Archive de la catégorie «coquains»

Haïkus, senryûs, etc. de Py – septembre 01

2 janvier 2010

°°

fin des vacances -
les décolletés
jettent
leurs derniers feux

-

à flanc de colline
des chemins blancs grimpent
- vignes de septembre

-

sur la vallée si plate
bandes chevelues des maïs

-

pas encore huit heures
à collecter les impôts
déjà affairés…

-

finissant sa bière
le soleil descend
derrière le toit

-

filets
saumon rouge
les nuages du couchant

-

dans le sommeil
ses lèvres se séparent…
mes mots s’y glissent

-

en plein nuit
lui dit
« j’aime danser dans ton ventre ! »

-

enroulé autour de son corps
ils regardent un monument
- Reims

-

diamants de pluie
serrés sur la vitre –
que le soleil éclaire

-

piètre jardinier :
les fleurs en plastique
de ma jardinière

°

(11/9/01)

contre le verre de plastique
les grains de sel crissent
- ablutions nasales

-

dans la tour
un avion en flammes
- sur ma poitrine
une araignée ?

°

a traffic sign points
« ONE WAY »
towards the clouds

-

poussière spiralante
le gratte-terre

-

un nuage s’élève
une tour s’effondre
- sunny september morning

- matin ensoleillé de septembre

-

sur un trottoir
tapissé de poussière
une poussette

neige de poussière
par les rues
une poussette vide

-

pour la cinquantième fois
un avion s’enfonce
dans une tour

°

le rouge à lèvres
sous le soleil
criait

-

deux bâtons
se cassent
les miroirs se brisent

-

shouting stars
lips stripped
boiling bloods

étoiles criantes
lèvres dénudées
sangs bouillants

°

cris grimpant
le long de la tour
en flammes

shouts climbing up
towards the
burning tower

-

Haute finance aplatie

-

les mots pour faire mousser
la haine aux commissures …

-

the Giant’s
legs
broken –
loses its head

-

tours effondrées
l’humanité
doit trembler

-

Sattentats…

-

Manha(tt)an

Ma/no/hat/on

-

débris encore fumants
du World Trade Center
les affaires reprennent

°

Une démocratie, c’est un système politique selon lequel on vous demande (parfois) votre avis avant de vous entuber.

°

(restaurant Thaï, Ave de St Ouen)

deux très amoureux
yeux dans les yeux
sourire aux lèvres
buvant l’autre…

-

au détour d’une table
traquer la caresse
la plus ronde…

-

danseuse hindoue idéale
- poème globe

-

sexquise

-

attentations

-

ballottentante

-

ses bien rebondis
tout tachetés de son
- m’entêtent

-

relief de nu -
les boutons de ses seins
font pression sur mes yeux

-

la gueule des poissons
gobe le vent –
ondulations…

(drapeaux koinobori ?)

-

haïquarium

-

entre les dents de sa mère
le petit crocodile

-

au taï-chi
la femme enceinte
ses mains sur son ventre

-

des canards
fendent l’eau -
leur long sillage…

-

avec son engin à moteur
il souffle
les feuilles s’envolent

-

feuilles de papier
blanches du soleil
sur le sol de la chambre

(in : « Avant la nuit » – Reinaldo Arenas.)

-

(restaurant Thalassa – spécialités grecques : )

DÉSOLÉ
La maison n’accepte
pas la carte bleue,
ainsi que les gros chiens.

°°

d. (septembre 01)

Haïkus… de Py – avril 03 – a)

1 janvier 2010

°°

par les temps qui tombent …

-

strutting peacocks
behind their pulpits
: daily report

paons paradant
derrière leurs pupitres
: rapport journalier

-

daily need
to justify their
deadly deed

besoin quotidien
de justifier
leur mortelle action

-

listen between their teeth

écouter entre leurs dents

-

the (k)nights of Apocalypse

les chevaliers (/ les nuits)
de l’Apocalypse

-

foaming at the brain
humanly disordered

écumant du cerveau
humainement givrés

-

Ici nuits blanches
Là-bas nuits rouges

-

gory alleluias

-

killing people
maiming words

tuant les gens
mutilant les mots

-

god less war
peace less world

guerre impie
monde sans paix

-

mas(ked) destruction

destruction mas(quée)

-

a stray god

un dieu errant

-

c’est le théâtre de la guerre
et les acteurs sont mauvais

it is a war theater
and the actors are bad

-

Verset biblique ?
Verset satanique ?
Père UBush

-

nauséabondieux

-

printemps 2003
floraison macabre

-

les Barbares sont de retour
- lune montante

-

Bush à Berde
G.W. Butch-er
George U-2 Bush

-

bird names in the bush

insultes dans le bush

-

as if everything were fine :
the business
the weather

comme si tout allait bien :
les affaires
le temps

-

Hell
from the
sky

l’enfer
descend du
ciel

-

Il porte sa fille
qui ne pourra plus
se porter
-lambeaux de pied

-

They kill us
saying they’re freeing us
They’re frying us !

