottentante

-

ses bien rebondis
tout tachetés de son
- m’entêtent

-

relief de nu -
les boutons de ses seins
font pression sur mes yeux

-

la gueule des poissons
gobe le vent –
ondulations…

(drapeaux koinobori ?)

-

haïquarium

-

entre les dents de sa mère
le petit crocodile

-

au taï-chi
la femme enceinte
ses mains sur son ventre

-

des canards
fendent l’eau -
leur long sillage…

-

avec son engin à moteur
il souffle
les feuilles s’envolent

-

feuilles de papier
blanches du soleil
sur le sol de la chambre

(in : « Avant la nuit » – Reinaldo Arenas.)

-

(restaurant Thalassa – spécialités grecques : )

DÉSOLÉ
La maison n’accepte
pas la carte bleue,
ainsi que les gros chiens.

°°

d. (septembre 01)

Haïkus, senryûs, kyôkus… de Py – janvier 06

2 janvier 2010

°

passage à l’an neuf
dans un slip de la veille

-

” La terrible avancée des gonocoques “
titre le Figaro

-

dans le miroir de ma pomme,
ma trogne,
début d’an

-

hippopotamement
elles balancent des fesses
- début d’an

-

(Voeux ? : )

Je vous prie de recevoir,
très cher,
mon coup de pied au but !

-

meilleurs v(oeufs) 2006 –
en Turquie, la grippe aviaire
gagne les enfants

-

(Expression – kyôku :)

J’en tombe sur le haïkul !

-

(Onomatopékou :)

coucou coucou cou
j’entends la voix du coucou
cou coucou coucou

°

(kyôkus :)

Farcissant son haïku de pieds …

-

Se dégluer des mots.

-

l’ambiguïté du sujet
: qui ouvre “du” sens …

°

tétant ton sein tranquille
ce matin blanc de janvier

-

pointe n’y touche …

-

les lèvres de cette noire
: grasses,
où mon regard glisse

-

bas quadrillés
sur les belles cuisses
de cette femme
: sudoku ?

-

sur son tabouret
écartée
elle coiffe son client
- un-quart janvier

-

dans le faisceau des phares d’un camion
les mi-jambes d’une femme
qui va entrer dans cet immeuble

-

enveloppé
dans un sac à sapin doré
- trottoir de mi-janvier

-

Renoir et Leroux
côte à côte
sur l’étal du libraire

_

non loin de l’assiette de harengs
la chatte regarde
par la fenêtre

-

Le réveillant,
le contrôleur annonce
la gare de Dormans

-

dans le ciel d’un trottoir
passe l’ombre d’un oiseau
- pluie de mi-janvier

-

” Ton Ti-è Tohu ” :
premier oiseau du soir

-

La Miss-Miches obligée
de chaque émission télé

-

L’assassin Sharon
enfin traduit …
en justice ?

-

dans un bidet
de la maison à l’abandon :
salamandres engourdies

°

traînent
sur le pavé de janvier
des feuilles rousses …

-

raaac raaac raaac raaac
un oiseau noir
dans le soir de janvier

°

d. (1/06)

1er janvier

1 janvier 2010

°

1er janvier,
rangeant quelques livres épars

°

1er janvier
crayon 2B :
gras jouissif

°

d. (1/1/10)

Haïkus… de Py – avril 03 – a)

1 janvier 2010

°°

par les temps qui tombent …

-

strutting peacocks
behind their pulpits
: daily report

paons paradant
derrière leurs pupitres
: rapport journalier

-

daily need
to justify their
deadly deed

besoin quotidien
de justifier
leur mortelle action

-

listen between their teeth

écouter entre leurs dents

-

the (k)nights of Apocalypse

les chevaliers (/ les nuits)
de l’Apocalypse

-

foaming at the brain
humanly disordered

écumant du cerveau
humainement givrés

-

Ici nuits blanches
Là-bas nuits rouges

-

gory alleluias

-

killing people
maiming words

tuant les gens
mutilant les mots

-

god less war
peace less world

guerre impie
monde sans paix

-

mas(ked) destruction

destruction mas(quée)

