Archive de la catégorie «distiques»

1er janvier

1 janvier 2010

°

1er janvier,
rangeant quelques livres épars

°

1er janvier
crayon 2B :
gras jouissif

°

d. (1/1/10)

sur mon 31

31 décembre 2009

°

dernier jour de l’année
le gris du ciel
sur les toits

°

dernier soir de l’année
la merditude des choses

°

31 décembre
un père emmène son fils retardé
voir
la merditude des choses *

* : film de Felix van Groeningen, Bel.-Pays-Bas, 2008
que je vous incite à voir, pour son humanité, du côté de chez Brel…

°

31 décembre
un sapin déjà
dans le caniveau

°

basculant
d’un an
l’autre

°

passer à l’an neuf
avec un ptit ballon orange
ramassé dans la rue

°

31 décembre,
taillant mes crayons

°

d. (31/12/09)

Haïkus and co. de Py – janvier 03

31 décembre 2009

°°

nouvel an
un vent nouveau
s’invite en ville

-

premier janvier
un fond de vin dans la bouteille

-

refilling
the lonely glass
1st of the year

remplissant le verre
- solitaire
: 1er janvier

-

dans la vitrine
elle habille le mannequin
et la coiffe
- 2 janvier

-

de la vitrine
elle retire les lettrines
yeuses fêtes
2 janvier

-

passant,
la lumière assise
sur les sièges de la gare

-

vrilles de la vigne vierge
calligraphies du peintre

-

ô j’aime quand c’est lumineux comme ça
dit-elle en retirant son T-shirt

-

une araignée
dans la baignoire-sabot
dévisse

-

rapetissant leurs pas
marchant sur les œufs
de la neige glacée

-

entre branche et tronc
au nord de l’arbre
une barbe de neige

-

en haut des vignes
peignées de neige
le village
au bleu céruse

-

(kyôku ? :)

the newness of sceneries = renewed ink
nouveauté des décors = l’encre se renouvelle

-

sur mes fleurs artificielles
la neige
persistante

snow
clinging
to plastic flowers

-

glisser
sur une pisse de chien –
janvier gelé

-

pendant le chi-kong
elle rajuste ses seins –
jeune femme au chômage

°

phares par deux
dans le paysage blanc
- lent matin

-

bruit d’une pierre
bruit d’une toux
compartiment fumeur

-

un cheval debout
entre blanc et vert
broute dans le matin

-

dans le pré gelé
les vaches
broutent le blanc

-

une meule noircie
penche sous la neige

°

pudique
elle détourne la tête :
paiement par carte bancaire

-

l’échéance
du passage outre-vie
s’approche –
ta valise est-elle prête ?

-

suivre
le vol des mains
de la professeure de tai-ji

-

oiseau noir
dans le soleil levant –
l’ascenseur sent le café

-

dehors la neige plane
dedans, ses seins noirs

-

Tes globes éclairent ma nuit –

-

à l’approche du contrôleur
têtes et corps
s’agitent

°

Étant donné que la principale nappe de fioul échappé du pétrolier est évaluée à 3500 tonnes, et qu’elle se répartit en boulettes d’une cinquantaine de centimètres, combien faudra-t-il de temps pour faire disparaître les traces de cette catastrophe ?

-

quatre bateaux ont pu pomper
une soixantaine de tonnes en quarante-huit heures
( : à ce train-là, cent-dix-sept jours, rien que pour cette nappe !)

-

une nappe,
des galettes de fioul
- la chandeleur

-

marcher
sur le sable fin
pieds nus :
rêvons !

-

d’après mes calculs :
encore six-cent-cinquante jours de fuites
du « Prestige ».

-

inexorables
les boules
reviennent jouer
sur la plage

-

Sisyphe sans cesse
Ramassant ses galets :
Terre et pétrole

-

la mer roule
déroule à l’envi
ses galettes de fioul

-

la mer
joue sur la plage :
boules de fioul

°

au pied de l’épouvantail
une poussée d’orties

-

gueule cassée
l’épouvantail
porte sa croix

-

soucoupe verte
le galure de l’épouvantail
atterri dans le chaume

°

ce matin les oiseaux
se lancent des fusées sonores

-

le chien aboie
son maître aussi –
samedi café noir

°

veste de cuir qui s’ouvre
sur des seins de rêve
- Fashion TV

-

instants-senryû :
les coups au cœur des modèles
sur Fashion TV

-

s’il vibre,
le tissu sur tes seins :
colombes

°

Le rêve américain
ne tourne-t-il pas
au Bushemar ?