They are the failure of the verb

Ils nous tuent
nous disant qu’ils nous libèrent
Ils nous font rôtir

Ils sont l’échec du langage

-

La guerre met fin au langage…

-

l’humanitaire
pour voiler l’inhumain

-

your words stink
of blood
flesh
and oil

vos mots puent
le sang
la chair
le pétrole

-

Lord of the Rigs :
Le Seigneur des Tonneaux

-

votre camp humanitaire :
un musée des horreurs

-

campagne de l’Unicef :
« La faim tue les enfants en Irak » -
des pigeons picorent
les trottoirs parisiens

-

La Liberté …
de piller les ressources
de l’Irak

-

une bombe à fragmentations
=
trois terrains de football

-

trous de bombes
creux de tombes
tragédies en sous-sol

-

cadavres laissés
dans les carcasses de leurs voitures :
Bagdad libérée

-

Bush-War-Blair
(- bush warbler )

-

les murs tombent,
les promoteurs
se frottent les mains

-

Les Marines
laissent tout piller
sauf le ministère du pétrole

-

L’Axe des Biens

-

War Bush et mourir

-

Bagdad Far-West

-

Looking for weapons
Finding oil !

Cherchant des armes
Trouvant du pétrole !

-

(We want) evidence -
so far
oil
is
the only one

(nous voulons) l’évidence -
jusqu’ici
le pétrole
en est
la seule !

-

one
evidence :
oil

une évidence :
le pétrole

-

freedomination

-

hallaliberté

-

Jamesbondieuseries

-

humaniterreur

-

occupants
occupés
à chasse-garder
le pétrole

-

rodomontages

-

to trust the tales of a nation at war ?

faire confiance aux
contes
d’une nation guerroyeuse ?

-

Baghdad and Baghmum
killed – and I can’t count
on my fingers anymore

Bag-maman et Bag-papa tués
et je ne peux même plus
compter sur mes doigts !

-

pour s’être opposée
au carnage et au chaos :
punir la France

as an opponent
to Murder and Chaos
France must be chastised

-

the whole world sees
it’s for petrol they’re in there
- but themselves

Le monde entier voit
que c’est pour l’or noir
qu’ils y sont -
Eux
se voilent la face !

-

carnage et saccage :
les deux mamelles
de la « liberté » irakienne

-

un bâton sous la gorge
et un couteau dans les roues

-

tens of thousands of Iraki people
freed
from life

des dizaines de milliers d’Iraquiens
libérés
de la vie

-

U.S. spreading
anti U.S.
Resentment

Les USA répandant
le ressentiment
anti-US

-

évidence
de « destruction massive » :
quinze fûts suspects

-

one wanders why
they so desperately look for proofs
they never needed !

on se demande bien pourquoi
ils cherchent si désespérément des preuves
dont ils n’ont jamais eu besoin !

-

justification
they badly need
to feel at peace

ils ont salement besoin
de se justifier -
pour être en paix
avec eux-mêmes !

-

the Pentagon’s bad deeds
camouflaged into
good ones

les saloperies du pentagone
camouflées
en bonnes actions !

-

camouflage du désert :
le mal
changé
en bien

desert camouflage :
bad deeds
turned into
good ones

-

prude USA
asking (at) the U.N.
to hide Guernica

prude Amérique
demande à l’ONU
de cacher Guernica

Guernica into hiding
to please the USA

Guernica voilée
pour plaire aux Ricains

-

Guernica
hurts
US eyes

Guernica blesse
Les yeux de l’Amérique

-

Américaïds

-

AmériCaïns

-

O so sensitive US !
Hurt by the sight of Guernica !

Ô si sensible Amérique
blessée par la vue
de Guernica !

-

Saddam and Picasso
do hurt
American sensitivity

Sadam ET Picasso
Offensent
la sensibilité américaine

-

le couteau de Picasso
dans la plaie américaine ?
: voiler Guernica

-

la mauvaise conscience
des Américains :
Guernica les dénonce

-

« L’œil était dans la tombe et regardait » *
Washington

* (: Victor Hugo)

-

they mustn’t feel all that good
that they can’t face
Picasso’s Guernica !

Ils ne doivent pas se sentir si bien
de ne pas pouvoir soutenir
le regard de Guernica !

-

( à suivre…)

°°

le velours de ses tendres mamelons
veloutés
se dresse vers ma langue

-

silky way
milky tray
- trayez…

-

… très sensible à la pression
lacto-sphérique !