-

a stray god

un dieu errant

-

c’est le théâtre de la guerre
et les acteurs sont mauvais

it is a war theater
and the actors are bad

-

Verset biblique ?
Verset satanique ?
Père UBush

-

nauséabondieux

-

printemps 2003
floraison macabre

-

les Barbares sont de retour
- lune montante

-

Bush à Berde
G.W. Butch-er
George U-2 Bush

-

bird names in the bush

insultes dans le bush

-

as if everything were fine :
the business
the weather

comme si tout allait bien :
les affaires
le temps

-

Hell
from the
sky

l’enfer
descend du
ciel

-

Il porte sa fille
qui ne pourra plus
se porter
-lambeaux de pied

-

They kill us
saying they’re freeing us
They’re frying us !

They are the failure of the verb

Ils nous tuent
nous disant qu’ils nous libèrent
Ils nous font rôtir

Ils sont l’échec du langage

-

La guerre met fin au langage…

-

l’humanitaire
pour voiler l’inhumain

-

your words stink
of blood
flesh
and oil

vos mots puent
le sang
la chair
le pétrole

-

Lord of the Rigs :
Le Seigneur des Tonneaux

-

votre camp humanitaire :
un musée des horreurs

-

campagne de l’Unicef :
« La faim tue les enfants en Irak » -
des pigeons picorent
les trottoirs parisiens

-

La Liberté …
de piller les ressources
de l’Irak

-

une bombe à fragmentations
=
trois terrains de football

-

trous de bombes
creux de tombes
tragédies en sous-sol

-

cadavres laissés
dans les carcasses de leurs voitures :
Bagdad libérée

-

Bush-War-Blair
(- bush warbler )

-

les murs tombent,
les promoteurs
se frottent les mains

-

Les Marines
laissent tout piller
sauf le ministère du pétrole

-

L’Axe des Biens

-

War Bush et mourir

-

Bagdad Far-West

-

Looking for weapons
Finding oil !

Cherchant des armes
Trouvant du pétrole !

-

(We want) evidence -
so far
oil
is
the only one

(nous voulons) l’évidence -
jusqu’ici
le pétrole
en est
la seule !

-

one
evidence :
oil

une évidence :
le pétrole

-

freedomination

-

hallaliberté

-

Jamesbondieuseries

-

humaniterreur

-

occupants
occupés
à chasse-garder
le pétrole

-

rodomontages

-

to trust the tales of a nation at war ?

faire confiance aux
contes
d’une nation guerroyeuse ?

-

Baghdad and Baghmum
killed – and I can’t count
on my fingers anymore

Bag-maman et Bag-papa tués
et je ne peux même plus
compter sur mes doigts !

-

pour s’être opposée
au carnage et au chaos :
punir la France

as an opponent
to Murder and Chaos
France must be chastised

-

the whole world sees
it’s for petrol they’re in there
- but themselves

Le monde entier voit
que c’est pour l’or noir
qu’ils y sont -
Eux
se voilent la face !

-

carnage et saccage :
les deux mamelles
de la « liberté » irakienne

-

un bâton sous la gorge
et un couteau dans les roues

-

tens of thousands of Iraki people
freed
from life

des dizaines de milliers d’Iraquiens
libérés
de la vie

-

U.S. spreading
anti U.S.
Resentment

Les USA répandant
le ressentiment
anti-US

-

évidence
de « destruction massive » :
quinze fûts suspects

-

one wanders why
they so desperately look for proofs
they never needed !

on se demande bien pourquoi
ils cherchent si désespérément des preuves
dont ils n’ont jamais eu besoin !

-

justification
they badly need
to feel at peace

ils ont salement besoin
de se justifier -
pour être en paix
avec eux-mêmes !

-

the Pentagon’s bad deeds
camouflaged into
good ones

les saloperies du pentagone
camouflées
en bonnes actions !