-

que la Busherie cesse,
que les Sharognards disparaissent !

-

Il faut que le monde
(se) retourne sur lui-même
et casse le profit.

-

« La Liberté »
d’Antoine Bourdelle :
un tronc sans tête,
sans mains…
entouré de musique

( : théâtre des Champs-Élysées)

-

Lu Yu (1125-1210) :
« Je laisse aller mon pinceau,
tout seul il compose un poème. »

-

un pigeon boit
d’un filet de pisse
: trottoir

°

blood
sucking
oil

-

richer oil
if
red(dened) ?

-

Washington explique aux Occidentaux :
« La guerre c’est bon pour l’économie. »

°°

d. (janvier 2003)

Haïkus and co. de Py – décembre 02

30 décembre 2009

°°

lancinant réveil
oublié par les voisins –
tout le week-end

-

dessiner à la main
les contours de la lune
- chi-kong

-

she cuts slices of lime
- her small breasts

elle coupe
des rondelles de citron vert
- ses seins menus

-

mouvements réguliers de chi-kong –
même le parquet
travaille

-

rue du Double Sens

-

dans mon lit m’accueille
une lune à demi couchée
- tirons le rideau !

-

une allumette cra-
chant son phosphore

-

les poulets
à la broche du rôtisseur
réchauffent la rue

°

ton doigt
sur ma joue
- quelle allumette ?

-

pris
dans les glaces
de ton incendie

-

ton doigt sur ma joue
-premier barreau de quelle prison ?

-

le ski de ton doigt
la pente de ma joue
mi-décembre

-

arc tendu
vers toi
de l’autre côté de l’année

°

une Barbie nue
sèche
sur le rebord de la fenêtre

-

(kyôku :)

décolore
pour que le lecteur
recolorie

-

fin de l’année
balayant les mouches
du balcon

°°

d. (12/02)

Haïkus and co. de Py – novembre 02

30 décembre 2009

°°

petites lampes de l’ordinateur
dans la nuit
- quel atterrissage ?

-

« pelouse au repos »
des feuilles qui s’y collent
week-end de la Toussaint

-

petit ballon noir
luisant sur le trottoir
qu’un couple
botte

-

sous la pluie
une femme rousse
à canne blanche

-

discours pointu
de la chimiste
- son T-shirt

-

novembre –
l’ombre plus froide
dans la rue

-

sous l’abat-jour
un papillon s’agite
et perd sa poudre

-

une sonnerie de garde-barrière
passe en tournant
- autorail

-

vaisselle –
devant son établi
grand-père portait
semblable tablier

-

il lève le doigt,
regarde la lune
à la base de son ongle

(cf. le fameux kôan japonais du doigt et de la lune)

-

tirets flûtés des crapauds-accoucheurs –-
tickets de bus dans le composteur

-

Pont des Arts
en bas-résille :
sifflet tapageur
d’un jeune merle parisien

-

seul
à cette heure du matin
un pigeon roux
dans la rue Cool

-

valse hongroise à l’accordéon –
dormeurs du dimanche-métro

-

ma pisse
sur la piste
d’une pisse ancienne

°

mes yeux
ses seins
suivent leur courbe gracieuse

-

de vous j’ai
vilaine envie
- de jets

-

m’invitant à voir
ses réjouissants reliefs,
elle se rengorge

-

dans le train
mettant ses seins
en valeur
-full moon

-

elle laisse mes yeux
caresser ses seins
- a train journey

elle laisse mes yeux
errer sur sa poitrine
- voyage en train

-

voyage en train –
elle se laisse caresser les seins
de profil

-

ses bras accoudés
au siège devant :
mes yeux barracudas

-

seins suspendus
dans la splendeur de leur ampleur -
elle me regarde la mater
à travers vitre

-

pleine lune –
dans le train elle ose
faire (/ex)poser ses seins

-

de la mater
à la tâter :
quel chemin ?

-

dramaturgescent
: le cou gonflé du sang
de la colère amoureuse

°

il shoote dans une feuille
salle de taï-chi-chuan

-

(kyôku :)

Ne garder
que le noyau
du dire

-

feuilles
soulevées du trottoir :
patchwork jaune et blanc

-

deux tours disparaissent
dans le brouillard
- 24 novembre

°

soleil disque blanc
l’arbre sans une feuille
taï-chi-chuan au parc

-

une feuille
au centre du cercle
de chi-kong

°

routes encombrées :
le barrage de la pluie

-

chien vautré
sur le paillasson du cabinet
Épilation-Bronzage

-

parapluie tendu
il lui montre le chemin

(cf Issa et son haïkaï au daïkon)

-

cornet sur la tête d’un chien :
- pour ses oreilles
ou pour sa voix ?