-

ses seins écoutent
(mine de rien)
le trompettiste
qui joue
dans la rame
debout devant elle

-

un petit cri
dans le matin
elle vient
de se faire jouir

a little cry
in the morning
she’s just
come

-

prostituée :
ventre commercial

-

a very thin girl
with very thick hair
sunday evening

une fille très mince
à chevelure très abondante
- dimanche soir

-

soucieuse de son poids
elle refuse d’avaler
mon sperme

-

sa chute de reins
le Niagara de mes pensées…

-

une semaine
et c’est mai ;
s’aimer
essaimer…

-

avant la séparation
mes mains avides
de toi

-

seimplitude

-

les seingénieuses…
les seinspiratrices…
les seinstigatrices…

-

un parfum de liberté
flotte sur cette femme :
le V de sa jupe
le V de son décolleté
- printemps

°

cercle de taï-chi
j’entends la pendule

-

le cercle de taï-chi-chuan
une fourmi circule

-

cercle de taï-chi
un pigeon se place au centre
puis ressort

°

Il pleut
la terre
se colore

-

entre moi
et mon gâteau aux graines de lotus :
un moucheron

veux-tu être mangé
avec mon gâteau aux graines de lotus,
moucheron ?

°

l’escargot de mon nez
sa trace sur mon doigt

-

la nasse du pêcheur
emplie
de soleil

(: pour le kukaï photo-haïku sur MotsMagiques)

de l’or
dans ses mailles
pêche miraculeuse

(: idem)

tout l’or du monde
dans le filet du pêcheur
- lac de montagne

°

descendant du train
j’écrase par mégarde
un couple de moustiques

-

(à suivre…)

Haïkus and co. de Py – novembre 02

30 décembre 2009

°°

petites lampes de l’ordinateur
dans la nuit
- quel atterrissage ?

-

« pelouse au repos »
des feuilles qui s’y collent
week-end de la Toussaint

-

petit ballon noir
luisant sur le trottoir
qu’un couple
botte

-

sous la pluie
une femme rousse
à canne blanche

-

discours pointu
de la chimiste
- son T-shirt

-

novembre –
l’ombre plus froide
dans la rue

-

sous l’abat-jour
un papillon s’agite
et perd sa poudre

-

une sonnerie de garde-barrière
passe en tournant
- autorail

-

vaisselle –
devant son établi
grand-père portait
semblable tablier

-

il lève le doigt,
regarde la lune
à la base de son ongle

(cf. le fameux kôan japonais du doigt et de la lune)

-

tirets flûtés des crapauds-accoucheurs –-
tickets de bus dans le composteur

-

Pont des Arts
en bas-résille :
sifflet tapageur
d’un jeune merle parisien

-

seul
à cette heure du matin
un pigeon roux
dans la rue Cool

-

valse hongroise à l’accordéon –
dormeurs du dimanche-métro

-

ma pisse
sur la piste
d’une pisse ancienne

°

mes yeux
ses seins
suivent leur courbe gracieuse

-

de vous j’ai
vilaine envie
- de jets

-

m’invitant à voir
ses réjouissants reliefs,
elle se rengorge

-

dans le train
mettant ses seins
en valeur
-full moon

-

elle laisse mes yeux
caresser ses seins
- a train journey

elle laisse mes yeux
errer sur sa poitrine
- voyage en train

-

voyage en train –
elle se laisse caresser les seins
de profil

-

ses bras accoudés
au siège devant :
mes yeux barracudas

-

seins suspendus
dans la splendeur de leur ampleur -
elle me regarde la mater
à travers vitre

-

pleine lune –
dans le train elle ose
faire (/ex)poser ses seins

-

de la mater
à la tâter :
quel chemin ?

-

dramaturgescent
: le cou gonflé du sang
de la colère amoureuse

°

il shoote dans une feuille
salle de taï-chi-chuan

-

(kyôku :)

Ne garder
que le noyau
du dire

-

feuilles
soulevées du trottoir :
patchwork jaune et blanc

-

deux tours disparaissent
dans le brouillard
- 24 novembre

°

soleil disque blanc
l’arbre sans une feuille
taï-chi-chuan au parc

-

une feuille
au centre du cercle
de chi-kong

°

routes encombrées :
le barrage de la pluie

-

chien vautré
sur le paillasson du cabinet
Épilation-Bronzage

-

parapluie tendu
il lui montre le chemin

(cf Issa et son haïkaï au daïkon)

-

cornet sur la tête d’un chien :
- pour ses oreilles
ou pour sa voix ?

-

enclume –
un battant enfonce l’heure dans le soir
un coin en France

-

(à Dorothy Howard :)

Le livre de haïkus *
apporté du Canada
sent le bois fumé

* Haïku, anthologie canadienne, D.H. & A.D., éd. Asticou

-

blast road a holiday tree

travaux en cours un arbre prie

°°

d. (novembre 02)

Haïkus and co. de Py – octobre 02

30 décembre 2009

°°

une feuille
à mi-pente du toit –
soleil d’octobre

-

je lève mon bras
finis ma bière

le soleil se couche

-

une flaque d’eau
« assise »
au pied d’un banc

-

oiseaux dans son sweater
tentant de s’envoler :
défilé de mode

(Fashion TV ?)