-

camouflage du désert :
le mal
changé
en bien

desert camouflage :
bad deeds
turned into
good ones

-

prude USA
asking (at) the U.N.
to hide Guernica

prude Amérique
demande à l’ONU
de cacher Guernica

Guernica into hiding
to please the USA

Guernica voilée
pour plaire aux Ricains

-

Guernica
hurts
US eyes

Guernica blesse
Les yeux de l’Amérique

-

Américaïds

-

AmériCaïns

-

O so sensitive US !
Hurt by the sight of Guernica !

Ô si sensible Amérique
blessée par la vue
de Guernica !

-

Saddam and Picasso
do hurt
American sensitivity

Sadam ET Picasso
Offensent
la sensibilité américaine

-

le couteau de Picasso
dans la plaie américaine ?
: voiler Guernica

-

la mauvaise conscience
des Américains :
Guernica les dénonce

-

« L’œil était dans la tombe et regardait » *
Washington

* (: Victor Hugo)

-

they mustn’t feel all that good
that they can’t face
Picasso’s Guernica !

Ils ne doivent pas se sentir si bien
de ne pas pouvoir soutenir
le regard de Guernica !

-

( à suivre…)

°°

le velours de ses tendres mamelons
veloutés
se dresse vers ma langue

-

silky way
milky tray
- trayez…

-

… très sensible à la pression
lacto-sphérique !

-

ses seins écoutent
(mine de rien)
le trompettiste
qui joue
dans la rame
debout devant elle

-

un petit cri
dans le matin
elle vient
de se faire jouir

a little cry
in the morning
she’s just
come

-

prostituée :
ventre commercial

-

a very thin girl
with very thick hair
sunday evening

une fille très mince
à chevelure très abondante
- dimanche soir

-

soucieuse de son poids
elle refuse d’avaler
mon sperme

-

sa chute de reins
le Niagara de mes pensées…

-

une semaine
et c’est mai ;
s’aimer
essaimer…

-

avant la séparation
mes mains avides
de toi

-

seimplitude

-

les seingénieuses…
les seinspiratrices…
les seinstigatrices…

-

un parfum de liberté
flotte sur cette femme :
le V de sa jupe
le V de son décolleté
- printemps

°

cercle de taï-chi
j’entends la pendule

-

le cercle de taï-chi-chuan
une fourmi circule

-

cercle de taï-chi
un pigeon se place au centre
puis ressort

°

Il pleut
la terre
se colore

-

entre moi
et mon gâteau aux graines de lotus :
un moucheron

veux-tu être mangé
avec mon gâteau aux graines de lotus,
moucheron ?

°

l’escargot de mon nez
sa trace sur mon doigt

-

la nasse du pêcheur
emplie
de soleil

(: pour le kukaï photo-haïku sur MotsMagiques)

de l’or
dans ses mailles
pêche miraculeuse

(: idem)

tout l’or du monde
dans le filet du pêcheur
- lac de montagne

°

descendant du train
j’écrase par mégarde
un couple de moustiques

-

(à suivre…)

sur mon 31

31 décembre 2009

°

dernier jour de l’année
le gris du ciel
sur les toits

°

dernier soir de l’année
la merditude des choses

°

31 décembre
un père emmène son fils retardé
voir
la merditude des choses *

* : film de Felix van Groeningen, Bel.-Pays-Bas, 2008
que je vous incite à voir, pour son humanité, du côté de chez Brel…

°

31 décembre
un sapin déjà
dans le caniveau

°

basculant
d’un an
l’autre

°

passer à l’an neuf
avec un ptit ballon orange
ramassé dans la rue

°

31 décembre,
taillant mes crayons

°

d. (31/12/09)

Haïkus and co. de Py – décembre 02

30 décembre 2009

°°

lancinant réveil
oublié par les voisins –
tout le week-end

-

dessiner à la main
les contours de la lune
- chi-kong

-

she cuts slices of lime
- her small breasts

elle coupe
des rondelles de citron vert
- ses seins menus

-

mouvements réguliers de chi-kong –
même le parquet
travaille

-

rue du Double Sens

-

dans mon lit m’accueille
une lune à demi couchée
- tirons le rideau !