-

enclume –
un battant enfonce l’heure dans le soir
un coin en France

-

(à Dorothy Howard :)

Le livre de haïkus *
apporté du Canada
sent le bois fumé

* Haïku, anthologie canadienne, D.H. & A.D., éd. Asticou

-

blast road a holiday tree

travaux en cours un arbre prie

°°

d. (novembre 02)

Haïkus and co. de Py – octobre 02

30 décembre 2009

°°

une feuille
à mi-pente du toit –
soleil d’octobre

-

je lève mon bras
finis ma bière

le soleil se couche

-

une flaque d’eau
« assise »
au pied d’un banc

-

oiseaux dans son sweater
tentant de s’envoler :
défilé de mode

(Fashion TV ?)

-

branche enrobée de glace –
une envie de dessert

-

son sandwich à l’œuf
dans le soleil s’écoule
- la vue de son sein

-

tous les pigeons
au pied d’un platane :
une couronne de rémiges

-

(Ravis, rébus :)

Chari et Vari
vont en bateau.
Le bateau chavire.
Qui reste-t-il ?

-

par la fenêtre d’un restaurant
un film de cul
que nul ne zyeute

-

ciel gris aujourd’hui
- un arc-en-ciel
dans le livre de haïkus

-

cris des sauteurs à l’élastique –
la rivière caresse leurs cheveux

°

Lucia
les lumières dans la nuit
Nitra – Paris

-

Lucia plexus solaire
L’encre dans la nuit

°

ce matin
le cri d’un corbeau
libère l’air
- pluie d’automne

-

ancien flirt –
son nom encore
sur la boite aux lettres

(I.D., Strasbourg)

-

en face de ses jambes
je m’assois – ainsi se passe
le voyage

-

prise
par la flaque,
la feuille

(cf A. Obrowski, in Wild Flowers, New Leaves, WHC 2002, p.20)

°

deux lignes
au front,
elle lit

-

pigeon gris
sur le trottoir gris
- Champs-Élysées

-

plus haut que les autres lampadaires
la lune
- Champs-Élysées

-

mon talon s’arrondit
sur l’avenue :
bogues de marrons

-

au bout de la branche
qui s’effeuille :
la lune
et son halo

°

lune
et chope
pour compagnes
- premier froid d’octobre

-

quand serons-nous réunis,
LA monde
et moi ?

when do we reunite :
the she-world
and me ?

°

pissing beer
in a corner
- full moon

pissant sa bière
dans un coin -
la pleine lune

-

pissant des haïkus
à tire-larigole

°

halo-
weeny
moon

-

rencontre
avec une feuille…
week-end d’octobre

meeting
with a leaf
- october week-end

-

tous les matins
au coin de la rue
le galbe des seins
des mannequins

-

soleil revenu
elle astique ses vitres
- balcon fleuri

-

comme moi
son ticket de métro
de sa poche-revolver

-

de plus en plus de seaux
dans les couloirs du RER
- pluies d’automne

°

dans la salle d’attente
du gynéco
elle montre ses seins
à son amie

-

chez le gynéco
la jeune mère joue
avec les jeux pour enfants

-

dans la chaise
gynécologique
il m’observe
au péniscope

°

entre l’éclair
et le tonnerre
l’instant
suspendu

-

samedi matin
un pigeon
flèche le trottoir

-

(kyôku :)

Dire
ce peu
d’importance

-

chasse aux charançons
dimanche après-midi
: le riz complet

-

épaules et bras nus
de cette jeune auditrice
au concert de jazz

-

soufflent sur les feuilles :
le jardinier
et le pigeon qui s’envole

°°

d. (octobre 02)

Haïkus and co. de Py – septembre 02

29 décembre 2009

°°

trois heures du matin
la courte plainte réitérée
d’une (voix de) femme

-

depuis la nuit
où elle jouit
la fenêtre de l’appartement bat

°

a lone survivor
tonite
in my toilet bowl

un seul survivant
cette nuit
dans mes toilettes

°

lundi matin
de la rentrée –
elle astique
sa voiture

-

matin de brume
tant de toiles d’araignées
sur les bas-côtés !