-

branche enrobée de glace –
une envie de dessert

-

son sandwich à l’œuf
dans le soleil s’écoule
- la vue de son sein

-

tous les pigeons
au pied d’un platane :
une couronne de rémiges

-

(Ravis, rébus :)

Chari et Vari
vont en bateau.
Le bateau chavire.
Qui reste-t-il ?

-

par la fenêtre d’un restaurant
un film de cul
que nul ne zyeute

-

ciel gris aujourd’hui
- un arc-en-ciel
dans le livre de haïkus

-

cris des sauteurs à l’élastique –
la rivière caresse leurs cheveux

°

Lucia
les lumières dans la nuit
Nitra – Paris

-

Lucia plexus solaire
L’encre dans la nuit

°

ce matin
le cri d’un corbeau
libère l’air
- pluie d’automne

-

ancien flirt –
son nom encore
sur la boite aux lettres

(I.D., Strasbourg)

-

en face de ses jambes
je m’assois – ainsi se passe
le voyage

-

prise
par la flaque,
la feuille

(cf A. Obrowski, in Wild Flowers, New Leaves, WHC 2002, p.20)

°

deux lignes
au front,
elle lit

-

pigeon gris
sur le trottoir gris
- Champs-Élysées

-

plus haut que les autres lampadaires
la lune
- Champs-Élysées

-

mon talon s’arrondit
sur l’avenue :
bogues de marrons

-

au bout de la branche
qui s’effeuille :
la lune
et son halo

°

lune
et chope
pour compagnes
- premier froid d’octobre

-

quand serons-nous réunis,
LA monde
et moi ?

when do we reunite :
the she-world
and me ?

°

pissing beer
in a corner
- full moon

pissant sa bière
dans un coin -
la pleine lune

-

pissant des haïkus
à tire-larigole

°

halo-
weeny
moon

-

rencontre
avec une feuille…
week-end d’octobre

meeting
with a leaf
- october week-end

-

tous les matins
au coin de la rue
le galbe des seins
des mannequins

-

soleil revenu
elle astique ses vitres
- balcon fleuri

-

comme moi
son ticket de métro
de sa poche-revolver

-

de plus en plus de seaux
dans les couloirs du RER
- pluies d’automne

°

dans la salle d’attente
du gynéco
elle montre ses seins
à son amie

-

chez le gynéco
la jeune mère joue
avec les jeux pour enfants

-

dans la chaise
gynécologique
il m’observe
au péniscope

°

entre l’éclair
et le tonnerre
l’instant
suspendu

-

samedi matin
un pigeon
flèche le trottoir

-

(kyôku :)

Dire
ce peu
d’importance

-

chasse aux charançons
dimanche après-midi
: le riz complet

-

épaules et bras nus
de cette jeune auditrice
au concert de jazz

-

soufflent sur les feuilles :
le jardinier
et le pigeon qui s’envole

°°

d. (octobre 02)

Haïkus and co. de Py – septembre 02

29 décembre 2009

°°

trois heures du matin
la courte plainte réitérée
d’une (voix de) femme

-

depuis la nuit
où elle jouit
la fenêtre de l’appartement bat

°

a lone survivor
tonite
in my toilet bowl

un seul survivant
cette nuit
dans mes toilettes

°

lundi matin
de la rentrée –
elle astique
sa voiture

-

matin de brume
tant de toiles d’araignées
sur les bas-côtés !

-

assise sur le trottoir
elle mendie
en tricotant

°

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches du rang
pris et menotté

-

musée d’Orsay –
le premier vendeur d’affiches emmené
avec son carton à dessin

-

carton à dessin sous le bras,
le flic en tenue :
vendeur alpagué

°

transporté
par une belle musique,
lâcher le présent

-

tout fin croissant de lune
au bout de mon doigt
la lumière du jour

-

dimanche nuageux
l’écran de l’ordinateur

°

comme deux dents manquant
dans la bouche de Manhattan

-

de la tour en feu
des milliers de papiers volent
des corps s’écrasent

(cf : documentaire des frères Naudet)

-

en contrebas des tours
ses peintures
soufflées,
criblées de verre

-

fourmis multicolores
cherchant encore d’autres fourmis
un an plus tard

-

ratissant
systématiquement
le jardin de métal

-

contempler la lune -–
contempler l’espace
des tours manquantes

-

343 pompiers morts -
des haïkus 575

-

tels guêpes
au pied d’un mille-feuilles :
pompiers sur ground zero

-

humains disloqués
sculptures de Rodin en miettes
au pied des jumelles

-
°

brouillage télévisuel :
représentation de plus en plus virtuelle
du monde bidonné

-

sur le muret
une portion de frites -
le jour grandit

-

long train
de voitures neuves -
le soleil au bout des rails

-

before crossing me
she buttons her jacket –
rue de la Jonquière

avant que je la croise
elle boutonne sa veste –
rue de la Jonquière

-

apprenant du vin
la robe
la jambe
les larmes

-

slip fuchsia
Japonaise
train septembre

-

saules penchés
rivière ridée
parcours kayak

-

semant ces miettes
- pour quels oiseaux ?