-

une allumette cra-
chant son phosphore

-

les poulets
à la broche du rôtisseur
réchauffent la rue

°

ton doigt
sur ma joue
- quelle allumette ?

-

pris
dans les glaces
de ton incendie

-

ton doigt sur ma joue
-premier barreau de quelle prison ?

-

le ski de ton doigt
la pente de ma joue
mi-décembre

-

arc tendu
vers toi
de l’autre côté de l’année

°

une Barbie nue
sèche
sur le rebord de la fenêtre

-

(kyôku :)

décolore
pour que le lecteur
recolorie

-

fin de l’année
balayant les mouches
du balcon

°°

d. (12/02)

Haïkus and co. de Py – novembre 02

30 décembre 2009

°°

petites lampes de l’ordinateur
dans la nuit
- quel atterrissage ?

-

« pelouse au repos »
des feuilles qui s’y collent
week-end de la Toussaint

-

petit ballon noir
luisant sur le trottoir
qu’un couple
botte

-

sous la pluie
une femme rousse
à canne blanche

-

discours pointu
de la chimiste
- son T-shirt

-

novembre –
l’ombre plus froide
dans la rue

-

sous l’abat-jour
un papillon s’agite
et perd sa poudre

-

une sonnerie de garde-barrière
passe en tournant
- autorail

-

vaisselle –
devant son établi
grand-père portait
semblable tablier

-

il lève le doigt,
regarde la lune
à la base de son ongle

(cf. le fameux kôan japonais du doigt et de la lune)

-

tirets flûtés des crapauds-accoucheurs –-
tickets de bus dans le composteur

-

Pont des Arts
en bas-résille :
sifflet tapageur
d’un jeune merle parisien

-

seul
à cette heure du matin
un pigeon roux
dans la rue Cool

-

valse hongroise à l’accordéon –
dormeurs du dimanche-métro

-

ma pisse
sur la piste
d’une pisse ancienne

°

mes yeux
ses seins
suivent leur courbe gracieuse

-

de vous j’ai
vilaine envie
- de jets

-

m’invitant à voir
ses réjouissants reliefs,
elle se rengorge

-

dans le train
mettant ses seins
en valeur
-full moon

-

elle laisse mes yeux
caresser ses seins
- a train journey

elle laisse mes yeux
errer sur sa poitrine
- voyage en train

-

voyage en train –
elle se laisse caresser les seins
de profil

-

ses bras accoudés
au siège devant :
mes yeux barracudas

-

seins suspendus
dans la splendeur de leur ampleur -
elle me regarde la mater
à travers vitre

-

pleine lune –
dans le train elle ose
faire (/ex)poser ses seins

-

de la mater
à la tâter :
quel chemin ?

-

dramaturgescent
: le cou gonflé du sang
de la colère amoureuse

°

il shoote dans une feuille
salle de taï-chi-chuan

-

(kyôku :)

Ne garder
que le noyau
du dire

-

feuilles
soulevées du trottoir :
patchwork jaune et blanc

-

deux tours disparaissent
dans le brouillard
- 24 novembre

°

soleil disque blanc
l’arbre sans une feuille
taï-chi-chuan au parc

-

une feuille
au centre du cercle
de chi-kong

°

routes encombrées :
le barrage de la pluie

-

chien vautré
sur le paillasson du cabinet
Épilation-Bronzage

-

parapluie tendu
il lui montre le chemin

(cf Issa et son haïkaï au daïkon)

-

cornet sur la tête d’un chien :
- pour ses oreilles
ou pour sa voix ?