-

assise sur le trottoir
elle mendie
en tricotant

°

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches du rang
pris et menotté

-

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches emmené
avec son carton à dessin

-

carton à dessin sous le bras,
le flic en tenue :
vendeur alpagué

°

transporté
par une belle musique,
lâcher le présent

-

tout fin croissant de lune
au bout de mon doigt
la lumière du jour

-

dimanche nuageux
l’écran de l’ordinateur

°

comme deux dents manquant
dans la bouche de Manhattan

-

de la tour en feu
des milliers de papiers volent
des corps s’écrasent

(cf : documentaire des frères Naudet)

-

en contrebas des tours
ses peintures
soufflées,
criblées de verre

-

fourmis multicolores
cherchant encore d’autres fourmis
un an plus tard

-

ratissant
systématiquement
le jardin de métal

-

contempler la lune -–
contempler l’espace
des tours manquantes

-

343 pompiers morts -
des haïkus 575

-

tels guêpes
au pied d’un mille-feuilles :
pompiers sur ground zero

-

humains disloqués
sculptures de Rodin en miettes
au pied des jumelles

-
°

brouillage télévisuel :
représentation de plus en plus virtuelle
du monde bidonné

-

sur le muret
une portion de frites -
le jour grandit

-

long train
de voitures neuves -
le soleil au bout des rails

-

before crossing me
she buttons her jacket –
rue de la Jonquière

avant que je la croise
elle boutonne sa veste –
rue de la Jonquière

-

apprenant du vin
la robe
la jambe
les larmes

-

slip fuchsia
Japonaise
train septembre

-

saules penchés
rivière ridée
parcours kayak

-

semant ces miettes
- pour quels oiseaux ?

-

ne pas oublier …
: se repasser une cassette
d’océan
d’oiseaux

-

les pentes noires
de ses monts jumeaux
… neiger

-

début mai
le nuage nucléaire dérive
à travers l’Europe

(Tchernobyl, 1986)

-

(” kyôku ” :)

” Donner à voir. ” (Éluard)

-

musique tibétaine -
au pied du podium
trois fillettes dansent

°

le vin du soir
par-dessus les vignes
de Champagne

-

feu du couchant
dans les arbres sages
- la fin de l’été

-

le feu des nuages
enflamme les arbres sombres
- couchant de septembre

-

l’incendie du ciel
au-dessus des vignobles de Champagne,
septembre

-

la colline brûle
les vins s’endorment
Champagne septembre

-

comme si j’avais bu
le vin du soir
dans les vignes de Champagne,
m’endors

-

tout d’un coup
le rouge du soir
mouché -
train noir

-

au lieu d’écrire
grosses bises,
écrivant
grosses bites
- oh !

°

quelques gouttes à la fenêtre
viennent arroser
les fleurs en plastique

-

gouttes de pluie
à la fenêtre
pour les fleurs en plastique

-

petites gouttes
à la fenêtre
les fleurs en plastique

°

nue
sous ses bottes
et sa fourrure
: matin dans Paris

(1970 ?)

-

ton soutien-colombes
pigeonnant…

-

petit à petit
le nid
fait l’oiseau

-

la pointe de tes seins
masse le creux de mes paumes
- quel meilleur chi-kong ?

-

libérées
tes deux tourterelles
s’envolent vers mes paumes…

-

la cuisinière
nous présente sa recette
: la manger des yeux !

-

le ventilateur
encore dans son bureau
à l’entrée de l’automne

-

sur la neige
les étoiles
de la voie

(cf Evelyne Voldeng, in Dire le Nord, p.108)

-

le rebord du toit
ourlé de lumière
- la mer lointaine

-

Il fraîchit -
livre écorné
dans le noir

-

le chat
détale du comptoir,
sac à poissons en bandoulière

-

tandis qu’elle regarde
dans la poubelle,
son chien pisse dessus

°

une mouche
m’accueille chez moi
fin septembre

-

dans l’appartement de septembre
une mouche
pour compagne

-

mouche de septembre,
passeras-tu octobre
avec moi ?

°

au faîte de l’île :
ailes renversées

-

(kyôku :)

haïku sans kigo (/5) = alexandrin ?

°°

d. (septembre 02)

3 novembre

21 novembre 2009

la pluie de novembre
les gammes de l’instrument *

d.(Millau, 3/11/09)

* du hautbois

abcès

21 novembre 2009

la lune presque pleine -
abcès dentaire

d.(2/11/09)

âge

16 octobre 2009

°

” Il fait bien son âge ! “
: trois heures.

°

d.(16/10/09)