-

ne pas oublier …
: se repasser une cassette
d’océan
d’oiseaux

-

les pentes noires
de ses monts jumeaux
… neiger

-

début mai
le nuage nucléaire dérive
à travers l’Europe

(Tchernobyl, 1986)

-

(” kyôku ” :)

” Donner à voir. ” (Éluard)

-

musique tibétaine -
au pied du podium
trois fillettes dansent

°

le vin du soir
par-dessus les vignes
de Champagne

-

feu du couchant
dans les arbres sages
- la fin de l’été

-

le feu des nuages
enflamme les arbres sombres
- couchant de septembre

-

l’incendie du ciel
au-dessus des vignobles de Champagne,
septembre

-

la colline brûle
les vins s’endorment
Champagne septembre

-

comme si j’avais bu
le vin du soir
dans les vignes de Champagne,
m’endors

-

tout d’un coup
le rouge du soir
mouché -
train noir

-

au lieu d’écrire
grosses bises,
écrivant
grosses bites
- oh !

°

quelques gouttes à la fenêtre
viennent arroser
les fleurs en plastique

-

gouttes de pluie
à la fenêtre
pour les fleurs en plastique

-

petites gouttes
à la fenêtre
les fleurs en plastique

°

nue
sous ses bottes
et sa fourrure
: matin dans Paris

(1970 ?)

-

ton soutien-colombes
pigeonnant…

-

petit à petit
le nid
fait l’oiseau

-

la pointe de tes seins
masse le creux de mes paumes
- quel meilleur chi-kong ?

-

libérées
tes deux tourterelles
s’envolent vers mes paumes…

-

la cuisinière
nous présente sa recette
: la manger des yeux !

-

le ventilateur
encore dans son bureau
à l’entrée de l’automne

-

sur la neige
les étoiles
de la voie

(cf Evelyne Voldeng, in Dire le Nord, p.108)

-

le rebord du toit
ourlé de lumière
- la mer lointaine

-

Il fraîchit -
livre écorné
dans le noir

-

le chat
détale du comptoir,
sac à poissons en bandoulière

-

tandis qu’elle regarde
dans la poubelle,
son chien pisse dessus

°

une mouche
m’accueille chez moi
fin septembre

-

dans l’appartement de septembre
une mouche
pour compagne

-

mouche de septembre,
passeras-tu octobre
avec moi ?

°

au faîte de l’île :
ailes renversées

-

(kyôku :)

haïku sans kigo (/5) = alexandrin ?

°°

d. (septembre 02)

Haïkus & Co. de Py – août 2002

29 décembre 2009

°°

de fleurs de coucous
grand-mère, enfant pauvre,
tressait ses balles

-

jouant aux épingles
dans un tas de sable,
les poules s’en mêlaient…

°

Cap sur 230 –
: un haïku oublié
en Méditerranée

-

Sharon
Deliberately trampling
The roses of Palestine

Sharon
écrasant sciemment
les roses de Palestine

-

deux jeunes allemandes
avec une baguette fraîche :
vacances bien françaises

-

sa chevelure
tel un col de fou-rire
sur ses épaules

-

ses seins
tout tenus qu’ils sont
par son soutien -
d’arrogants regards…

°

sur la corde
pas de linge
ni de vent
- Carnac

-

hors Quiberon
le vent effiloche le rouge
du pavillon français

-

l’ombre de la fumée
fuit le pont
puis le sillage du navire

-

dans l’allée du camping
une jeune fille en T-shirt blanc court
et entre dans une tente

-

elle regarde vers le large –
derrière elle
je regarde
son large

-

l’attache fine de sa cheville
qui m’attache à elle …

-

la mer
monte égaliser
les vagues du sable
et le lisse gris-ciel

-

sur la route chaude
la pluie d’été
fait remonter
l’odeur du bitume

-

sur la terrasse
du fort de Sarah Bernhardt
un goéland

-

courbés sous le vent
quelques promeneurs passent
sur la lande

-

partout sur la lande
en bord d’océan :
plumes blanches

-

devant les cirrus roses de l’aurore
défilent
des petits gris

°

elle aime au soir
vaquer nue
devant son homme

-

partant vers la salle de bains :
je vais ôter
mon macouillage !