-

enclume –
un battant enfonce l’heure dans le soir
un coin en France

-

(à Dorothy Howard :)

Le livre de haïkus *
apporté du Canada
sent le bois fumé

* Haïku, anthologie canadienne, D.H. & A.D., éd. Asticou

-

blast road a holiday tree

travaux en cours un arbre prie

°°

d. (novembre 02)

Haïkus and co. de Py – octobre 02

30 décembre 2009

°°

une feuille
à mi-pente du toit –
soleil d’octobre

-

je lève mon bras
finis ma bière

le soleil se couche

-

une flaque d’eau
« assise »
au pied d’un banc

-

oiseaux dans son sweater
tentant de s’envoler :
défilé de mode

(Fashion TV ?)

-

branche enrobée de glace –
une envie de dessert

-

son sandwich à l’œuf
dans le soleil s’écoule
- la vue de son sein

-

tous les pigeons
au pied d’un platane :
une couronne de rémiges

-

(Ravis, rébus :)

Chari et Vari
vont en bateau.
Le bateau chavire.
Qui reste-t-il ?

-

par la fenêtre d’un restaurant
un film de cul
que nul ne zyeute

-

ciel gris aujourd’hui
- un arc-en-ciel
dans le livre de haïkus

-

cris des sauteurs à l’élastique –
la rivière caresse leurs cheveux

°

Lucia
les lumières dans la nuit
Nitra – Paris

-

Lucia plexus solaire
L’encre dans la nuit

°

ce matin
le cri d’un corbeau
libère l’air
- pluie d’automne

-

ancien flirt –
son nom encore
sur la boite aux lettres

(I.D., Strasbourg)

-

en face de ses jambes
je m’assois – ainsi se passe
le voyage

-

prise
par la flaque,
la feuille

(cf A. Obrowski, in Wild Flowers, New Leaves, WHC 2002, p.20)

°

deux lignes
au front,
elle lit

-

pigeon gris
sur le trottoir gris
- Champs-Élysées

-

plus haut que les autres lampadaires
la lune
- Champs-Élysées

-

mon talon s’arrondit
sur l’avenue :
bogues de marrons

-

au bout de la branche
qui s’effeuille :
la lune
et son halo

°

lune
et chope
pour compagnes
- premier froid d’octobre

-

quand serons-nous réunis,
LA monde
et moi ?

when do we reunite :
the she-world
and me ?

°

pissing beer
in a corner
- full moon

pissant sa bière
dans un coin -
la pleine lune

-

pissant des haïkus
à tire-larigole

°

halo-
weeny
moon

-

rencontre
avec une feuille…
week-end d’octobre

meeting
with a leaf
- october week-end

-

tous les matins
au coin de la rue
le galbe des seins
des mannequins

-

soleil revenu
elle astique ses vitres
- balcon fleuri

-

comme moi
son ticket de métro
de sa poche-revolver

-

de plus en plus de seaux
dans les couloirs du RER
- pluies d’automne

°

dans la salle d’attente
du gynéco
elle montre ses seins
à son amie

-

chez le gynéco
la jeune mère joue
avec les jeux pour enfants

-

dans la chaise
gynécologique
il m’observe
au péniscope

°

entre l’éclair
et le tonnerre
l’instant
suspendu

-

samedi matin
un pigeon
flèche le trottoir

-

(kyôku :)

Dire
ce peu
d’importance

-

chasse aux charançons
dimanche après-midi
: le riz complet

-

épaules et bras nus
de cette jeune auditrice
au concert de jazz

-

soufflent sur les feuilles :
le jardinier
et le pigeon qui s’envole

°°

d. (octobre 02)

Haïkus and co. de Py – septembre 02

29 décembre 2009

°°

trois heures du matin
la courte plainte réitérée
d’une (voix de) femme

-

depuis la nuit
où elle jouit
la fenêtre de l’appartement bat

°

a lone survivor
tonite
in my toilet bowl

un seul survivant
cette nuit
dans mes toilettes

°

lundi matin
de la rentrée –
elle astique
sa voiture

-

matin de brume
tant de toiles d’araignées
sur les bas-côtés !

-

assise sur le trottoir
elle mendie
en tricotant

°

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches du rang
pris et menotté

-

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches emmené
avec son carton à dessin

-

carton à dessin sous le bras,
le flic en tenue :
vendeur alpagué

°

transporté
par une belle musique,
lâcher le présent

-

tout fin croissant de lune
au bout de mon doigt
la lumière du jour

-

dimanche nuageux
l’écran de l’ordinateur

°

comme deux dents manquant
dans la bouche de Manhattan

-

de la tour en feu
des milliers de papiers volent
des corps s’écrasent

(cf : documentaire des frères Naudet)

-

en contrebas des tours
ses peintures
soufflées,
criblées de verre

-

fourmis multicolores
cherchant encore d’autres fourmis
un an plus tard

-

ratissant
systématiquement
le jardin de métal

-

contempler la lune -–
contempler l’espace
des tours manquantes

-

343 pompiers morts -
des haïkus 575

-

tels guêpes
au pied d’un mille-feuilles :
pompiers sur ground zero

-

humains disloqués
sculptures de Rodin en miettes
au pied des jumelles

-
°

brouillage télévisuel :
représentation de plus en plus virtuelle
du monde bidonné

-

sur le muret
une portion de frites -
le jour grandit

-

long train
de voitures neuves -
le soleil au bout des rails

-

before crossing me
she buttons her jacket –
rue de la Jonquière

avant que je la croise
elle boutonne sa veste –
rue de la Jonquière

-

apprenant du vin
la robe
la jambe
les larmes

-

slip fuchsia
Japonaise
train septembre

-

saules penchés
rivière ridée
parcours kayak

-

semant ces miettes
- pour quels oiseaux ?

-

ne pas oublier …
: se repasser une cassette
d’océan
d’oiseaux

-

les pentes noires
de ses monts jumeaux
… neiger

-

début mai
le nuage nucléaire dérive
à travers l’Europe

(Tchernobyl, 1986)

-

(” kyôku ” :)

” Donner à voir. ” (Éluard)

-

musique tibétaine -
au pied du podium
trois fillettes dansent

°

le vin du soir
par-dessus les vignes
de Champagne

-

feu du couchant
dans les arbres sages
- la fin de l’été

-

le feu des nuages
enflamme les arbres sombres
- couchant de septembre

-

l’incendie du ciel
au-dessus des vignobles de Champagne,
septembre

-

la colline brûle
les vins s’endorment
Champagne septembre

-

comme si j’avais bu
le vin du soir
dans les vignes de Champagne,
m’endors

-

tout d’un coup
le rouge du soir
mouché -
train noir

-

au lieu d’écrire
grosses bises,
écrivant
grosses bites
- oh !

°

quelques gouttes à la fenêtre
viennent arroser
les fleurs en plastique

-

gouttes de pluie
à la fenêtre
pour les fleurs en plastique

-

petites gouttes
à la fenêtre
les fleurs en plastique

°

nue
sous ses bottes
et sa fourrure
: matin dans Paris

(1970 ?)

-

ton soutien-colombes
pigeonnant…

-

petit à petit
le nid
fait l’oiseau

-

la pointe de tes seins
masse le creux de mes paumes
- quel meilleur chi-kong ?

-

libérées
tes deux tourterelles
s’envolent vers mes paumes…

-

la cuisinière
nous présente sa recette
: la manger des yeux !

-

le ventilateur
encore dans son bureau
à l’entrée de l’automne

-

sur la neige
les étoiles
de la voie

(cf Evelyne Voldeng, in Dire le Nord, p.108)

-

le rebord du toit
ourlé de lumière
- la mer lointaine

-

Il fraîchit -
livre écorné
dans le noir

-

le chat
détale du comptoir,
sac à poissons en bandoulière

-

tandis qu’elle regarde
dans la poubelle,
son chien pisse dessus

°

une mouche
m’accueille chez moi
fin septembre

-

dans l’appartement de septembre
une mouche
pour compagne

-

mouche de septembre,
passeras-tu octobre
avec moi ?

°

au faîte de l’île :
ailes renversées

-

(kyôku :)

haïku sans kigo (/5) = alexandrin ?

°°

d. (septembre 02)