°

la voix claire de l’enfant
perce les cloisons
du sommeil matinal

-

le ciel entièrement bleu -
le volet
est un nuage carré

-

des flèches de soleil
par l’angle du toit –
le matin
est un avion au repos

-

de chaque côté du champ
un rouleau de foin
- Belle Île en août

-

lune fine :
un arc tendu
vers le soleil du soir

-

tous deux sur leur terrasse
mangeant dans le soir d’août

-

deux bicyclettes
tournées vers l’océan
- halte côtière

-

fréquences du phare :
1 2 3 4 5 6 7 8 1 2 3 4 5 6 7 8

-

ma sœur habitait un ruisseau
sur un fil d’ombre
le soleil dansait

-

juste au-dessus du billard
elle
et ses formidables boules

-

Août -
dans les toilettes
le livre de haïkus
trempé de sueur

-

au souffle du ventilateur
le sac plastique
remue les oreilles

-

une robe de femme enceinte
gonfle sur la corde à linge

-

milieu d’août,
les haïkus
à marée basse

-

des mères de jeunes enfants
passent dans le jardin d’août
légèrement

-

train –
les seins généreux de sa maman
qui lui donne
un biberon

-

l’enfant plein de morve
la mère pleine de morgue
- moches mais aimables…

-

la jeune Japonaise
à la fenêtre du train
- son slip beige

-

sur le sable
nous traçons des mots
que la mer emporte
bientôt

-

elle péta
sans s’excuser :
je sus
qu’elle ne m’aimait plus

-

plus de femme
juste une mouche
dans la chaude nuit d’août

°

devant la fenêtre
une chauve-souris
- aube d’août sur la vallée

-

un moustique
entre par la fenêtre
la terre bascule vers le rouge

-

un filet s’empourpre
brillant fluo
dans le calme des arbres figés

-

le soleil accroche aux nuages
quelques avions rouges –
faisceaux d’épées brisées

-

le jour prend vin
sous le ventre des prochains nuages
l’imminence gronde

-

de plus en plus de formes
et de couleurs
un pigeon se réveille

-

le cercle
au masque de loup rouge
se dessine
et perce enfin –
l’horizon disparaît

-

l’œil de feu
perce mon regard
- il se met à sentir foin

°

gouttes qui gonflent
glissent
et tombent
du vélux

-

nuit éclairée
une mouche
reprend ses rondes

-

août sur la terrasse,
éplucher des poires :
la compagnie des mouches

-

sur le damier
du sol de la préfecture,
demandeurs d’asile

-

papillon brun
sur une fleur mauve
d’artichaut

-

elle rit
ses seins tressautent
- table d’août

-

précieux derniers jours :
ralentir la joie
au soleil de fin d’août

-

tard dans la nuit
le lampadaire occulte
la lune de la fin d’août

-

dernière nuit d’août :
des applaudissements sporadiques
par la fenêtre

°°

d. (août 02)

Haïkus… de Py – juin 02

29 décembre 2009

°°

à mi-pente du toit
une grenouille en peluche
sous la pluie de juin

-

crépite
sur le buisson roux
la neige

-

« Terminus,
tout le monde descend ! »
: train de l’Ascension

-

des cœurs en papier
sur le parvis de l’église
- samedi de juin

-

au ballon rond
je préfère les siens
- juin 2002

-

rêvant de cerises –
je la sens prendre mes boules
dans sa main

-

dans son miroir
passent les nuages
et son visage
parfois

-

petit point rose
sur mon écran se déplace
l’araignée du matin

-

(kyôku :)

Supprimer les liaisons, les clés (jeter) :
Apposer
(en évitant les liens de cause à effet… de coordinations, …)

-

pétales roses
tombant sur le trottoir
après-midi de juin

-

sous la poussée de ses seins
son cuir luit …

-

La plongeuse :
plonger entre ses seins ?
- premier soir d’été

-

dans la cage à oiseaux
une bouteille d’eau minérale
- premier dimanche de l’été

-

lune,
ô si ronde !
première de l’été

°°

d. ( juin 02)

Haïkus … de Py – mai 02

29 décembre 2009

°°

premiers pépiements
- premiers appels à oeuvrer
au jour naissant ?

-

sur l’arbre
et en-dessous
mille fleurs roses

-

fesses accolées
pieds joints :
nos nuits en miroir ?

-

flitting butterflies fluttering on the turf

-

cou en avant
le pigeon atterrit
puis se relâche

-

Ascension :
cloué au lit
avec une otite

-

sèchent au soleil
les pendentifs d’argent
de la pluie

°

pitoyable épouvantail,
l’intempérie tasse ta tignasse
blond filasse !

°

tôt matin
sur une plage de l’île
deux arcs-en-ciel

-

coraux blancs
de la plage
la plante des pieds

(Île Maurice, 2000)

°

Sacré-Coeur -
Passé le flot des communiants,
le flot des touristes
reprend

-

rousse moulée
- suis-je de pierre ?

(cf ” pierre qui roule… “)

-

la place de Clichy
bientôt rebaptisée
place de Vichy ?

-

dans la crème que je verse
je vois le visage de ma femme
couler

-

trois heures du matin
tous deux
sur la bande d’arrêt
d’urgence amoureuse

*

sur le terre-plein
central de l’autoroute
un couple à cheval

°

gorge ouverte
l’orchidée avale
(mes mots)

(d’après une photo de Nobuyoshi Araki)

-

qu’est-ce que la fellation contrôlée ?

-

hier soir
têtant ton sein
longtemps

-

ses lèvres
un piment
doux

-

yeux clos
étouffée sous les fleurs
la déjà morte

(d’après photo de Nobuyoshi Araki)

-

d’une femme pressée poussant,
mon coude en retour
pressa son sein

-

Béthléem
reçoit la visite de Tsahal
- fin mai gris et froid

°°

d. (mai 02)

Haïkus… de Py – avril 02

29 décembre 2009

°°

près d’un des leurs
mort au soleil
trois pigeons hébétés

-

Pâques
oeufs dans les fourrés
- Arabes de 15 à 55 ans

Easter
eggs in the bushes
- Arabs from 15 to 55

-

contre sa poitrine
un bouquet de lilas blancs et mauves
- ah, sentir !

-

par un courant d’air
pépiements de printemps
- gestes de chi-kong

°

lavoir -
dans la rivière
des nuages de savon

-

du lavoir
les nuages
remontent le courant

-

battoir à linge
grandes claques sur les draps
- lavoir d’enfance

-

frottant le linge
de haut en bas sur les planches,
femmes agenouillées

-

(souvenirs d’enfance
remontent comme bulles,
éclatent en haïkus)

-

dans la rivière
bulles
et nuages de savon
- les mains froides

-

dérivant sur la rivière
les nuages blancs
du linge lavé

°

avec les orties
de son jardin
le rhumatisant
se fouette

-

elle regarde un livre -
je lis de son décolleté
l’unique ligne

-

le bébé est un phare d’eau :
il éclaire de sa présence
le fleuve peu tranquille
de l’existence

-

I wander again
what has Sharon got to do
with roses ?

(- besides thorns !)

-

never mind the roses –
tanks of Sharon

-

SHAROgNe

-

le soir
glisse du toit
neuf,
la rue sombre

-

les élèves du taï-chi
élèvent les bras -
au mur un christ en croix

(Championnet Sports, 75018)

-

emmaillotées,
les pédales du piano
– printemps

-

dans la nuit
des pneus brûlent sur la plage
- danser la séga

in the deepening night
tyres burning on the beach
- Sega dancing

(Flic-en-Flac, Ile Maurice, été 2000)

-

pluie d’été -
sur le chemin le tracé
d’une limace

summer rain
on the path the trail
of a slug

-

roses de Sharon
chars
et
charniers

-

enceinte de sept mois
enterrée sous les décombres
- Jénine

-

Sharon,
que plantes-tu dans le coeur des Arabes ?
: la folie de la revanche meurtrière

-

entre pouce et index
qu’éclose ton bouton
printemps

-

(Kyôku :)

De moins en moins inventer
De plus en plus voir

-

la rivière
vient boire
son bruit
sous la barque

(cf. de Günther Klinge : “Day into night”)

-

Bethléem -
Jésus dans sa crèche
les tanks tout autour

-

entre les lattes de la chaise longue
une ortie,
une fleur de pissenlit

°

Concert d’oiseaux
en bouquet concomitant
L’âne de braire

-

le chant des oiseaux fond
éparpillé dans le matin grandissant

-

Vivre pour cela :
assister au concert
de l’éveil des oiseaux

°

je la touille un peu
elle mouille
l’âne brait

°

première nuit
du premier tour
des élections :
lune voilée

-

Le Pen
partout décrié :
2ème de la classe !

-

odeur de pisse dans la rue
- lendemain d’élection

-

les urnes
funéraires
de la gauche…

-

une fin démocratique :
21 avril 2002

°

neige rose
les arbres
sur le gazon

°

l’âne scie son bois
sur le bord du matin
la bergerie ronronne

-

un vieil âne
traverse la journée
de son rauque braiment

°

(kyôku :)

Que les mots coulent
le plus naturellement possible

°

le mât de mon doigt
qui affale tes voiles
- cale mouillée

-

mes mains
dans ton coffre à bijoux
les larmes
de ton sexe

-

battus les oeufs
il neige
foudre blanche

°

champ de pissenlits en fleur
- caresse d’or

-

père mort
depuis un an
les herbes ont envahi
son jardin

-

vaches avachies
le midi d’avant mai
- l’asphalte repoussé

°

lune ronde,
m’éveilles-tu en pleine nuit
pour que je t’admire ?

-

entre lune
et lampadaire
un oiseau noir de nuit

-

la lune finit sa nuit
dans le tilleul

°

Hommes en impers
dans les urinoirs :
- pourrait-on pisser ?

°°

d. (avril 02)

Haïkus … de Py – mars 02

29 décembre 2009

°°

flocons joueurs
sur la ville affairée
- début mars à Metz

-

words coming
and going
- a snowy day

des mots viennent
des mots s’en vont
- jour de neige

-

tracing
erasing -
a snowy day

traçant,
effaçant,
jour de neige

-

(kyôku :)

Énormément gommer
(nommer – gommer )
Faire le ménage
Désamasser

-

les flocons joueurs
les fenêtres de la banque
- début mars à Metz

playful snowflakes
the windows of the bank
- start of march in Metz

°

sur le toit
pigeons roucoulent
contre ton cou
je coule

-

agenouillée
sur ma moquette neuve
- premières bénédictions

-

partouze du matin :
sur ton sexe,
une mouche
et moi

-

Buvant ton thé
pensant à toi
de Singapour

drinking your tea
thinking of you
from Singapour

-

her voice reaches
higher and higher
her body crashes

sa voix s’élève
de plus en plus
son corps s’affale

(sa voix s’affole
son corps s’affale)

-

making love
at the rear of her car
- a chap knocks
looking for his girlfriend

faisant l’amour
à l’arrière de sa voiture -
un gars cogne à la vitre
cherchant sa petite amie

-

le soleil se lève
sur la plaine inondée
- ciel double

-

sa hache en plastique
contre l’érable
du boulevard

-

a fine morning
two towers burn
eastwards

un beau matin –
deux tours fument
vers l’Est

-

lune de six heures
la fumée noire de la micheline
monte vers le dôme

-

gorge au matin :
des perles de rosée
soudain s’embrasent

-

demi-lune debout -
ses yeux fermés
derrière le cercle
de ses lunettes

-

la lune scindée
par le G-string – tour Eiffel

-

tous les matins
nettoyer ses carreaux
- poussières de rêves ?

-

ses yeux
deux boules closes
et le soleil dessus

-

Amagne-Lucquy :
la chance d’y vivre ?
champs givrés

-

jardins où poussent
après le brouillard
des rangs de salades

-

un camionneur
jette une pièce usagée
en plein champ
- un train passe

-

son sac de voyage
fait chanter le trottoir
bon matin de mars

-

étendue d’eaux -
le paysage noyé
dans la brume

-

à perte d’obstacles
le regard glisse sur l’eau
- une barque à quai

-

dans la toilette du train
du sperme giclé
un peu partout

-

dans le train
les yeux d’une femme
qui aime boire

-

à l’avant du van
lui montrant comment
jouir sans gicler

-

ses pointus
ses cloutés
son corps une oeuvre d’art

-

sur ses seins
la pointe de mes yeux
- taille douce

-

le plein des rondes
les musiques des sphères

-

le printôt bien temps
les oiseaux mêlent leurs voix
mars à Metz

-

avant de la renvoyer
dans ses foyers
il lui tisonne
l’âtre

-

mes yeux sur ses seins se posent
un avion virgule le ciel

-

une fumée blanche
- amical coucou
sort de sa cheminée

-

une belle dans le métro
s’embellit encore
de maquillage

-

dans mes tiroirs
de vieilles lettres d’amour
toujours

in my drawers
old love letters
for ever

-

l’encre de son échancrure -
un stylo d’ombre médiane

-

de temps en temps
elle les rajuste
tirant sur ses bretelles
souples

-

ma main sur sa poitrine
vite fit le tour
de sa propriétaire

-

centimètres carrés
de résille entrevus
centimètres-ronds

-

à l’extrémité
de son sein gauche
son insigne de flic

-

la grosseur de ses seins
mastocs
m’estoque
- sticky stick

-

mes cuisses sous les tiennes
assis
nous traversons la nuit

-

les seins des mannequins
pointent dans la vitrine
- l’approche du printemps

the models’ breasts up
in the shop window
- spring coming

-

libidînons ensemble …

-

pas besoin de boire
pour être ivre
me dit-elle
ce soir
au restaurant

(Jhb, RSA, 197?)

-

sur la cheminée
le pantalon bleu du couvreur
- équinoxe vernal

-

une capote gonflée
roule sur le trottoir
- soirée de printemps

-

elle téléphone
il l’enfile
elle téléphone

-

sept heures du matin
un moustique dans le wagon
travailleurs endormis

-

il gara sa safrane
place du 30 août 44

°

dans le cerisier
en bleu de travail
l’épouvantail

-

dans le champ
il fait sa gym
- épouvantail

-

pour protéger les fraises
l’épouvantail
secoue ses tôles

°

je t’en laisse un /
je tends les seins

-

sous le magnolier en fleur
le parfum
d’une passante

chaussures blanchies
par la longue promenade
bords de Seine, fin mars

(Lucia S., Paris, 30/3)

-

the tourist’s big long yawn
the sun of Easter monday
on Montmartre

grand long bâillement d’un touriste
au soleil de Montmartre
ce lundi de Pâques

°°

d. (mars 02)

-